Aubrometz

Cette commune, située sur les bords de la Canche, et traversée par la route départementale de Frévent à Hesdin, dépendait autrefois du bailliage de cette dernière ville.

Description

Cette commune, située sur les bords de la Canche, et traversée par la route départementale de Frévent à Hesdin, dépendait autrefois du bailliage de cette dernière ville.
L’église, annexe de Conchy-sur-Canche, est sous l’invocation de saint Thomas de Cantorbéry. Suivant la tradition,ce saint personnage se rendant de Saint-Omer à l’abbaye de Dommartin, aurait séjourné dans ce village, en 1166.
Depuis plusieurs siècles, cette église possède deux petits tableaux en bois, dont la peinture à fresque représente des circonstances de la vie de l’apôtre anglais. Sur l’un, il parait à cheval, accompagné de quelques cavaliers; un groupe d’individus, parmi lesquels on remarque des femmes, s’avance à sa rencontre. Saint Thomas, fuyant les persécutions de Henri II, aurait-il, pendant son séjour dans notre province, traversé le village d’Aubrometz, soit pour aller à Hesdin, soit pour aller à Dommartin ? Et l’église de cette commune, en faisant peindre ce tableau et prenant le saint pour son patron aurait-elle de son côté voulu transmettre à la postérité la mémoire de ce glorieux événement ? C’est un problème historique, dont nous n’avons pu obtenir la solution ; en sorte que l’on ne sait pas de quelle ville il s’agit dans l’inscription qui se trouve au bas du tableau, laquelle a probablement été faite depuis l’événement. Cette inscription est ainsi conçue :

Saint Thomas passant par cette ville,
Plusieurs femmes trouva en chemin,
Leur disant qu’il serait utile
Construire un temple au Roi divin.

Sur l’autre tableau, de la même grandeur, on voit la basilique de Canterbéry, vers laquelle se dirigent quelques soldats à l’air menaçant.Dans l’intérieur,on aperçoit deux soldats la hache à la main, commettant les plus horribles profanations. Deux clercs, portant une relique de la vraie croix, cherchent à convertir ces furieux. Enfin l’on voit deux pèlerins portant le bourdon sur l’épaule, marcher vers le temple. (Lambert, Puits Artésiens).
Un aveu et dénombrement de la terre d’Aubrometz, tenue de la comtesse d’Artois, à cause de sa châtellenie d’Hesdin, fut présenté par Jehan de Wail, écuyer, le 2 juin 1375, au nom de son fils, sire d’Aubremetz. (Ch. d’Artois, A. 98).
Wistace, écuyer, sieur d’Aubrometz, mourut en 1420, laissant une veuve, Jeanne de Lannoy. (Reg. Bailliage d’Hesdin). On trouve dans les mêmes archives que Jeanne Cornille était Demoiselle d’Aubrometz par Achapt, 1421.
En 1654, Marie Sennelar, dit Coqueries, femme de Philippe Lefebvre, seigneur d’Aubrometz, fonda une messe journalière dans l’église de Saint-Aubert d’Arras (P. Ignace mém. t. V.)
Au XVIIIè siècle, la terre d’Aubrometz appartenait à la famille de Servins d’Héricourt.
Avant la révolution de 1789, Aubrometz avait pour annexe Haut-Maisnil et faisait partie du district de Fillièvres, diocèse de Boulogne. L’église, démolie pendant la tourmente révolutionnaire, a été reconstruite en 1826.
Lefebvre, sieur d’Aubrometz, est l’auteur de l’épitaphier des églises d’Arras, manuscrit reproduit par le P. Ignace dans le tome VI de ses mémoires, et souvent consulté par les acteurs de notre histoire locale.
La commune se divise en grand et petit Aubrometz.

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