Conchy-sur-Canche

Nous signalerons en première ligne les nombreuses trouvailles de silex taillés et polis, faites sur le territoire de Conchy.

Description

Nous signalerons en première ligne les nombreuses trouvailles de silex taillés et polis, faites sur le territoire de Conchy.

Ce lieu paraît avoir existé au temps de la domination romaine; à diverses époques, en travaillant à la terre, on a découvert des médailles et des objets remontant à la plus haute antiquité. (Lambert, Puits artérien.)

Les archives de Conchy, en parlant de cette commune, lui donnent toujours le titre de ville : M. Harbaville conteste l’importance que lui attribuent les rédacteurs de l’Annuaire du Pas-de-Calais, pour 1814. Il ne lui accorde même pas le titre de mansion, parce qu’il est éloigné de la grande voie d’Amiens à Boulogne par Auxi et Helenum, et de celle d’Amiens à Thérouanne par Nuncques et Laires. Quoiqu’il en soit, les différentes chroniques s’accordent pour faire remonter la destruction de cette bourgade à l’an 421, pendant l’invasion des Huns.

Elle est ensuite mentionnée dans les chroniques de Saint-Bertin de l’année 650.

Le premier seigneur connu de Conchy est cité dans les titres de Saint-Eloy, 1080, comme étant propriétaire foncier du terrain qu’occupait l’abbaye. (Harbaville.)

L’importance donné à cette localité et qui la faisait considérer comme une petite ville, provient de son château-fort et des anciens fossés que couronnait une enceinte murée. Cette forteresse, située sur une élévation, près de la Canche, formait au moyen-âge un poste redoutable. On en retrouve encore quelques vestiges ainsi que des fortifications qui l’entouraient. Le fossé de la ville est le seul souvenir de l’ancienne splendeur de la ville de Conchy.

Hugues de Conchy seconda les vœux des habitants qui réclamaient des franchises municipales ; à sa sollicitation, Louis, fils de Philippe-Auguste, leur accorda, en 1209, une charte de commune selon la loi et les coutumes d’Hesdin, en réservant les droits du seigneur sur son domaine privé. De là vint qu’une partie de Conchy n’était pas tenue en échevinage.

Robert, comte d’Artois, confirma cette charte en novembre 1268. (Harbaville. Godefroy. Invent, chron., t. I er .)

Les religieux de Corbie partageaient, avec le comte d’Artois, les droits de relief à Conchy. ils y possédaient une ferme de 70 journaux de terre à la sole, avec un enclos appelé le pré Saint-Pierre, et 7 journaux et demi de bois à coupe, faisant moitié de 15 journaux indivis avec le seigneur de Conchy, plus des dîmes, champarts et censives.

Le plus ancien titre de l’abbaye de Corbie, relatif à Conchy, est une déclaration de Philippe, comte de Flandre, de l’an 1225 environ, par laquelle il reconnaît « que la terre et seigneurie de Conchy, avec toutes ses dépendances, est commune entre lui et l’abbaye de Corbie par indivis, de telle sorte que celle-ci a droit à la moitié du produit des eaux, des terres, des bois et du moulin, sauf le travers de Conchy, qui appartient exclusivement au comte de Flandre. (A. Bouthors, Coût, loc.)

Une charte de 1274 concerne un différend qui s’était élevé entre l’abbé et les religieux d’Auchy et Hugues, dit Bodore, curé de Conchy. On y voit que Blangizel, objet de la contestation, était à cette époque le secours de Conchy. (Cartul. d’Auchy).

Le 11 août 1298 est la date de la ratification par le comte d’Artois du partage, fait par les arbitres , des terres qui lui étaient communes avec l’abbaye de Corbie, au terroir de Conchy (Trésor des Chartes d’Artois, t. II).

En 1421, les Français, sous la conduite du sire d’Offremont pénétrèrent jusqu’à Conchy, grand village, dit Monstrelet, et brûlèrent l’église après en avoir fait sortir les habitants qui s’y étaient réfugiés. Ils les emmenèrent prisonniers à Saint-Riquier, d’où ils ne sortirent qu’en payant rançon. (Monstrelet, chron.)

Les coutumes de l’échevinage furent rédigées eu 1507. (Harbaville).

En 1669, le Conseil d’Artois eut à juger un différend qui s’était élevé entre le prince Philippe de Savoie, abbé commandataire de Saint-Pierre de Corbie, et d’Ostrel, chevalier, seigneur de Conchy (Arch. cons. d’Artois, sect. B, 246). Nous voyons dans un procès de 1716, que la seigneurie appartenait alors à Lamoral de Landas, dit Mortagne, chevalier. (Ibid. B. 918).

Sous l’ancien régime, Conchy avait un mayeur et deux échevins : le Roi était seigneur d’une partie de la commune, il avait un lieutenant qui rendait la justice en son nom; ses jugements ressortissaient du bailliage royal d’Hesdin. Les limites de cette juridiction étaient indiquées par quatre bornes de grès que l’on nommait la banlieue. (Leduc et Alexandre, Annuaire 1814).

Conchy avait un hôpital ; une prairie située non loin de remplacement du château s’appelle le Pré de l’Hôpital. On y trouve des débris de fondation et de nombreux fragments de colonnes.

(Comm. de M. l’Instituteur). Une ordonnance de Marguerite, duchesse de Parme, gouvernante des Pays-Bas, réunit les biens de l’hôpital d’Artois, de Saint-Jean-l’Evangéliste, à Hesdin, à ceux de l’hôpital Saint-Jean-Baptiste, de la maladrerie de Vieil-Hesdin et de l’hôpital de Conchy. (1551). (Invent, des ch. d’Artois. B. 756).

Cette commune avait aussi autrefois deux marchés par semaine et une foire annuelle le 21 juin.

Des lettres de chevalerie, en faveur de Jeanne-Joseph Grenet, écuyer, seigneur de Conchy, furent enregistrées le 21 juin 1748.

Le rôle de 20è de 1757 nous montre la terre et seigneurie de Conchy divisée entre :

1° : le baron de Fiers, propriétaire, d’une maison seigneuriale avec droit de terrage sur le fief d’Agencourt-en-Conchy ;

2° l’abbaye de Corbie qui y possédait une ferme avec droit de dîme et champart ;

3° L’abbaye d’Auchy, propriétaire d’une partie de dîme ;

4° Enfin B. de le Bucaille qui possédait le fief de la prévôté de Conchy.

La paroisse de Conchy faisait partie du diocèse d’Amiens, doyenné d’Auxi-le-Château ; elle fut réunie au diocèse d’Arras après le concordat. L’église ne fut pas vendue à la Révolution, mais elle tomba en ruine et ne fut entièrement restaurée qu’en 1844. La cure de Conchy fut comprise dans les mêmes donations et confirmations que Boubers ; le droit de patronage de l’abbaye fut aussi reconnu en 1255. Les décimateurs étaient l’abbé d’Auchy-les-Moines et celui de Corbie.

Le presbytère était tenu de l’abbaye d’Auchy. Un ancien curé du lieu, Hugues Manchion, ayant légué à la paroisse, pour être uni au presbytère, son courtil avec ses cressonnières (curtilium cum carsonaria), l’abbaye n’en consentit la saisine qu’à la condition que chaque titulaire lui paierait, à son installation, (in novitate sua), 2.sols parisis de droit de relief, c’est l’évêque d’Amiens, Gérard de Conchy, qui constate le tout en l’année 1251, (Darsy, Benef. du dioc. d’Amiens). L’évêque Gérard de Conchy qui fonda dans l’église d’Amiens la fête de saint Juste et de saint Arthémis, martyrisés près de là, pourrait bien avoir été originaire de ce lieu ; sa dévotion aux martyrs que nous venons de citer, le ferait supposer (Decourt, mém. chron. pour l’histoire d’Amiens, Ms. 1. 374.)

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