Caumont

Le village de Caumont, situé à l’extrémité du canton d’Hesdin et de l’arrondissement de Montreuil, est entouré de coteaux boisés et traversé par le cours d’eau qui prend source à Fontaine et qui se jette dans l’Authie, à Tollent.

Description

Le village de Caumont, situé à l’extrémité du canton d’Hesdin et de l’arrondissement de Montreuil, est entouré de coteaux boisés et traversé par le cours d’eau qui prend source à Fontaine et qui se jette dans l’Authie, à Tollent.

Cette prairie du château d’Hesdin a donné son nom à une famille d’origine d’origine chevaleresque, mentionnée au cartulaire de saint Sauve dès 1148, en la personne de Ursus de Caumont qui sous­crivit la charte du comte Bernard d’Hesdin. (Voir Cavron).

Il assista, ainsi que ses frères Guy et Henri, aux principales do­ nations qui enrichirent les Prémontrés de Dommartin. Leurs lettres sont empreintes des sentiments les plus bienveillants à l’égard des moines, et, si Henri de Caumont, époux d’Eremburgé, se permit de protester contre les libéralités de son beau-frère ; Hugues de Beaurain, il s’empressa de réparer ses torts.

Hugues de Caumont, chevalier, seigneur de ce lieu et de Beauval, avait de nombreux vassaux non moins généreux que lui.

Faisaient-ils une aumône, que de suite il la ratifiait et s’engageait à en assurer l’exécution. Souvent même, il ajoutait à leurs libéra­ lités : ainsi, en 1292, il fonda à Queux la chapelle de Saint-Nicolas de Rapoy, qu’il dota généreusement. Cette chapelle existait encore à la fin du XVIIème siècle ; la nomination du chapelain appartenait aux seigneurs de Caumont qui exerçaient le même droit pour les chapelles de Notre-Dame d’Erquières, de Saint-Nicolas en l’église de Caumont et de là Sainte-Trinité au donjon du château ; toutes trois établies et amorties par leurs ancêtres, aux termes d’un aveu du 15 janvier 1403.

M. de Belleval attribue à la famille de Caumont un écusson de gueules semé de croix recroisetées, au pied fiché d’or, à trois molettes d’éperon de même. Il donne Guy pour successeur à messire Hugues ; mais il omet Baudouin de Caumont, vivant en 1273 et transigeant à cette époque avec l’abbé d’Auchy, relativement à la pêche de Grigny.

Mentionnons encore le chevalier Baudouin, dit l’ermite de Caumont» qui fut .assiégé avec les sires de Craon et de Boueiçault dans le château de Romorantin et obligé de rendre sa vaillante épée au prince Noir (septembre 1355), et nous arrivons à Hugues de Caumont, chevalier, dont la fille unique s’est alliée à messire Guy de Rely qui donna main levée du quint de Tortefontaine, le 15 janvier 1376.

Emond d’Abbeville, sire de Boubers, Domyast et Frencq, épousa alors Jeanne de Rely, dame de Caumont, et devint pos­ sesseur de cette terre, que sa fille, Jeanne, porta dans la maison de Melun, par son mariage avec messire Jean de Melun» vicomte de Gand, seigneur d’Antoing, d’Epinoy, chevalier de la Toison d’Or et connétable de Flandre (5 avril 1421).

Le grand nom de Melun se retrouve constamment sous notre plume. Nous l’avons salué en visitant les églises de Brimeux et d’Hubersent ; celle de Caumont redit encore la munificence de ces puissants princes d’Epinoy, chez lesquels prouesse et bon renom étaient de tradition.

Voici successivement qualifiés seigneurs de Caumont: JeanI, Jean II et François de Melun, puis Hugues, qui perdit la vie dans un combat livré sur les bords de l’Authie, le 13 août 1553 ; puis Maximilien, dont le cœur fut rapporté dans les caveaux de l’église où l’on a découvert, en 1839, une boîte en plomb qui affectait la forme, d’un cœur et portait cette inscription :

ICHI EST LE CŒUR DE HAULT

SEIGNEUR MESSIRE MAXIM1LIEN DE

MELUN, CHEVALIER VICOMTE DE

GAND, BARON DE CAUMONT, SEIGNEUR

DE HEBUTERNE, BUSQUOI, ETC, GOUVERT-

NEUR DES VILLE ET CITÉ D’ ARRAS

ET CAPITAINE D’UNE COMPAGNIE

D’ORDONNANCE, DÉCÉDÉ ANN0.1572,

ÂGÉ DE 45 ANS, SANS POSTÉRITÉ

Hyppolite-Anne de Melun, dame de Caumont, épousa messire Philippe, prince d’Aremberg et duc d’Aarschot, chevalier de la Toison d’Or. Leur fille, Claire : Eugénie, veuve du prince de Chimay, possédait des biens très-considérables en Artois et dans le Hainaut. Ces biens furent ruinés par les guerres de Flandre et une requête que la princesse adressa au roi d’Espagne, nous apprend, en ce qui concerne la baronnie de Caumont, que « la suppliante n’a pas reçu quinze mille florins, depuis le commencement des hostilités, d’où il est facile, ajoute-t-elle, de considérer, les pertes qu’elle a souffertes ; oultre ce que les ennemys ont faict saulter et entièrement démoli le château dudict Caumont qui estoit très beau et spacieux, et ce à cause que le gouvernement espagnol d’Hesdin y mettoit ordinairement quelque garnison, laquelle faisoit de grands ravages en France, lequel château ne scauroit estre remis en l’estat qu’il estoit pour cent mille florins ! »

Philippe II fit droit à ces justes réclamations et lorsque la princesse se vit obligée d’aliéner la nue-propriété de la baronnie de Caumont au profit de son frère le prince Philippe-François d’Aremberg, il consentit à lui remettre la moitié du droit seigneurial qui était, comme on le sait, le quint ou cinquième du prix de la vente. 12 juin 1654.

La baronnie de Caumont, tenue du roi en une pairie et demie, à cause de son château et bailliage d’Hesdin, s’étendait sur les territoires de « Caumont, Chiriennes, Coquissart, Haulteville hors de la loi et banlieue de Caumont, la Fosse, Fontaine et Erquières, une partie de Tollent et Labroye, avec bois, terres labourables, prairies, moulins, dîmes, terrages, arrière-fiefs, cens et rentes foncières et seigneuriales. »

Le prix était de 80,000 florins.

La sœur aînée de là princesse d’Aremberg, Anne de Melun, avait épousé le duc Alexandre de Bournonville. Leur fils, usant du droit de retrait lignage, rentra en possession de la terre de Caumont vendue par sa cousine germaine (sentence du 8 février 1658). Le Père Anselme n’a pas eu connaissance de ces faits que nous avons pu rétablir à l’aide des titres de la châtellenie de Caumont déposés aux archives du Pas-de-Calais. L’arrière petite-fille du duc de Bournonville, Angélique-Victoire de Bournonville, s’est mariée le 5 janvier 1706 avec Jean de Durfort, duc de Duras, qui devint ainsi seigneur de Caumont.

Le château fort de Caumont était situé près de la place du village. Il ne reste plus que les caves et quelques ruines échappées à la destruction, et entre autres les piles d’un pont qui était jeté sur la Fontaine riante.

Hameaux et lieu-dit

Coquichart. Le Polyptique de l’abbaye de Dommartin cite au nombre des vassaux de cette église : messires Henri de Cokessart et Guy de Cokessart (1252).

Le Château Sarrasin et le Château des Templiers. Une tradition, que nous ne pouvons justifier, attribue aux Templiers la construction de ces forteresses qui s’élevaient au milieu des bois de Caumont.

Hauteville. Hameau sur la route d’Abbeville à Hesdin.

La Maïeurerie. La Malaclrerie. Cet établissement, bâti sur la route d’Abbeville au Vieil-Hesdin, a été jadis doté de revenus importants par les seigneurs de Caumont. Une ordonnance royale, du mois de mars 1697, réunit les biens des maladreries de Caumont, de Gennes et de Labroye à l’hospice

d’Auxi-le-Château. Un décret du 7 février 1850 rendit à chacune des communes l’administration de ces biens, et le bureau de bienfaisance de Caumont jouit maintenant de 1050 francs de rente.

La Chamelle de sainte Reine. En 1717, le sieur Parmentier fit élever cette chapelle en reconnaissance de la guérison miraculeuse que sa fille avait obtenue par l’intercession de sainte Reine.

Archéologie

L’église venait d’être reconstruite au moment de la Révolution. Un habitant du pays s’en rendit alors acquéreur et démolit le chœur et la toiture. Il ne resta que les trois nefs et la tour que l’on a restaurées en 1827. Les nefs s’arrêtent à la limite de l’ancien chœur qui était très remarquable. On y voyait un tableau de maître, qui représentait l’Ascension de Notre-Seigneur et la statue de la Vierge qui orne actuellement le maître- autel. Sous le clocher se trouve une pierre tombale en marbre de Tournai qui mesure 2 mètres de longueur sur 85 centimètres de hauteur. Cette pierre, qui servait autrefois de retable à l’une des chapelles latérales, est ornée de quatre arcatures qui abritent des personnages agenouillés et présentés par leurs patrons à la Sainte Trinité qui occupe le fronton du bas-relief.

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