Cucq

La pêche a toujours été la principale industrie des habitants de Cucq. En 1168, dix d’entre eux obtinrent du comte de Boulogne le privilège exclusif de traîner le filet et de prendre les mulets depuis l’embouchure de la Canche jusqu’à l’Authie.

Description

La pêche a toujours été la principale industrie des habitants de Cucq. En 1168, dix d’entre eux obtinrent du comte de Boulogne le privilège exclusif de traîner le filet et de prendre les mulets depuis l’embouchure de la Canche jusqu’à l’Authie. La dévotion séculaire, des marins envers saint Josse leur suggéra, au mois de janvier 1223, l’abandon d’un droit qui se percevait sur les bateaux de pêche. Ils offrirent spontanément ce tribut à l’abbé Simon d’Asseville.

Les moines de Saint-Josse possédaient également les dunes qui s’étendaient entre la mer et le village de Cucq, mais ils n’en retiraient pas grand profit parce que le comte de Ponthieu s’était réservé l’exercice de la justice, le droit de chasse et l’usage du panneau pour prendre les lapins. Le comte ne plaisantait pas avec les braconniers qu’il condamnait à 50 sols parisis d’amende.

Aucun chien ne devait traverser la garenne sous peine de 3 sols d’amende, (fi. de Saint-Josse-sur-Mer, f 4, 16, 19.)

Pendant les guerres qui désolèrent la Picardie au XVIè siècle, les habitants de Cucq et de Trépied faisaient le guet au rivage : ils se plaçaient sur la grande sablonnière et quand un navire apparaissait, ils en avertissaient par des signaux les sentinelles qui veillaient au sommet de la tour de Saint-Josse, celles-ci donnaient le même signal au poste de Montreuil. Le guet de mer dispensait naturellement du guet de Montreuil, aussi lorsque le gouverneur voulut en 1545 soumettre les habitants de Cucq à

l’obligation dont ils avaient été affranchis, ils réclamèrent contre cette injustice ; c’était exiger double corvée des matelots et méconnaître les services qu’ils rendaient depuis longtemps pour la sécurité de la côte.

Le roi prescrivit une enquête qui eut lieu à Étaples : seize témoins furent entendus par Jean Fourcroy, lieutenant de l’amirauté de France au comté de Boulogne., assisté d’un procureur et de Guillaume Coppin. A la suite de cette enquête, fut rendue l’ordonnance qui affranchissait à jamais les habitants de Cucq, de Trépied, de Merlimont et de Saint-Josse du guet de Montreuil, à la condition qu’ils veilleraient sur les bords de la mer et à la tour de Saint-Josse. 3 mars 1587.

Hameaux

Le Touquet. Les deux phares d’Étaples sont situés au Touquet. Les ensemencements de sapins que M.Dalloz a entrepris dans les dunes du Touquet ont parfaitement réussi.

Trépied, Au début du XVIIIè siècle, le hameau de Trépied se trouvait presque désert. La guerre civile et la guerre étrangère avaient obligé les habitants à émigrer sur la côte du Boulonnais. Plusieurs s’étaient même fixés à Gravelines et à Dunkerque. Il en résultait une grande perte pour le commerce de la marée, car les matelots de Trépied montaient 28 bateaux et alimentaient les marchés d’Abbeville, d’Amiens et de Beauvais.

Depuis la ruine de ce port de pêche, les mareyeurs, obligés de s’approvisionner en Boulonnais et de traverser la ville de Montreuil ou le bac d’Attin, perdaient un temps précieux.

L’abbé de Saint-Josse, Etienne Moreau, entreprit de repeupler le havre de Trépied. Il fit venir en 1634 quatre maîtres de bateaux d’Étaples : les sieurs Guillaume et Jacques Godin, Guillaume Wa- doux et Jean Dauseur. Il leur avança à chacun environ 500 livres pour les frais d’installation, bâtit de ses deniers autant de maisons qu’ils amenaient d’hommes d’équipage, les autorisa à couper des oyats dans la garenne pour raccommoder les filets et établit un vicomte chargé de la vente du poisson.

Les matelots promirent de rembourser ces avances, mais une nouvelle guerre éclata entre la France et l’Espagne et,pour comble de malheur, la peste décima la population, si bien qu’ils se virent dans l’impossibilité de satisfaire leurs engagements. (C. de Saint- Josse-sur-Mer, n° 112 et 115 de la copie Moreau.)

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