Estréelles

Clarembaut, seigneur d’Estréelles, est cité comme témoin d’une charte de Pharamond de Tingry en 1171.

Description

Clarembaut, seigneur d’Estréelles, est cité comme témoin d’une charte de Pharamond de Tingry en 1171.

Au mois d’octobre 1227, Gilles, son successeur, en souscrit une autre rapportée, ainsi que la précédente, au cartulaire de Saint-Josse.

Après lui vient Jehan, époux d’Ysabeau, qui vend à Ismène, châtelaine de Saint- Omer, certaines redevances que celle-ci transmet sur le champ, à l’abbé de Dommartin, juin 1255.

Son fils, également nommé Jehan, tenait la terre d’Estréelles par moitié de messire Baudouin de Renti, à cause de Marie de Waben, et de messire N. de Longvilliers. Il y exerçait haute, moyenne et basse justice et possédait les « communautés d’Estraieles. » Son manoir était bâti sur quatre journaux de terre « adossés au bos d’Estraieles », avec four et moulin bannaux.

Jehan de Saint-Martin, dit Nazard, prévôt d’Arras, se qualifie seigneur d’Estréelles le 19 décembre 1433, et y perçoit le quint , c’est-à-dire le droit dû pour l’échange et la vente des fiefs.

Françoise de Hardenthun, fille de Jehan de Hardenthun, seigneur d’Estréelles, en 1521, épousa Antoine de Louvigny; leurs descendants embrassèrent la religion réformée et lorsque l’article VII de l’édit de Nantes permit l’exercice de ce culte dans les châteaux, chefs-lieu de fiefs haut justiciers, Jean de Louvigny s’empressa d’appeler un pasteur à Estréelles.

Au mois d’octobre 1567, la protection de Morvilliérs, gouverneur du Boulonnais, engagea Louvigny à construire un temple.

Ce temple situé aux portes de Montreuil annonçait des dispositions hostiles, il s’élevait sur une hauteur dominant l’église ; une muraille crénelée et de larges fossés le mettaient à l’abri d’un coup de main et l’on peut voir encore sur les murs de ce bâtiment, actuellement à usage de grange, la trace des balles que la garnison de Montreuil lançait continuellement aux Huguenots; ceux-ci attaquaient les paysans catholiques qui entraient à l’église, et les malheureux, ayant vu tomber plusieurs de leurs amis, n’osaient plus y paraître, encore moins osaient-ils riposter à ces attaques dirigées.par Louvigny lui-même.

On raconte que le premier gardien du couvent des Capucins de Montreuil, homme fort zélé, se rendait souvent à Estréelles et se plaisait à prêcher la controverse aux protestants, mais loin de les convertir, ses discours les irritaient au dernier des points et ils l’auraient massacré, si le comte de Lannoy n’avait eu la précaution de le faire toujours accompagner à distance par quelques gardes bien armés.

Un dimanche d’août 1572, quelques jours avant la saint Barthélémy, les Huguenots d’Estréelles avaient maltraité Janet Bouquedepois, bourgeois de Montreuil, qui s’en plaignit amèrement à l’échevinage et au gouverneur ; lors donc que le bruit du massacre des religionnaires se répandit dans le pays, Bouquedepois ameuta la populace et la conduisit, le 27 août, à l’assaut du temple d’Estréelles.

Les Montreuillois soutenus par les paysans se battirent avec acharnement ; ils mirent le feu à la charpente du toit et obligèrent ceux qui s’y étaient réfugiés à capituler ; plusieurs périrent dans la mêlée et les vaincus, ramenés triomphalement à Montreuil furent mis en sûreté sous les verroux de la citadelle.

A la suite de l’exploit de Janet, le temple d’Estréelles demeura fermé jusqu’après l’édit de Nantes ; plusieurs membres de la famille de Louvigny y ont reçu la sépulture.

En 1634, Marguerite de Louvigny, dame d’Estréelles épousa M. Jean du Blaisel, écuyer, seigneur de Belle-Isle ; leurs descendants ont encore une propriété à Estréelles.

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