Etaples

Il existait jadis, à l’embouchure de la Canche, un port célèbre dans les premiers siècles de la domination franque ; les auteurs anciens le nomment : Cuentawicus, Cucntawic (juantawic ), Quantowicus, Quentawic, Quentawicus, Quintowicus , Quentawich portus, Quenlawig portus, Quentawich, ou simplement Wicus.

Description

Il existait jadis, à l’embouchure de la Canche, un port célèbre dans les premiers siècles de la domination franque ; les auteurs anciens le nomment : Cuentawicus, Cucntawic (juantawic ), Quantowicus, Quentawic, Quentawicus, Quintowicus , Quentawich portus, Quenlawig portus, Quentawich, ou simplement Wicus.

C’était la voie la plus directe pour se rendre en Angleterre : Saint Théodore, archevêque de Cantorbéry, s’y trouva longtemps retenu par la maladie, avant d’aller occuper son siège épiscopal, et saint Boniface y débarqua en 718.

L’importance de cette ville où résida même Haymon, duc de la France maritime (630), ne pouvait échapper à Pépin-le-Bref, encore moins à Charlemagne, toujours préoccupé des invasions normandes qui menaçaient l’empire.

Il vint visiter les côtes de la Morinie et prescrivit de grands travaux de défense, car il comprenait que, dans un avenir prochain, les pirates tenteraient de s’emparer de Quentowic, le rendez-vous des marchands de la Grande-Bretagne, à cause du trafic considérable qui faisait la réputation de ses foires.

Un intendant spécial ou procurateur {praefectus emporii) .présidait aux transactions et percevait les droits du fisc (vectigalia).

On battait monnaie à Quentowic sous les premières races de nos rois ; l’éclit de Pistes, qui réduisit à dix le nombre des ateliers monétaires, lui confirma cet ancien privilège.

Les pièces attribuées à Quentowic portent le plus souvent un vaisseau, une croix ou la tète d’un souverain avec le nom entier ou abrégé de la ville.

Attirés par l’appât d’un riche butin, les Normands inquiétaient de temps à autre les habitants de la florissante cité ; ils l’envahirent, en grand nombre, certain jour de foire de l’année 844, dispersant la foule, s’emparant des marchandises et ne consentant à épargner les maisons et les édifices publics qu’au prix d’une grosse rançon.

C’était le commencement de la ruine complète que les barbares réservaient à Quentowic !

On n’est point d’accord sur l’époque de la destruction ; elle eut lieu à la fin du IXè ‘siècle, en 884, suivant quelques auteurs, et fut si radicale, que l’emplacement de Quentowic est devenu une question des plus controversées.

Tel historien assure que la ville d’Étaples s’élève sur ses ruines; tel autre croit en retrouver les traces à Saint-Josse ou aux environs ; les deux rives de la Canche réclament ainsi l’honneur d’avoir vu prospérer et disparaître un port justement célèbre.

La rive droite (titaples) invoque le témoignage des princes de la science, de Ducange et de Mabillon, reproduit, avec d’autres considérations par les annalistes du Boulonnais : du Wicquet de Rodelinghem, Bertrand, Henry, Lefebvre, H. de Rosny; nous citons les plus connus.

Monsieur Cousin a engagé une polémique très savante avec les partisans de la rive gauche (Saint-Josse) ; nous y renvoyons le lecteur ; analyser ses travaux serait diminuer la valeur des arguments sérieux qu’il produit en faveur d’Étaples ; arguments tirés :

1° De la signification analogue de l’expression Emporium et du mot Stapula qui lui succéda presque immédiatement.

2° Des archives de l’abbaye de Saint-Bertin : une charte mentionnant les propriétés de cette abbaye, au 8 novembre 828, porte : In Tarvarna mansum in Quintuico simïliter. Une autre, du 27 mars 857, porte simplement : in Quintuico. Enfin, dans la troisième de l’année 867, on lit : in Quintuico ; or, le bien que les moines de Saint-Bertin possédaient sur le territoire de Quentowic, nous le retrouvons énoncé dans un autre titre de leur monastère en 1026, comme situé à Étaples : itemque aliam terrant que jacet in villa Stapulas nominata. Ces chartes indiquent que le territoire d’Étaples est réellement celui de Quentowic.

3° Des dispositions du partage entre les enfants de Louis le Débonnaire.

4° Des résultats obtenus par les fouilles pratiquées à Étaples où se découvrent journellement quantité de monnaies et de fragments des temps anciens.

Nous avons lu et relu les brochures consacrées à l’examen du différend et nous avouons que le talent des champions de l’une et de l’autre opinion nous met dans un cruel embarras, car jamais, peut-être, il n’a été plus à propos de répéter: adhuc sub judice lis est !

Si l’on n’est pas d’accord sur l’emplacement de Quentowic, il faut admettre du moins que la ville d’Étaples hérita de son importance ; Quentowic disparaît de la scène du monde à la fin du IXè siè­cle ; à cette époque commence la cité moderne, plusieurs fois occupée et dévastée au début par les hordes barbares.

Le château existait-il alors ?

Nous le croyons, et cependant le terrain sur lequel il était situé devint plus tard la propriété des religieux de Saint-Josse-sur-Mer, qui consentirent à le céder au comte de Flandre, Mathieu d’Alsace, moyennant la redevance annuelle de 10,000 harengs, payable à Boulogne ou à Calais.

Mathieu d’Alsace rétablit la forteresse d’Étaples (1172).

Baudouin II, comte de Guines, l’assiégea en 1190.

Les comtes de Boulogne l’ayant rendue plus redoutable, à l’abri de ses remparts se groupa une nombreuse population maritime également fière du donjon qui lui assurait aide et protection et du beffroi, symbole des franchises communales octroyées au temps de Louis le Gros et confirmées, en 1277, par Guillaume II, comte de Boulogne. (Dom Grenier.)

La pêche était, comme maintenant, la principale ressource d’Etaples et on la pratiquait à charge de certaines redevances, mais la guerre interrompait très souvent l’industrie du paisible matelot.

Au lendemain de la désastreuse journée de Crécy, les Anglais incendient Étaples qui est pillé en 1351, brûlé le 6 décembre 1378, brûlé encore en 1435

L’activité des habitants, leur travail assidu triomphant de ces obstacles, Étaples comptait au nombre des principales villes du Boulonnais, lorsque Bertrand II de la Tour l’abandonna, en 1497, à Louis XI.

L’acte de cession,. daté de Montferrand, en Auvergne, a été signé par le roi au château du Plessis-les-Tours.

Étaples, devenue française, obtint la consécration de ses vieux privilèges ; Louis XI (avril 1477) et Charles VIII (1483) les ratifièrent solennellement ; d’ailleurs les occasions ne manquaient pas et le mayeur dut en obtenir de nouveaux, pendant les conférences préliminaires de la paix du 3 novembre 1492, qui réunirent dans sa ville les plus grands personnages de France et d’Angleterre, chargés de. négocier le traité qui rendit la tranquillité aux deux royaumes.

François ler honora Etaples de sa présence, au retour de l’entrevue du camp du drap d’or. Henri II y vint également (1548) ; il ordonna de relever et d’augmenter les remparts, qui avaient beaucoup souffert durant les hostilités de l’année- précédente-; à tel point, rapporte de Thou, que le prince ne put retenir ses larmes, en voyant le déplorable état de la ville et des environs.

Des gouverneurs spéciaux faisaient respecter l’autorité royale dans le château d’Étaples, entretenu en bon état de défense.

A Claude de Hodicq, seigneur de Courtevilie, nommé par Henri II (1550), succéda Michel Patras de Campaigno, qui s’opposa de tout son pouvoir aux progrès de la Ligue et parvint à secourir la ville de Boulogne assiégée par Rambures, l’un des lieutenants du duc d’Aumale.

Moins heureux, quelques mois après, abandonné des populations qui se déclaraient ouvertement favorables aux Guise, il eut la douleur de voir tomber entre, leurs mains le poste commis à sa garde. Alors s’ouvre, dans la France entière, le scrutin pour les États-Généraux qui étaient convoqués à Blois le 15 septembre 1588. Les délégués des trois ordres, restés fidèles au roi, s’assemblent à Boulogne et nomment leurs représentants ; les ligueurs se réunissent beaucoup plus nombreux à Étaples et en choisissent d’autres, puis les élus des deux partis se rendent à Blois, mais la vérification des pouvoirs consacra le mandat des députés ligueurs, qui siégèrent aux États, comme les seuls représentants du Boulonnais.

Les délibérations de cette assemblée, dominée par les Guise, appartiennent à l’histoire générale ; elles furent accueillies avec enthousiasme à Étaples où l’on alla jusqu’à traîner dans la fange des ruisseaux l’effigie du roi Henri III.

Sur ces entrefaites, du Bernet, le courageux défenseur de Boulogne, habilement secondé par son lieutenant Bertrand de Campaigno et par Jean Galoin, dit le Fort, s’empare de la ville d’Etaples, que la garnison abandonne pour se réfugier dans le château ; Caloin la somme de se rendre, et comme il ne lui est fait aucune réponse, il saisit l’une des chaînes du pont et l’ébranle si fortement qu’il parvient à la rompre. Au même instant un coup de fauconneau le renverse sans vie; Du Bernet s’élance pour le venger, mais atteint en pleine poitrine, il tombe à côté de lui ; ce double malheur devient le signal de la déroute pour les assiégeants; sourds à la voix du brave Campaigno, qui s’efforce de les rallier sous le feu ennemi, ils se débandent et s’enfuient en désordre dans la direction de Boulogne.

Les ligueurs ne profitèrent pas de ce succès et peu de temps après, le 25 février 1591, le duc d’Epernon reprit Étaples, dont il confia le gouvernement au capitaine la Serre.

Le duc d’Aumale écrivit aux mayeur et échevins d’Abbeville pour leur annoncer cet événement :

« Messieurs, à peine étais-je à my chemin de vostre ville, pour venir en ce lieu hier au soir, que je reçeu les nouvelles de la reddition d’Estappes faicte aussy mal à propos qu’il se pœult dire, et, par le peu d’espérience de celluy qui y commandait, navons seullement perdu ceste place, qui importe au bien et au salut du pays ; mais une très belle occasion de faire un exploit infaillible et aultant adventageux à nos affaires que le moyen de la recouvrer sera difficile et de longue durée. Je verray avant que mesloigner s’il se pourra faire quelque chose sur la retraite de lennemy ou de lempescher à tout moins dentreprendre nouveau desseing à nostre désavantage, et de tout ce qui se présentera je vous feray part, Messieurs, je prie Dieu sur ce, vous donner bien heureux et longs jours.

De Montreuil le XXVIè jour defébvrier 1591.

Votre bien affectionné amy. »

CHARLES DE LORRAINE.

Les successeurs du capitaine la Serre furent :

De Louvigny, seigneur d’Estréelles, 1591 ;

Robert de Rocquigny, seigneur de Palcheul, 1593 ;

Louis de Saveuse, seigneur de Bougainville, 1595 ;

Louis de Carlier, 1601 ;

Pierre de Béringhem, 1605

Ambroise de Rocquigny, seigneur de Harcelâmes, par intérim ;

Louis de Belloy, 1612 ;

Jean de Monchy-Montcavrel, 1615.

Monchy a été le dernier gouverneur d’Étaples ; le roi attribua ensuite ces fonctions au gouverneur de Boulogne, qui déléguait un lieutenant.

Quelques années après (1641), les progrès de l’art militaire rendant inutiles les places de second ordre, on décréta la. démolition du donjon et du château d’Étaples, à l’exception de la chapelle et du logement du lieutenant.

En signant le démantèlement des fortifications, Louis XIII traça la dernière ligne des annales militaires d’Etaples.

L’histoire se bornera à enregistrer désormais les événements moins importants; elle consacrera le souvenir de quelques naufrages, et rappellera le débarquement du roi Jacques II fuyant l’Angleterre pour échapper à la haine de son peuple.

Nous trouverons également, inscrits à leur date, les plus terribles envahissements des sables, ainsi que les arrêtés qui prescrivaient de planter les dunes afin d’opposer une digue au fléau, ou bien encore les démêlés incessants dû corps de ville soit avec l’abbé de Saint-Josse-sur-Mer, soit avec les seigneurs du Fayel ou de Fromessent qui percevaient à Étaples des droits considérables et ne manquaient jamais une occasion d’amoindrir l’autorité municipale qui nuisait à leur influence.

Les seigneurs du Fayel, de la maison de Rocquigny, héritiers de la famille d’Étaples, exerçaient en cette qualité de grands privilèges sur la moitié de la ville; ils avaient moulin et four bannaux, prélevaient une partie des offrandes de l’église et certaines rétributions sur la pêche et le pâturage.

Louis XV donna les ruines du château d’Étaples, avec les dépendances, à messire du Tertre d’Ecœuffen, en récompense de ses bons et loyaux services (1734).

Ce fut une nouvelle source de procès interminables avec la ville qui plaidait encore, à la veille de la Révolution, sur l’étendue et les limites de son domaine.

Le 13 mars 1789, les habitants d’Étaples « réunis en l’auditoire » rédigèrent les cahiers des doléances et des remontrances qu’ils devaient soumettre à l’assemblée du Boulonnais ; nous y lisons les récriminations et les aspirations qui composaient presque partout le grand programme des réformes politiques, accepté d’avance dans les régions du pouvoir.

Entrant dans le détail des voeux qui intéressaient plus spécialement le pays, ils « demandent « la destruction des troupeaux de lapins qui peuplent les garennes et ils supplient le roi de jeter les yeux sur les contrées voisines de la mer, d’envisager tous les rivages et les pertes qu’y occasionnent les sables et de s’occuper des moyens plus propres et plus efficaces pour en arrêter les progrès ; le moyen qu’on aperçoit dans ces contrées, ajoutent- ils, pour remédier à ces désastres, est la conservation des épines et des hoyats. »

La Révolution dépouilla Étaples de ses anciens privilèges.

Devenue simple chef-lieu de canton du district de Boulogne, puis de l’arrondissement de Montreuil, le 17 février 1800, la ville, administrée par une municipalité qui obéissait avec empressement aux ordres émanés de Paris ou d’Arras, célébra tour à tour les fêtes imposées à la nation, depuis celle de la fédération, jusqu’aux réjouissances organisées en l’honneur du premier consul, le 2 août 1802. Ces réjouissances furent le prélude de celles qui accueillirent Napoléon lorsqu’il visita Étaples le 29 juin 1803.

Reçu et harangué par le maire, Prévost Lebas, il sourit au langage emphatique de ce magistrat qui lui souhaitait « de venger l’Europe indignée des crimes d’un gouvernement perfide, en proclamant sur les débris de la tour de Londres l’éternelle liberté des mers et le repos du monde. »

Une rapide inspection de la baie d’Étaples révèle au génie militaire de Napoléon les avantages qu’il peut en retirer.

Après avoir choisi Boulogne comme centre principal des opérations militaires, il ordonne que cette baie soit mise en état de recevoir quatre cents navires de fond plat, destinés à embarquer l’aile droite des troupes, et qu’un camp de vingt-quatre mille hommes soit établi à Montreuil et aux environs sous les ordres du général Ney.

Six mois après, l’empereur se rendant à Boulogne s’arrêta encore à Étaples et descendit, le 1er janvier 1804, chez Monsieur Souquet-Marteaux ; il allait passer en revue les troupes qui devaient, il le croyait au moins, prochainement attaquer l’Angleterre jusque dans son propre sein et renouveler la merveilleuse expédition de Guillaume de Normandie.

Le passage de la grande armée donna à Etaples une importance momentanée que l’établissement d’une station sur le chemin de fer de Boulogne à Paris et la prochaine inauguration de la ligne d’Arras lui rendront certainement.

Baillage d’Etaples

Institué, en 1070, par Eustache II, comte de Boulogne, le bailliage d’Etaples prit une grande importance après la réunion des bailliages de Chocquel et de Bellefontaine vers 1478. La réformation des coutumes (1550) en fit une juridiction royale exercée par un lieutenant, au choix du roi, avec le titre de bailli dont les appels ressortissaient à la sénéchaussée de Boulogne. Les fonctions de bailli ont été exercées par la famille Baudelicque depuis 1614 jusqu’au 11 septembre 1790.

Une justice de paix remplaça alors l’antique organisation du bailliage.

Hommes célèbres d’Etaples

Avantage (Jean), né à Etaples, entra dans les ordres après avoir exercé la médecine. Nommé évêque d’Amiens au mois d’avril 1437, il mourut le 26 novembre 1456.

Caloin (Jean), se distingua par son dévouement à la cause royale pendant la ligue. Il seconda toujours le gouverneur de Boulogne, du Bernet, et périt, en même temps que lui, au siège du château d’Etaples; le 31 janvier 1591.

Estappes (Jehan d’), de la famille noble de ce nom, périt au combat de Marcq en 1405 (Monstrelet)

Dauphin d’Halinghem (Charles-François), né à Etaples le 22 août 1702, s’éleva à la plus haute magistrature de la province.

Il fut nommé le 9 mai 1749, président de la sénéchaussée du Boulonnais, reçut des lettres de noblesse en décembre 1757. et obtint enfin, en sa double qualité de président et de lieutenant-général, des lettres d’honneur, datées du 9 septembre 1761.

Lecomte (Bertin), savant professeur de langue hébraïque, qui obtint, en 1547, la chaire d’hébreu au collège royal fondé par François Ier.

Lecomte (Jean), ministre protestant, né en 1500 à Etaples, mort le 25 juillet 1572, à Granson. Disciple du savant Lefévre d’Etaples, il répandit les doctrines de la réforme dans le diocèse de Meaux ; les poursuites du parlement l’obligèrent à chercher un asile à la cour de Marguerite de Navarre. Après avoir été précepteur du fils de l’amiral Bonnivet, il passa en Suisse (1532) et acquit beaucoup de réputation par ses prédications.

Telle était l’ardeur de son zèle religieux qu’un jour, en prêchant à Granson, il interrompit son sermon pour aller renverser l’autel.

De 1558 à 1567, il occupa une chaire d’hébreu à l’académie de Lausanne.

On a de lui : Démégories du comte d’Etaples, sur les dimanches, les sacrements, les mariages, les trépassés. 1549.

Lefebvre (Jacques), né à Etaples en 1436, mourut âgé de 101 ans, laissant de nombreux ouvrages qui lui valurent d’être considéré comme le restaurateur des lettres en France. Scévole de Sainte-Marthe a écrit la vie de Jacques Lefebvre, le favori du roi François Ier et de Marguerite de Navarre ; son portrait est reproduit dans les ouvrages de Jean Bullart et de Théodore de Bèze.

Lefebvre (Nicolas). Dom Grenier fait naître à Etaples ce précepteur de Louis XIII, homme d’un profond savoir et d’une probité reconnue. Il est mort âgé de 78 ans, en novembre 1672.

Plusieurs savants parlent de lui avec éloge et Fr. Pithou le traite de vir doctissimus et nunquam satis laudatus.

Leroux (Gérard). Gerardus Rufus, que les écrivains du XVIè siècle nomment Roussel ou Rousseau, fut pourvu de l’évêché d’Oléron par la reine Marguerite de Navarre, en 1450.

Obert (Antoine-Marc), né le 2 avril 1774, s’engagea à peine âgé de quinze ans, dans le régiment étranger de Berwlck, parcourut rapidement la carrière militaire et devint général de brigade (1813) à la suite de l’affaire de Gotbey où il s’était distingué sous les yeux de l’empereur. Il commanda l’école de Saint-Cyr sous la restauration et fut nommé lieutenant-général pendant la guerre d’Espagne ; il mourut le 9 décembre 1830.

Ohier, (Oudart), mayeur d’Etaples à l’époque des troubles de 1662, alla solliciter du roi le maintien des privilèges du Boulonnais et réussit pleinement dans sa mission.

Rocquigny (Adrien de), vivant au début du XVIIè siècle, est l’auteur d’un volume rarissime intitulé : « la muse chréstienne du sieur Adrien de Rocquigny, revue, embellie et augmentée d’une seconde partie par l’auteur, in-4°, 1634.

Souquet (Gustave), né le 27 avril 1805, peut-être surnommé l’historien d’Etaples. Il consacra à l’étude des annales du pays le temps qu’il dérobait aux fonctions publiques dont il s’acquitta toujours avec distinction, et publia une série de brochures, fruit de longues et consciencieuses recherches, concernant l’histoire de sa ville natale.

Wiart (Robert), né le 17 avril 1838, entra dans la congrégation des Bénédictins de Saint-Maur et il fut à la hauteur de cet ordre savant. Le nom de Wiart est souvent altéré : c’est tantôt Guiart , tantôt Huyart, comme dans le manuscrit de Léperon. Dom Tassin donne la liste de ses ouvrages parmi lesquels nous citerons les histoires des abbayes de Saint-Josse-sur-Mer, de Samer, de Saint-Valéry et de Breteuil.

Eglises d’Etaples

Le Saint Sacrement. Cette église, démolie en 1634, s’élevait sur la place du marché.

Notre Dame de Foi. Aussi nommée Sainte-Marie-du-Kroquèt, à cause de sa situation, au Nord de la ville, près de la fortification des Cronquelets. Elle a été réunie à la paroisse Saint-Michel, en 1714, et supprimée à la Révolution.

Saint Michel. D’après l’inscription latine gravée sur le premier pilier de gauche de la nef, l’église Saint-Michel, actuellement la seule paroisse de la ville, aurait été construite, au début du XIè siècle, par des ouvriers anglais. Elle est surmontée d’une tour octogone qui s’élève sur les quatre piliers placés au centre de la nef. Le chœur a été rebâti, en 1701, par les religieux de Saint- Josse-sur-Mer et garni de stalles. Le maitre-autel, qui fut également sculpté à leurs frais, est un chef-d’œuvre de l’art corynthien.

Quatre confréries existaient dans l’église Saint-Michel, savoir :

Celle de Saint-Jean-Baptiste.

Celle de Saint Hubert, instituée en 1500.

Celle du Saint-Sacrement, instituée en 1568.

Celle de Saint-Pierre, instituée en 1669.

M. Souquet (hist. etiescript. des églises d’Etaples) a donné la nomenclature des curés d’Etaples depuis 1575 jusqu’à nos jours.

Hameaux

Fromessent. On voit encore sur la route d’Etaples à Lefaux, les ruines du château de Fromessent, dont l’origine remonte aux temps les plus reculés. Ducange pense que sur l’une des tours de ce château, brûlait, au IXè siècle, un fanal servant à diriger les navires qui abordaient au port d’Etaples. Les sires de Fromessent, vraisemblablement issus des comtes de Ponthieu, sont connus depuis Renaud frère ou beau-frère de Gaultier de Montreuil-Maintenay, bienfaiteur de la maladrerie du Val de Montreuil en 1207. L’un d’eux, Lancelot, périt à Azincourt. Un autre, Etienne, était, au XVè siècle, le chef du parti Bourguignon en Ponthieu. Leur postérité s’éteignit par le trépas sans enfants de messires Jean et David de Fromessent, dont la sœur, Bonne, dame de ce lieu, épousa Jean de Crésecques. De cette alliance naquit Jeanne de Crésecques, qui porta la terre de Fromessent à son mari Jean de Croy, 1450. (Crén. de Groy.)

Leurs descendants, les Croy, comtes de Roeux, la possédaient encore en 1597 ; et comme ils servaient alors dans les armées espagnoles, le roi Henri IV, la confisqua au profit de Bertrand Patras de Gampaigno ; mais elle leur fut rendue peu de temps après et Gérard de Croy, la vendit à messire Louis de Guizelin (1630). Marie-Anne-Charlotte de Guizelin ayant épousé messire Jean- Baptiste de Chinot, chevalier, seigneur de Chailly, leurs descendants ont été seigneurs et vicomtes de Fromessent. Ils jouissaient en cette qualité de privilèges importants : Ils percevaient un écu sur chaque vaisseau entrant dans le port d’Etaples, et le plus beau poisson de chaque pêche leur appartenait; ils étaient, de plus, hauts justiciers de l’église et avaient droit à une stalle dans le chœur.

Scotté de Velinghem raconte que Louis du Tertre d’Ecœuffen, lieutenant-général de la sénéchaussée du Boulonnais, se retira dans le château de Fromessent après la prise de Boulogne par les Anglais en 1544 et qu’il s’y défendit vigoureusement. Ce château étant devenu la proie des flammes en 1660, beaucoup de titres précieux furent anéantis ; on conserve cependant, au château d’Hourecq, l’aveu servi le 6 septembre 1390 par Jehan de Fromessent au comte de Boulogne, pour la seigneurie de Fromessent qui lui attribuait la vicomte dans la ville d’Etaples et le droit de prendre trois marées chaque année sur les bateaux pêcheurs. 80 tenanciers en relevaient.

Une des divisions de la grande armée campa, en 1804, sur les hauteurs de Fromessent ; elle comprenait le 44°, le 50% le 63 e de ligne ; le 25° régiment d’infanterie légère et une division de gendarmerie.

La Folie.

Hilbert. Fief noble, tenu du roi à cause de son château d’Etaples, possédé par les familles d’Aigneville, de Rocquigny, de Conteval, de Cossette, du Blaisel.

La maladrerie d’Etaples se trouvait près d’Hilbert ; les Anglais la détruisirent en 1544 et il ne parait pas qu’elle ait été rétablie ; une ordonnance de 1693 en réunit les biens à l’hôpital de Boulogne (Note de M. Henneguier).

Le Puits-d’Amour.

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