Agnières

Ce village de peu d’importance est situé sur la rive gauche de la rivière de Scarpe, à deux kilomètres d’Aubigny. Il faisait autrefois partie du bailliage d’Aubigny-le-comte et de la gouvernance d’Arras

Description

Ce village de peu d’importance est situé sur la rive gauche de la rivière de Scarpe, à deux kilomètres d’Aubigny. Il faisait autrefois partie du bailliage d’Aubigny-le-comte et de la gouvernance d’Arras, conseil d’Artois, parlement de Paris, de la subdélégation, recette et gouvernement d’Arras, intendance d’Amiens.

Selon Harbaville, le nom d’Agnières, Anier, dériverait de sa situation sur un cours d’eau, Agnio. De son côté, le P . Ignace, d’après une lettre imprimée en juin 1739 sur le mot Asnières, pense que les lieux qui portent ce nom, renfermaient un grand nombre d’ânes destinés soit au service des moulins, soit au transport des marchandises. (Dict. tom 2, pages 27 et suiv.)

Agnières dépendait autrefois de Frévin-Capel ; il fut érigé en paroisse au XVè siècle, et l’autel fut donné au prieuré d’Aubigny.

Acard de Anier est cité comme témoin dans une charte de 1152. (Cart. d’Aubigny).

La seigneurie de ce lieu appartenait au comte de Saint-Pol, baron d’Aubigny-la-Marche, et descendant de la maison royale de France. Elle passa au XIVè siècle dans la maison de Habarcq.

Marie de Habarcq la porta en mariage en 1550, à Gilles de Lens, chevalier, baron d’Aubigny-le-Comte et gouverneur des ville et château de Béthune. Dans le courant du XVIIIè siècle, elle était devenue la propriété d’une dame de Villers-Tenneville à Beuvry ; elle fut ensuite achetée par un gentilhomme d’Artois, Prudhomme d’Hailly, seigneur d’Hanescamps. Ce dernier, à la suite d’un procès avec une de ses tantes, mariée à N… d’Espain de Lille et dont le frère avait légué la seigneurie du Fermont à son neveu et unique héritier, le seigneur d’Hanescamps, fut condamné par le parlement de Paris à restituer les fruits qui en dépendaient et aux dépens. Prudhomme d’Hailly ne pouvant subvenir à ces frais, dut céder à sa tante la seigneurie d’Agnières.

Gherbode d’Espain, seigneur d’Agnières en .1734, eut entr’autres enfants un” fils, religieux de Saint-Bertin, qui fut nommé par Louis XIV, à l’abbaye de Saint-Jean-au-Mont, près d’Ypres.

Sa nomination ne put prévaloir devant l’a domination espagnole ; il revint donc à son monastère avec une pension de 1.000 livres sur l’abbaye de Clairmarais. Dom Gherbode fut nommé en 1742 coadjuteur de l’abbé Petitpas (P. Ignace, mém. tom 8, p. 123).

L’abbaye de Saint-Eloy possédait une dîme à Agnières.

L’église qui existe de nos jours, a été rebâtie en 1544. La nef fut voûtée par les soins du chanoine Mathon, prévôt de la collégiale de Saint-Barthélemi à Béthune, qui y établit une confrérie des Saints-Anges gardiens. Le clocher est une tour quarrée construite en pierres grises pendant le XVIè siècle. L’ancienne flèche remontait à la même époque. Elle a été renversée et remplacée par une autre en bois, recouverte en ardoises. Le portail est précédé d’un porche, et l’on remarque dans le milieu de la nef une grande dalle de pierre bleue sans figure ni inscription. C’est sans doute la.pierre funéraire d’un ancien seigneur delà maison de Lens.

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