Hauteville

De quelque côté qu’on s’achemine vers ce riant village, on y arrive par une douce montée, ce qui donne de suite une idée de son élévation et de l’air pur et vif qu’on y respire. Hauteville, est en effet un lieu élevé et peut être le plus élevé de la contrée.

Description

De quelque côté qu’on s’achemine vers ce riant village, on y arrive par une douce montée, ce qui donne de suite une idée de son élévation et de l’air pur et vif qu’on y respire. Hauteville, est en effet un lieu élevé et peut être le plus élevé de la contrée.

C’est à cette position qu’il doit son nom, « alta villa, » nom qui remonte à l’occupation romaine. Quelques bouquets de futaie lui font une ceinture boisée qui ne manque pas d’agréments.

Son sol léger est remarquable par sa fertilité; le courage et les soins intelligents des habitants en doublent la fécondité.

Les constructions modernes y frappent agréablement la vue.

Quelques rues larges et bien percées le sillonnent. Sa place est ornée d’une coquette maison d’école flanquée à quelque pas d’une église mignonne qu’enroule son étroit cimetière. De l’autre côté se remarquent les vastes constructions du pensionnat des Dames de la Compassion où sont élevées plus de cent jeunes filles venues de toutes parts dans cet asile de sévères études et de douce piété.

L’opulence y a aussi son pied à terre. Un gracieux château y étale son élégante magnificence. Adossé à la principale rue, il présente sa face méridionale à de vastes jardins bien plantés et à une longue et large avenue de tilleuls séculaires qui étendent de chaque côté leurs robustes rameaux et vont se perdre dans l’épaisseur d’un bois fortement ombragé.

Plusieurs routes traversent ce village, et de quelque côté qu’on les suive, on est frappé de leur gracieuse direction: Tantôt rectilignes, tantôt obéissait aux courbes les .mieux dessinées, elles sont comme les allées d’un vaste parc tracées de mains de maître…

Au XIIè siècle, Hauteville était un hameau de Lattre. Il possédait une petite chapelle assez fréquentée comme pèlerinage à saint Christophe.

Le sire Jehan de Hauteville est inscrit comme créancier du comte d’Artois, dans une déclaration de dettes de ce prince, du 1er juillet 1274. Un de ses successeurs, du même nom fut tué à la bataille d’Azincourt. (Harbaville, Godefroy, invent, chron., tom. I).

Vers 1340, les seigneurs de Fosseux était possesseurs d’Hauteville. Son châtelain était Jean de Fosseux, deuxième du nom, fils de François Ier, gouverneur d’Artois. Jean III de Fosseux,

puis Jean IV lui succédèrent. Jeanne de Fosseux, fille ainée de ce dernier, porta ce domaine en mariage à Jean de Montmorency. Pendant six générations, la seigneurie d’Hauteville resta dans cette noble maison.

Christophe d’Assonleville, conseiller au conseil de Malines, Baron de Boucault, qui était de la cour et du conseil des archiducs et vivait à la fin du xXVIè siècle, était seigneur d’Hauteville par succession de sa mère (une Montmorency). Il érigea la cure d’Hauteville avec l’assentiment de l’évêque d’Arras, Mathieu Moulard, en l585, sous le vocable de saint Christophe. Sa fille Marguerite, fut alliée à Jérôme Gaspard de France, petit-fils de Jérôme, acquéreur de la terre de Noyelle-Vion.

La seigneurie d’Hauteville resta dans la maison de France jusqu’en l’année 1724, que Charles-Louis de Thieulaine, écuyer, seigneur de Neuville, conseiller au conseil d’Artois l’acheta à Guillaume-Alexandre de-France, moyennant 75,000 livres. Ses descendants l’ont toujours possédée jusqu’au décès de Madame

de Thieulaine, fille du général de Saint-Paul, morte il y a peu d’années, dans son antique.manoir.

M. Harbaville nous à conservé les émouvants détails de la délivrance du dernier Thieulaine, au moment de porter sa tête sur les échafauds de la Terreur.

M. Jennequin, longtemps curé d’Hauteville fonda, en 1825, le pensionnat de demoiselles qui parvint, entre ses mains, à une popularité dont on voit peu d’exemples, et qu’il céda, accablé d’ans, à la communauté de la compassion de Saint-Denis.

Les incendies de .1874, ont valu à Hauteville une regrettable célébrité.

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