Bavincourt

Une vieille tradition du pays veut que saint Vaast y ait prêché l’évangile. On montrait au siècle dernier un grès volumineux sur lequel se tenait le saint prélat pour dominer la foule. L’empreinte de ses pieds s’y voyait encore; la reconnaissance des néophytes y avait gravé sans doute de pieux souvenir.

Description

Histoire

Une vieille tradition du pays veut que saint Vaast y ait prêché l’évangile. On montrait au siècle dernier un grès volumineux sur lequel se tenait le saint prélat pour dominer la foule. L’empreinte de ses pieds s’y voyait encore; la reconnaissance des néophytes y avait gravé sans doute de pieux souvenir.

En 936, un parti de hongrois qui avait fait une incursion dans la province, pénétra dans ce village et chargea de chaînes le curé nommé Adalgaire. Sa délivrance miraculeuse est le sujet d’une légende. (Harbaville. Malbrancq, t. II). Peu d’années après, Hugues-Capet et Arnoult-le-Jeune, comte de Flandres se livrèrent une bataille sanglante sur son territoire.

Le comte qui refusait de reconnaître son suzerain fut défait. (Harbaville).

La cure fut cédée, en 1116, à l’église d’Arras, par l’abbaye d’Arronaise. Cette cession est confirmée par une bulle du 4 février 1152, adressée par le pape Eugène III à l’évêque Godescale. (Harbaville). Le chapitre d’Arras en eût la collation.

Vers 1450, la maison de Gouy possédait Bavincourt qui passa plus tard dans la famille du Bos. Isabeau du Bos, dame de Gouy et de Bavincourt les porta en mariage à Jean Ier de Soyecourt qui les transmit à François Ier de Soyecourt, son fils. Jean II, fils de ce dernier, lui succéda. Vint après son fils, Gilles III, Seigneur de Soyecourt, Gouy et Bavincourt, etc., père de Jean III. Celui-ci fut page du roi de France François Ier, chevalier de l’ordre du roi. Il accompagna à Rome, en 1550, le cardinal de Lorraine, et deux ans après il était à Metz lors du siège de cette ville par Charles-Quint. Il combattit à Renty (1554) comme guidon de la compagnie du seigneur d’Humières.

Gilles de Lens, chevalier, baron et seigneur d’Aubigny, gouverneur des villes et château de Béthune,mort en 1553, était seigneur de Bavincourt.

François de la Fontaine, allié à Charlotte de Soyecourt, fille, de François et ses descendants possédèrent cette terre qui fut vendue, vers 1630, à un sieur Dervillers. Elle passa par mariage à Antoine de Brongniart et par une fille de ce dernier aux seigneurs des Lyons qui l’eurent en leur possession jusqu’à laRévolution. (Le P. Ignace. Mss.)

M. Wetzell en fit l’acquisition et plus tard M. Vaast-Malisset en devient possesseur.

La coutume locale de Bavincourt fut rédigée en 1507.

Gaspard de Bavincourt, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, entra dans la vie religieuse au monastère d’Anchin et devint, en 1569, abbé d’Oudenburge, de l’ordre de Saint-Benoit, en la ville de Bruges. Il fut envoyé par les états de Flandre au roi d’Espagne pour lui exposer les griefs de la province. Il a laissé les livres suivants :

Voyage de Jérusalem et au Mont-Liban.

De la connaissance de soi-même. 2 vol. en vers français.

Arithmétique. 5 vol.

Et plusieurs manuscrits. Il mourut le 11 février 1576, à 48 ans après avoir gouverné son abbaye pendant huit ans.

Bavincourt eut pour curé, au siècle dernier, le fameux Jean Villay ou Willez, né à Sainte-Marguerite. Il était parvenu à une position distinguée, avait été curé de St-Jean-en-Ronville., chanoine et pénitencier sous Monseigneur Guy de Sève. Il écrivit surtout contre la bulle Unigenitus (1721). Séparé de l’Église pendant 9 ans, il revint à elle et mourût dans son giron. Il avait passé ce temps sans communier.

Dans la guerre contre la Prusse-, Bavincourt fut visité de bonne heure par l’ennemi. En effet, 25 uhlans y faisaient leur apparition le 18 décembre 1870. Le 28, passage de la colonne se dirigeant vers Avesnes-le-Comte; retour le vendredi 30 et séjour jusqu’au 1er janvier à midi. Ce détachement se composait de lanciers, de hussards, de 600 cuirassiers blancs, du 69è régiment d’infanterie et d’environ 60 artilleurs. En tout 2,000 hommes.

Le 2 janvier, nouvelle visite de 70 cuirassiers blancs, 50 fantassins du 69è et le soir à 9 heures de 300 hommes, cuirassiers et fantassins qui séjournèrent jusqu’au lendemain matin.

Trois lanciers apparurent huit jours après le départ de cette troupe.

Les Prussiens ont réclamé la nourriture et le logement des hommes et des chevaux, ce qui a occasionné une dépense qui a été évaluée à 22,000 francs. Dans les maisons où ils étaient logés, ils prenaient tout ce qui était à leur convenance : vêtements, draps, couvertures, lits,etc. Réquisition de chevaux et d’avoine, vaches, veaux, volailles, etc. » (A. de Cardevacque. Hist. de l’invasion allemande, p. 132).

Archéologie

La tour de l’église est de 1564. L’église fut rebâtie en 1726.

Sous la tour du clocher s’ouvrait un souterrain, refuge qu’on disait fort ancien et d’une remarquable construction. Il était d’un abord difficile à cause des éboulements qui en obstruaient les galeries.

Un ancien château existait sur l’emplacement du manoir actuel et sa motte s’y voyait encore lors de la construction de ce dernier. On ne sait rien de précis sur son passé.

Au bas du village se trouvait aussi une maison seigneuriale ancienne, qu’on appelait le château des Pays-Bas. Antoine de Brongniart y mourût.

L’ARBRET.

Dans les premières années du XIIIè siècle, s’élevait à un kilomètre Sud de Bavincourt; une maison qu’avoisinait un arbre de la plaine. Plus tard d’autres habitations s’y groupèrent, la route royale du Havre à Lille vint traverser ce hameau (1743) et l’arbre lui donna son nom. L’importance de l’Arbret ne tarda pas à s’accroître. Par brevet royal du 18 février 1753*un relais de poste était octroyé à Louis-Bernard Cavrois. (Registre aux commissions du conseil provincial d’Artois,t.20,p. 467). Depuis, un bureau de poste aux lettres, une caserne de gendarmerie, de nombreuses auberges, de belles exploitations agricoles firent de l’Arbret une localité bien vivante et sa belle position, son égale distance d’Arras et de Doullens lui eussent assuré un accroissement et une prospérité incontestables sans la révolution que les chemins de fer apportèrent dans l’économie des voyages et des transports.

A l’époque où le hameau était florissant, un pasteur de Bavincourt, M. Seuron, répondait à son évêque, Monseigneur de la Tour d’Auvergne, qui s’enquérait de l’Arbret au point de vue religieux :

« Hélas, Monseigneur, la grande route n’est pas le chemin du ciel !»

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