Qui sommes-nous en Flandre et en Artois ? (2)

La Gaule après la chute de l'empire romain
La Gaule après la chute de l’empire romain

 

Le déclin de l’empire romain est proche.

 

Il est affaibli par les raids de barbares, les guérillas, mais également par des révoltes internes, notamment celle de Posthumus, en Gaule Belgique.

 

Claudius Posthumus
Claudius Posthumus

Des peuples entiers vont profiter de cette brèche pour s’installer dans les territoires le long du Rhin demeurés sans surveillance militaire.

Au début du 5ème siècle, certains traversent l’Escaut à la recherche de terres plus fertiles que les bruyères de la Campine et s’insinuent dans les vallées de la Lys et de la Scarpe.

Il ne s’agit plus d’incursions mais d’une réellement migration, avec femmes et enfants.

Des villages se construisent, portant souvent le nom de leur fondateur, comme ceux se terminant en « hem ».

Un roi des Saliens, Clodion, parvient à Tournai, Cambrai, Arras et Thérouanne vers 430.

La colonisation franque a ainsi atteint la Canche, l’Authie et les bords de la vallée de la Somme.

L’Artois d’aujourd’hui faisait donc partie du royaume de Clodion, qui s’étendait de l’embouchure de la Somme à celle du Rhin et la Meuse.

Ce royaume, ensuite partagé selon la loi Salique entre ses descendants, donna naissance au royaume de Chararic dont la capitale était Thérouanne.

 

Le terme de loi salique désigne la loi des francs saliens, le peuple de Clovis.

 

Loi salique
La loi salique

Elle fut rédigée vers le début du 6ème siècle, à la fin du règne de Clovis et fut remaniée sous Charlemagne.

Alors que les mœurs étaient violentes au 5ème siècle, la loi salique témoigne d’une volonté de discipliner les instincts et renseigne sur la coexistences des propriétaires, nouveaux et anciens.

Elle prévoit les dispositions d’héritage des propriétés foncières : dont l’exclusion des femmes de la succession et le partage du domaine foncier à parts égales entre les fils du défunt.

Elle propose un tarif de « rachat » pour meurtre et blessure selon le principe que la vie d’un Franc vaut le double de celle d’un Gallo-Romain.

« Si quelque homme libre tue un Franc ou un barbare vivant sous la loi salique, et s’il en est convaincu, le coupable sera condamné par jugement à huit mille deniers, qui font deux cents sous d’or. »

« Mais s’il a jeté la victime dans un puits, s’il l’a précipitée au fond de l’eau, s’il l’a couverte de branches ou de quoi que ce soit pour la cacher, le coupable sera condamné par jugement à vongt quatre mille deniers, qui font six cents sous. »

Et, ainsi de suite…

Au 7ème siècle, les croyances superstitieuses des Francs se superposent à celles qui existaient en Gaule.

 

Clovis et Clotilde
Clovis et Clotilde

On consulte régulièrement devins, sorciers ou enchanteurs, pour toute affaire ou maladie.

On observe les éternuements, le passage et le chant des oiseaux pour y saisir un présage.

Aux calendes de janvier, les paysans se déguisent en animaux, passent la nuit en repas prolongés dont ils sortent îvre-mort de bière et d’hydromel.

Aux solstices d’hiver et d’été, on allume de grands feux sur les collines, on chante et danse autour, en invoquant les anciennes divinités en les appelant par leur noms.

Bergers et bouviers ont gardé l’habitude de faire passer leurs bêtes par des troncs d’arbres percés ou des trous creusés en terre pour détourner d’eux les maladies.

 

Clovis a épousé, en 493, Clotilde, fille catholique des rois burgondes.

 

Baptême de Clovis
Baptême de Clovis

Elle le convertit peu à peu.

De retour d’une bataille contre les Alamans en 496, il rencontre à Toul le prêtre Vaast, dont le nom, en Germain, signifie solitude ou désert, qu’il prend avec lui pour lui enseigner la foi.

Convaincu des qualités du prêtre, il lui confie l’évangélisation du pays des Atrebates.

« St Vaast, dit un hymne latin chanté le jour de sa fête, arrive dans la ville d’Arras, et il la trouve totalement ensevelie dans les plus épaisses ténèbres, semblable à une sombre forêt que les ronces rendent encore plus affreuse, elle était devenue le repaire des bêtes féroces.

Un hôte dangereux, un ours, la terreur des habitants se retirait dans une caverne voisine de la ville : vous lui ordonnez d’en sortir, illustre pontife, et votre voix seule fait trembler cette bête terrible.

Docile à votre commandement, cet ours oublie sa férocité naturelle : il abandonne son antre et s’enfuit. Les habitants rassurés tressaillent de joie, et toute la ville retentit de ce nouveau triomphe. »

 

Abbaye de Saint Vaast Arras
Abbaye de Saint Vaast Arras

La tradition enregistrée au 8ème siècle par Alouin rapporte en outre que Vaast, arrivant à Arras, aperçut à la porte un aveugle et un boiteux qui lui demandèrent la charité.

Il leur dit, comme jadis saint Pierre en semblable occurrence : « Je n’ai ni or ni argent, mais je vous donne mes prières. ». Ils furent tous deux guéris sur le champs.

Dès lors, Arras alors en piteux état, se transforme et revit.

C’est à ce moment qu’est fondée l’abbaye de St Vaast, en 667, sur la colline de La Madeleine près d’Arras, où le futur saint Vaast avait coutume de se retirer.

Ses origines de l’abbaye ne sont pas bien déterminées.

Charles Mériaux, historien, explique que : « L’histoire des origines de Saint-Vaast d’Arras pose des problèmes insolubles, provoqués par la destruction d’une grande partie des archives au IXe siècle. Les informations relatives aux premiers temps de l’établissement ont été rassemblées au tournant des Xe ‑ XIe siècles et il est difficile de démêler ce qui provient de documents encore conservés sur place à cette date du souci des moines de reconstruire leur passé »

 

 

 

 

 

 

 

st Vaast
St Vaast

Vaast mourut en 540 et fut enterré dans l’église.

Seule, à l’époque, l’église pouvait, par l’Évangile, pacifier et « civiliser » les conquérants en les intégrant aux autochtones.

 

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