Clenleu

Clenleu est bâti dans une vallée profonde qui était jadis environnée d’épaisses forêts ; cet isolement, l’aspect sauvage du pays, justifient presque la légende curieuse attachée à l’étymologie de ce nom qui rappellerait les hurlements des loups qui faisait autrefois résonner les échos d’alentour : Clangor luporim !

Description

Clenleu est bâti dans une vallée profonde qui était jadis environnée d’épaisses forêts ; cet isolement, l’aspect sauvage du pays, justifient presque la légende curieuse attachée à l’étymologie de ce nom qui rappellerait les hurlements des loups qui faisait autrefois résonner les échos d’alentour : Clangor luporim !

La féodalité établit dans cet endroit, moins fréquenté par les hommes que par les bêtes fauves, une forteresse, dont les châtelains vécurent ignorés jusqu’à M. d’Anglure, fils d’Antoine, qui servit aveu de la terre de Clenleu, tenue du bailliage de Desvres, avec 17 hommes liges, en 1477.

Guillaume d’Ostove lui succéda,vers l’an 1500. Ses descendants, seigneurs, puis marquis de Clenleu habitaient le château construit derrière l’église et célèbre par le siège qu’il soutint ,en 1575, contre les troupes du gouverneur de Montreuil, Jacques des Essarts de Maigneulx. (P. Anselme, loc. cit. VIII, p. 561.) C’est là que le général Bertrand d’Ostove, marquis de Clenleu, venait se reposer des fatigues de la guerre. Sa nièce, Marthe d’Ostove, épousa, par contrat du 10 décembre 1641, messire Claude d’Urre, d’une ancienne famille du Dauphiné. Ils quittèrent le manoir de leurs ancêtres pour se fixer à Maintenay, mais la seigneurie de Clenleu appartenait encore à leur postérité, à l’époque de la Révolution. (VILLERS DE ROUSSEVILLE, Généal. D’Urre. Voir l’article Maintenay.)

Le pape Alexandre III confirme, en 1173 au chapitre de Thérouanne la possession de l’église de Clenleu et de Dorhimont.

Peu d’années après, Lucius III la ratifie de nouveau. Les actes du chapitre mentionnent le fief de Clenleu en 1194 et en 1201.

Mgr Pierre de Langle autorisa l’installation à Clenleu d’une confrérie de Saint-Pierre dont le but était d’assister les pauvres, de veiller les malades et de prendre soin de leur sépulture. (Note de M. Haigneré.)

Clenleu est la patrie de Jean de Senlecques, qui naquit en 1558.

C’est le premier graveur de musique et l’un des meilleurs fondeurs de caractères typographiques. Il grava les caractères de la Bible polyglotte et mourut à Paris le 20 novembre 1648. Jacques de Senlecques, son fils, exerça la même industrie avec distinction et mourut en 1660, à l’âge de 46 ans. Il était très érudit et, mettant les leçons paternelles au service d’une intelligence remarquable, il composa, pour l’impression de la musique, des planches perfectionnées., portant à la fois la note et la ligne, qui établirent sa réputation.

M. H. de Rosny pense que Jacques de Senlecques descendait d’une branche cadette des seigneurs “de ce village établie à Clenleu. En 1572, vivait un Pierre de Senlecques, peut-être le frère de Jean, qui déclara ses fiefs en la sénéchaussée du Boulonnais. (Hist. du Boulonnais, t. IV, p. 16.)

Hôtel-Dieu de Clenleu

Madeleine d’Ostove, demoiselle de Noulette, a légué à l’Hôtel-Dieu de Montreuil, par son testament du 22 juillet 1576, les terres et les bois appelés depuis : Hôtel- Dieu de Clenleu. Ces biens ayant été mis en vente par le district de Boulogne, comme biens du clergé, en 1793, sans que les administrateurs de l’hospice en aient eu connaissance, le gouvernement impérial répara cette spoliation inique, par l’abandon de l’emplacement de l’ancien château de Bryas et de quelques biens épars dans les départements .du Nord et du Pas-de-Calais, qui rapportaient environ 3,000 fr. C’est ce que l’on appela les biens transférés ; depuis, le comte de Bryas a cédé à l’hôpital de Montreuil la ferme de Trois-Vaux près de Saint-Pol, en échange du manoir de Bryas. (Annuaire de 1855, f°429.)

Le ruisseau de Clenleu se jette dans la Course, à Estrée.

Hameaux

Le Bellinguez. Le Bout d’Amont. La Motte.

Archéologie

L’église sous le vocable de saint Gilles est une construction du XIVè siècle, nouvellement restaurée sous la direction de M. Normand. Le chœur est éclairé de neuf fenêtres. On remarque à la voûte deux blasons sculptés qui se trouvent reproduits sur une ancienne boiserie provenant d’un retable d’autel et adapté au confessionnal :

Le premier porte : Écartelé : Au 1 et 4, à un lion rampant.

Au 2 et 3, à deux bandes. Sur le tout : Au lion rampant et à la lande brochant.

Le second porte : Au 1, comme dessus. Au 2, contre écartelé. Au 1 et 4, à 3 écussons. Au 2 et 3, au chef d’hermine. Sur le tout : A trois étoiles mal ordonnées, accompagnées de trois croix recroisetées

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