Les lectures de Martine : Opale de Stéphane Lefebvre

 

Le ton est donné !

 

« C’était un peu comme des couleurs trop liquides sur la palette d’un peintre parkinsonien.

Ou un caméléon qui aurait découvert par hasard la masturbation. »

Stéphane Lefebvre a du fumer l’herbe rase qui pousse sur les bords des falaises des Deux Caps en écrivant ce livre…

L’action se passe à Boulogne et alentours.

C’est un polar gagnant du Prix VSD du polar 2009.

« C’était le vent, en tout cas, qui décidait des mélanges au gré des nuages et des trouées qu’il faisait défiler devant le soleil. Le mouvement qu’il imprimait aux vagues émeraude de la mer du Nord se prolongeait jusque dans les terres.

La côte d’Opale s’amusait avec ses contrastes. »

Que de poésie et d’humour décalé, de sensibilité dans ce polar qui semble avoir été pensé au bord des falaises, les jambes dans le vide et la tête dans les nuages, le regard surfant sur l’écume des vagues.

Le narrateur est journaliste.

Il a un parchemin à faire sur Wissant. Entendre en « parchemin » un papier sur des « Seniors », mot inventé par Jib, le rédac’chef, fidèle au portrait d’un directeur de feuille de chou qui a de la bouteille.

C’est le remariage d’un couple qui fête 70 années de vie commune en se remariant. Avec tout le tralala.

« Heureusement, l’orage s’annonçait sur Wissant. La pluie allait assurer une nouvelle ration de jours heureux à nos tourtereaux recordmen et, je l’espérais, me donner quelques beaux clichés. »

Cet orage venant d’Angleterre chasse tout le monde

Notre reporter photographe, soudainement moins pressé, prends le temps d’immortaliser un ciel et une mer dignes d’un « Mondrian ». Je le cite.

« Même les loups de mer regagnaient leur foyer, ils étaient à deux faisant la course avec leur tracteur tirant leur embarcation dans un remake de « La fureur de vivre », on the beach. »

Une tache bleue et rouge surgissant au sommet de la falaise attire son attention.

« Une brebis ? Bleue et rouge ? Une brebis punk ? »

Il active le mode rafale de son Nikon tandis que l’animal bascule dans le vide.

« Je m’installais. Le suicide d’un mouton, ça me vaudrait peut-être la une. Je zoomais à mi-falaise et la chute parut se ralentir. »

La suite ? Ce sera en lisant « Opale »…

Documentaliste en collège, Stéphane Lefebvre, né en 1970, habite dans la région, il a mis cinq ans à écrire ce roman policier de 670 pages.

 

 

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