La folie vit à visage découvert

Je marche aux côtés de ma vie, les pieds rivés aux rails, sur une voie parallèle à celle du cours de mes jours, mais j’aperçois, là-bas, non loin, un aiguillage…

Réussirai-je à en agripper, au passage, le levier de la poignée de mon parapluie ?

Vais-je oser l’actionner tant que nous sommes côte à côte ?

Que nous nous heurtions, choc décisif ou, me contenterai-je d’attendre qu’elle soit passée, acceptant de la suivre ?

De courir en tentant de m’accrocher aux pans de son déshabillé !

Le soleil se reflète sur l’acier lustré des rails.
Il m’éblouit et, d’abord tenté de fermer les yeux, de m’arrêter, de me réfugier dans l’ombre des arbres qui bordent la voie, je plonge la main gauche dans une poche et en sort une superbe paire de Ray Love.

C’est vrai qu’elle va vite la garce….
Que je ne sais pas si je vais pouvoir suivre le rythme…

D’autant que, au bout des rails, derrière l’horizon, il y a, parait-il, un falaise donnant sur une vallée, contenant la clé des nombreuses énigmes de l’existence…

Je ne sais pas… Je n’ose pas trop y croire.

En attendant…
Je crois qu’il vaut mieux qu’on se cogne un peu, la vie et moi !
Que nos verres s’entrechoquent et qu’on rigole ensemble.
Regardant passer le temps qui courre…

Allez !
Je le choppe ce putain d’aiguillage !

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