Ecuires

Le nom d’Écuires viendrait-il du latin scuria qui signifie grange ou écurie ? Les plus anciennes formes semblent justifier cette étymologie proposée par Harbaville.

Description

Le nom d’Écuires viendrait-il du latin scuria qui signifie grange ou écurie ? Les plus anciennes formes semblent justifier cette étymologie proposée par Harbaville. Le fait est qu’à une époquetrès reculée le village était situé au fond des granges, vers le chemin qui conduit à Dangermel. On ignore quand il fut détruit et reconstruit au Hamel. L’église s’élevait alors au lieu dit le Cronquelet du Hamel : plus tard, la ville de Montreuil ayant abandonné les terrains vagues appelés le Marais, Écuires s’étendit davantage de ce côté.

Le patronage et les deux tiers de la dîme appartenaient à l’abbaye de Saint-Sauve en vertu d’une donation du comte Herluin, donation qui fut confirmée par le roi Henri Ier en 1042 et par le pape Anastase IV en 1154 (Gallia Xna., loc. cit.) Les moines avaient à Écuires un vivier rempli de poissons mais ils renoncèrent en 1260 au droit d’exiger certaines corvées, à la condition que chacun des corvéables acquitterait une rente perpétuelle de quatre livres. (C. de Montreuil, f° 15.)

Eustache d’Écuires est mentionné à titre de témoin dans une charte de Guillaume de Montreuil-Maintenay. Il habitait Montreuil et sa femme se nommait Hawide. Le nom de son fils Gauthier, bienfaiteur de l’abbaye de Dommartin, paraît fréquemment dans les titres, de 1150 à 1160. Au siècle suivant, Arnould d’Écuires, fils de Guillaume et de Bilehaut qui était la sœur du seigneur de Bloville, irrité de la munificence que ses ancêtres avaient déployée au profit des religieux de Saint-André-au-Bois, ordonna à ses gens de massacrer quatorze chevaux qui étaient occupés à labourer à Bioville pour le compte des moines. L’affaire eut beaucoup de retentissement : Arnould se vit excommunié et exilé. Il obtint cependant son pardon à la prière de l’abbé Tesson qui eut pitié de son repentir et auquel il donna un témoignage public de réparation, 1227. (Hist. de l’abl. de Saint-André-au-Bois.).

Pendant le siège de Montreuil par les Impériaux, la gauche de l’armée occupait les hauteurs d’Écuires.

« On cultivait la vigne en Picardie au XIè siècle : les chartes de Saint-Sauve mentionnent plusieurs fois les vignettes de l’abbaye qui étaient situées sur les coteaux de Beaumerie et d’Écuires. Le sentier du Bras d’Or, qui conduit d’Écuires à Montreuil, fut ouvert au moyen-âge pour l’usage des lépreux de la maladrerie du Val.

Un bras d’or, placé de distance en distance, avertissait les voyageurs de ne pas s’aventurer sur ce chemin et rappelait aux ladres qu’ils ne pouvaient s’en écarter.

Écarts et lieu-dit

Le Bois-Coquin. En 1311, le Bos le Cokin contenant 36 journaux appartenait à N. de Rumeilly (Aveu

Maintenay.) , Domeselve, (dormis in sylva). Le Hamel. Markade. Certains auteurs prétendent que Markade vient du latin Mare cadebat, et ils disent que la mer baignait jadis la colline. Mais ce nom est tout simplement celui d’un chef de brigands qui guerroyait sur les marches de Picardie, et d’Artois, au temps de Philippe- Auguste. Le nom de Markade n’a d’ailleurs prévalu que dans le courant du XVè siècle. (Note de M. Hennéguier.)

Le Pen. Il existait au moyen-âge une famille du Pan ou du Pen. Arnould du Pen, vassal de Guillaume de Saint-Omer, en partant pour la croisade, donna les terres de Domeselve et du Pen à la maladrerie du Val à la condition qu’il les reprendrait, s’il revenait du lointain voyage de Palestine. Il est à croire qu’il y périt, car la maladrerie resta en possession de Domeselve et du Pen. Au XVIè siècle, Féchevinage aliéna environ 100 mesures qui composent la ferme du Pen située sur la route de Montreuil à Maintenay.

Quiévremont. Fief noble, tenu de la baronnie de Merlimont, et habité actuellement par M. Leborgne, possédé au dernier siècle par les d’Acary.

La Suzoie. Fief noble tenu, en partie, de l’abbaye de Saint- Sauve et de la baronnie de Merlimont. Le 24 novembre 1666, Jullien Pollet, écuyer, le vendit à M. Jean le Noir, vicomte de Montreuil. C’est la ferme de M. le vicomte de Forceville.

Saint-Justin. L’église de Saint-Justin dont la première pierre avait été posée par l’abbé de Saint-Sauve, Guillaume de la Pasture, fut démolie en 1630. Elle était alors desservie parle curé d’Écuires. ( Voir les paroisses de Montreuil.)

Archéologie

L’église, dédiée à saint Vaast, est un monument du XVè siècle nouvellement restauré. La voûte du chœur. qui était en bois comme celle de la nef et non moins remarquable, fut construite en pierre, sur le modèle de la voûte de l’église de Saint-Sauve, au moyen d’une somme importante léguée en 1702 par un domestique du Val. Le nom de cet homme obscur et bienfaisant n’est pas connu, mais le fermier du Val, M. Prévost, qui était marguillier de la paroisse, a pris soin de faire inscrire le sien autour de la clef de voûte. La piscine est remarquable.

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