Beaufort-Blavincourt

Sur une motte élevée, à peu de distance et à l’Ouest d’Avesnes, un château-fort avec son donjon, ses tours, ses fossés, donna son nom au village. Il avait pour seigneur, en 1100, le sire Bouchard qui fut marié à Marguerite de Noyelle-Vion.

Description

Histoire

Sur une motte élevée, à peu de distance et à l’Ouest d’Avesnes, un château-fort avec son donjon, ses tours, ses fossés, donna son nom au village. Il avait pour seigneur, en 1100, le sire Bouchard qui fut marié à Marguerite de Noyelle-Vion.

Jeanne, leur fille, porta Beaufort en dot, à Guy, seigneur d’Oiran fils d’un comte de Thouars et fonda la maison de Beaufort. Leur mariage eut lieu en 1125.

Plusieurs membres de cette famille jetèrent sur leur nom un éclat fameux.

« Partout, dit leur historien, où la bannière se déploie, où le clairon sonne, où le cheval hennit et frappe la terre, où le glaive se tire, où le fer croise le fer, où les bataillons se mêlent, où les mille bruits de guerre, le canon, la voix des chefs, le cliquetis des armes, les plaintes des blessés, le râle des mourants se heurtent et se confondent, partout les Beauffort apparaissent vaillants et fidèles. » (A. Brémond, Hist. de la maison de Beauffort).

Jean et Baudouin de Beauffort dont le nom et les armes sont au Musée de Versailles, dans l’ancienne salle des croisades, accompagnèrent le comte d’Artois à la première croisade de saint Louis, et Baudouin fut tué à Massoure. Geoffroy de Beauffort se trouva au siège de Tunis. Jacques périt sous les murs de Nicopolis, en 1396. Mathieu, fait prisonnier par les infidèles, vendit son fief pour se racheter de l’esclavage. (A. Brémond, p. 2).

Il serait trop long de suivre les vaillants chevaliers de cette maison qu’on retrouve à chaque bataille versant leur sang pour le pays, toujours fidèles à leur devise « In bello fortis. »

On les revoit dans les hautes dignités militaires, civiles, religieuses, en France, en Bourgogne, en Espagne. Les dames de Beauffort sont leurs dignes compagnes, illustres aussi par leurs alliances et par leurs vertus. Beaucoup ont été l’honneur et l’ornement des anciens monastères, de leurs chapitres nobles et leur ont fourni quelques abbesses. En un mot, ajoute leur historien, rien ne manque à l’illustration de cette antique et noble maison. (A. Brémond, p. 4).

Frossard de Beauffort fut tué de la main de Robert d’Artois, en 1340, en défendant contre lui la porte du Brûle, de Saint-Omer. (Harbaville, Meyer, Annales).

Payen de Beaufort fut impliqué, dans l’absurde et odieux procès des Vaudois, en 1460. Son fils Jean, était gouverneur d’Arras en.1502. (Harbaville).

La famille de Beauffort conserva cette terre, qui avait anciennement le titre de baronnie, jusqu’au mariage d’Anne de Beauffort, en 1582, avec Philippe de Croy, comte de Solre, chevalier de la Toison-d’Or. Leur descendance l’a possédée jusqu’à la Révolution.

Le château eut à soutenir plusieurs sièges. Il fut à peu près détruit dans celui de 1553.

« Le lundi devant la Sainte-Catherine (les Français) allèrent au chasteau de Beaufort qui là près estoit (près Avesnes) et l’abbatirent et en firent fondre une grande partie : plus entrèrent dedans et là furent tuez la plus grande partie de pauvres paysans quy dedans estoient, le reste fut prinse prisonnière. » (Manuscrit de Jacques Genelle bourgeois d’Arras).

La guerre de 1635 vint encore ajouter de nouvelles ruines au vieux manoir.

La dernière tour se voyait encore au commencement de notre siècle, avec quelques restes de maçonnerie.

En 1709 pendant l’occupation du pays par les armées du duc de Villars et celle des alliés, la contrée fut désolée par des maladies graves et meurtrières. Le curé de Beaufort nous en a conservé un souvenir.

« Je, Nicolas Deleau, prestre curé de cette paroisse certifie à toute la postérité que depuis le mois d’avril 1709, jusqu’au 15è du mois de novembre 1710 les maladies et la mortalité y furent si grandes et si fréquentes, qu’après une longue maladie que j’eu aussi, je n’ai peut que m’informer à peu près du jour et des mois que moururent tous ceux et celles que voici enregistrés, étant pour lors sous la presse de deux armées, de celle des Hollandois étant campées depuis Saint-Eloy jusques et passé Aubygny et celle des Français étant campée à Barly s’étendant depuis Montenescourt jusqu’à Frévent, qui nous ravagèrent ici si bien l’une que l’autre. Sortant de Tannée 1709 que l’hiver fut si long et si rigoureux que tous les blés manquèrent ; les pauvres peuples ayant été.obligés de manger du pain d’Avoine….. » (Registres de Catholicité)

Et plus loin, les misères de la guerre!

« L’an 1710, N. Deleau étant curé de ceste paroisse de Beaufort, les Hollandais ont pillé ceste paroisse et l’église où ils ont tout brisez, tout pillez, tout deschirez, tout emportez jusques au registre des baptêmes, des morts et des confirmés. N. Deleau, curé. »

La Révolution de 1793 renversa l’église et le vieux manoir devint un champ.

En 1858, Beaufort et Blavincourt furent réunis pour ne faire qu’une seule commune sous le nom de Beaufort-Blavincourt.

Archéologie

Un dolmen, des tombeaux romains, des statues en calcaire du moyen-âge recouvertes de peintures et de dorures, la grande pierre tombale des sires de Beauffort ont été exhumés par nos soins.

Une église ancienne était érigée dans les dépendances du château; le chœur renfermait la sépulture de la famille de Beauffort, une large pierre tombale la recouvrait. L’abbaye d’Etrun avait la collation de la cure.

Des fouilles faites sur l’emplacement de l’église, vers 1840, ont mis au jour quelques cercueils en plomb contenant les restes des anciens seigneurs. Parmi eux se trouvait un cœur aussi en plomb avec cette inscription : Anne de Beauffort, princesse de Croy. Son corps avait été inhumé dans l’église de Solre-le-Château, son cœur était à Beaufort.

Beaufort possède un souterrain-refuge, mais des éboulements l’ont obstrué et en interdisent l’accès depuis longtemps. Les paysans de 1553 y auraient sauvé leur vie s’il avait encore été praticable.

Au XVè siècle un moulin fut érigé dans des proportions remarquables. Samotte domine tout le pays. A la porte méridionale est une belle clef de voûte où se voient les armes de Beauffort, celles de Croy-Solre sont sculptées au-dessus de la porte septentrionale.

Beaufort possède aujourd’hui une modeste église relevée par les soins de son curé, M. Dubois et placée sous le vocable de la Sainte-Trinité.

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