Etrée-Wamin

Etrées et Wamin sont deux localités réunies. Où l’une finit l’autre commence. Elles forment une seule commune et une seule paroisse.

Description

Etrées et Wamin sont deux localités réunies. Où l’une finit l’autre commence. Elles forment une seule commune et une seule paroisse.

La voie romaine de Thièvres (Teucera) à Saint-Pol traversait Etrée dont le cimetière de l’époque a été retrouvé à l’Est, vers Berlencourt-Cauroy. On y a mis au jour des poteries et bon nombre de monnaies de Posthume et d’autres empereurs du IIIè siècle et une tombe calcaire à auge.

L’abbaye de Saint-Vaast fut mise en possession du domaine d’Etrée par différentes bulles Pontificales d’Alexandre III en 1174 et 1177 de Célestin III en 1191 et de Benoît IX en 1305. Elle avait en outre ses dépendances avec toute juridiction. (Harbaville.)

« L’abbé Raymond de concert avec le comte de Saint-Pol accorda une charte de commune aux habitants de la villa d’Estrée au mois de mars 1201. Messire abbé s’y fait la part du lion, et il est assez difficile d’apprécier ce que les nouveaux bourgeois ont pu gagner à l’octroi de ces franchises dérisoires. En effet les échevins sont nommés par l’abbé sous la condition de jurer le maintien des droits de l’église. Ils peuvent être révoqués par lui et remplacés. Ils sont convoqués par son délégué pour juger les litiges des habitants selon la loi de Saint-Pol.

Les hommes d’Estrée doivent assister le comte de Saint-Pol dans ses guerres. L’abbé doit donner une demi mesure de manoir à tous ceux qui viendront habiter la ville. L’abbaye se réserve la propriété de l’église, de sa manse, de ses viviers et moulin banal ainsi que les droits de fournage, hostage, forage, Cambage (droit sur les brasseries) étalage, tonlieux, travers, le treizième denier des biens vendus et ses redevances sur les terres et manoirs. Le cens dû au comte pour les jardins est aussi réservé.

Enfin les propriétés domaniales du chevalier Gérald, d’Estrées lui sont conservées libres de redevances (Harbaville. Mém. Hist.)

Outre d’Estrées Gérald, le seigneur Oston sire de Hovin, Hugues seigneur de Waverans et Gérard de Monchel furent avec d’autres personnages les signataires de cette charte (ibid.)

La maison d’Ambrine posséda plus tard la seigneurie. Antoine seigneur d’Ambrine et de Wamin fut tué à la bataille d’Azincourt. Sa fille unique la porta en mariage à Bauduin sire de Gosson (Dom. Lopez.)

En 1710 M. D’herles, écuyer président au- présidial d’Amiens était seigneur de Wamin.

L’abbaye de Saint-Vaast qui eut toujours en sa possession Etrée-Wamin y percevait en argent un revenu de 3628 liv. 8 sols (MM. de Cardevacque et Terninck. Histoire de l’abbaïe de Saint-Vaast). Elle avait la collation de la cure.

L’église d’Etrée a été reconstruite en 1756. Celle de Wamin date aussi du dernier siècle avec un chœur qui présente l’architecture du xXVIè siècle ; une fenêtre absidale avec six autres grandes fenêtres latérales garnies de meneaux, une voûte en pierres à nervures prismatiques retombant sur des culs de lampe ornés de sculptures fines et variées.

L’église d’Étrée est sous le vocable de saint Martin, celle de Wamin sous celui de saint Vaast.

Un fief important, celui de Mardinchon fait partie du village de Wamin. Au siècle dernier il était tenu en coterie du prince d’Horne. Il parait que plus anciennement encore, le possesseur de ce fief avait perdu au jeu ses vastes domaines. Il quittait la table maudite, quand son valet lui dit bien haut : « Monseigneur oublie qu’il lui reste son domaine et sa forêt de Mardinchon. »

Ses amis le rappellent on joue son dernier enjeu. O surprise! le seigneur de Mardinchon gagne et regagne non seulement ses terres, ses châteaux, son or, mais il dépouille à son tour ses nobles compagnons, jure de fuir le tapis vert et enrichit son malicieux serviteur.

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