Attin

Le village d’Attin est un des plus anciens de l’arrondissement ; l’existence du bac remonte à une époque fort reculée ; Malbrancq l’appelle Mevolliniensis et Danville y place l’Adlullia de la table théodosienne, station militaire sur la voie romaine de Boulogne à Amiens.

Description

Le village d’Attin est un des plus anciens de l’arrondissement ; l’existence du bac remonte à une époque fort reculée ; Malbrancq l’appelle Mevolliniensis et Danville y place l’Adlullia de la table théodosienne, station militaire sur la voie romaine de Boulogne à Amiens.

Le roi Thierry III abandonne, en 696, à l’abbé de Sithiu, devenu le grand saint Berlin, les droits que le fisc perçoit à Attin. Les lettres, délivrées à celte occasion au palais de Compiègne, le 6 des calendes de novembre, stipulent une seule réserve pour les ateliers de charronnage qui, par une bizarre exception, demeurent tributaires du domaine.

Le bac d’Attin était le seul endroit où l’on passât la Canche depuis Montreuil jusqu’à la mer ; lors donc que le comte de Boulogne Hernequin s’enfuit au lendemain de la funeste journée de Wimille et du pillage de sa capitale par les Normands, il y traversa la rivière pour réorganiser son armée dans les plaines du Ponthieu ; un nouveau désastre l’attendait sur les bords de l’Authie, car les barbares, acharnés à sa poursuite, dispersèrent une seconde fois ses troupes et lui-même, grièvement blessé, regagna la Canche accompagné d’un seul écuyer ; ce fut entre le bac et Montreuil qu’il l’atteignit, et, apercevant le détachement Normand qui le cernait de près, il se jeta résolument à la nage et fut se réfugier à l’abbaye de Saint-Wulmer.

L’importance d’Attin s’accrut à mesure que les communications avec le Boulonnais devinrent plus fréquentes. Ainsi voyons-nous figurer, en 1450, parmi les dépenses du duc de Bourgogne :

« vingt-quatre sols accordés à plusieurs bateliers qui avaient passé mondit seigneur, madame la duchesse et leur compagnie à certain bac, lez la ville de Montreuil, en allant en pèlerinage de la ville de Hesdin à Nostre-Dame de la ville de Boulogne, y compris, il est vrai, l’aumône faite à certains seyeurs d’aiz (de planches) que mondit seigneur trouva en allant audit pélerinage. »

Le bac perdit considérablement lorsque les mayeur et échevins de Montreuil obtinrent, en 1599, par suite de traités avec le seigneur de Heuchin, pour la traversée du château de la Porte et avec le seigneur de Landréthun et d’Etréelles pour l’établissement de la chaussée de Neuville, l’autorisation de faire passer la route de Paris par la ville, à la charge toutefois, de supporter les frais de terrassement, d’entretien, de ponts et de chaussées.

Cette route se dirigeait auparavant de Wailly vers le bac, par Campigneulles et Sorrus ; elle se raccordait à celle de Boulogne en dessus du Mont des Brosses.

Le bac d’Attin était un bateau plat retenu par une corde fixée à un câble attaché aux deux rives.

Le propriétaire percevait donc deux droits bien distincts : les passagers acquittaient le péage ou pontenage et les embarcations dont la mature ne se démontait pas facilement payaient afin que la corde soit « ostée, laschée ou avallée ».

Le tarif était, en 1352, de quatre deniers parisis, aux termes de l’accord intervenu, le 6 mai de cette année, entre les administrateurs de la commune de Montreuil et les seigneurs du bac, messires Ernould d’Attin, écuyer et Robert, sire de Manigauval et de la Folie.

La perception du péage se faisait très-exactement par des commis spéciaux. Les moines de Saint-Sauve qui avaient, de temps mémorial, le droit de pêcher dans la Canche depuis Attin jusqu’à Brimeux, n’en étaient même pas affranchis : Un jour, le portier et le cuisinier de l’abbaye passent le bac et se refusent obstinément à payer ; les gens de messires de Lannoy et de Londefort, seigneurs d’Attin, s’emparent du chaperon de l’un, tandis que l’autre est obligé de laisser en gage les clefs de la cuisine.

Qu’on juge de l’émoi des bons religieux !

L’affaire n’en resta pas là ; l’abbé intenta un procès et produisit des titres anciens, afin d’affirmer son droit de franchise sur le bac, mais le parlement inflexible le déclara, mal fondé en sa demande et le condamna aux frais.

Les truites du bac d’Attin sont renommées, Chevet les étalait, il y a peu d’années, avec cette désignation qui les faisait rechercher des gourmets.

Hameaux et lieu-dit

Canteraine ou Ghanteraine, la Culbute, la Folie, le Moulin d’Attin, la Paix faite.

Archéologie

Le chœur de l’église est plus élevé que la nef dont il est séparé par le campanille.

Une pierre enclavée dans la voûte porte cette inscription :

JAY ESTE POSE PAR

MONS. GIRARD CHANOINE

ET SECRETAIRE DE MONSEIG.

LEVESQUE DE BOVLOGNE, 1697,

LE CVRE, Mr GOSSE.

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