Hermaville

L’origine de ce village remonte à la plus haute antiquité. Son nom est composé de deux mots : l’un grec, kermès, Mercure; l’autre, villa, campagne ; c’est-à-dire campagne de Mercure.

Description

L’origine de ce village remonte à la plus haute antiquité. Son nom est composé de deux mots : l’un grec, kermès, Mercure; l’autre, villa, campagne ; c’est-à-dire campagne de Mercure. On présume qu’avant l’établissement du christianisme dans nos contrées, Hermaville était un lieu consacré à cette divinité du paganisme. On prétend même, que l’hermopolis dont font mention plusieurs auteurs latins, est le castrum d’Hermaville, qui aurait d’ailleurs été assiégé par César.

L’évêque Lambert accorda, en 1099, à l’abbaye d’Etrun, l’autel d’Hamartvilla, à la prière de l’abbesse Fulgence.

Un sceau de Colard Payen de Habareq de 1448, nous apprend que le 2 avril de cette année, Robert de Miraumont fut mis en possession de terres à Hermaville (Demay, sceaux de Flandre et d’Artois).

Au XVè siècle, la terre d’Hermaville appartenait à Philippe de Longueval, seigneur de Cramailles et d’Haraucourt. Un de ses descendants la vendit à la fin du XVIè à Marie de Lens, veuve de Charles d’Egmont. Comme elle n’avait pu rembourser l’argent qu’elle avait emprunté pour acheter cette seigneurie, les créanciers la firent vendre par décret sur Procope d’Egmont, son fils ainsi que la terre de Duisans qu’elle avait acquise en même temps. De Roiwroy, bourgeois d’Arras, père de la fondatrice du bâtiment de la pauvreté de cette ville, se fit adjuger ces deux terres. Le comte d’Egmont chercha à les retirer de ses mains, et les fit retraire en son nom par Antoine Dubois, qui devint conseiller au conseil d’Artois; certaines conditions n’ayant pas été remplies de la part du comte, ces domaines restèrent à Dubois, et ses enfants en devinrent propriétaire à sa mort.

La terre et seigneurie d’Hermaville valait 2,000 livres de rente en 1730. Elle relevait de celle d’Aubigny; un droit de terrage sur 1200 mesures de terre dont 300 appartenaient au seigneur d’Aubigny, y était attaché.

Le château d’Hermaville était un des plus anciens du pays.

Flanqué de tours et ceint de fossés profonds, mais à sec, il résista à plusieurs attaques. Pendant le siège d’Arras de 1640, les Espagnols s’y retranchèrent et dans leurs sorties, ils harcelaient les Français. Ceux-ci maîtres des environs de la ville d’Arras, firent raser le château, sur les fondations duquel on bâtit une ferme seigneuriale.

Entre autre fiefs situés à Hermaville, nous signalerons la seigneurie d’Hénu. On voyait encore en 1774, dans la rue de Tilloy, les restes d’une vieille maison qui dut servir autrefois d’habitation à quelque gentilhomme. Ce manoir avait appartenu, en 1541, à Jean Clément, et était resté par succession à Barbe des Wastines, épouse de Galametz, écuier, seigneur du Cauroy, qni vivait en 1575. Il est vraisemblable que c’est lui qui fit bâtir ce corps-de-logis, puisque ce sont ses armoiries et celles de sa femme qu’on voyait sur la porte. En 1634, cette maison seigneuriale fut vendue avec le terrain à Jean Hannard, bourgeois et marchand à Arras qui la céda en 1680 à Jean Lefebvre, fermier à Hermaville.

Le village était divisé en deux parties distinctes : le bailliage qui dépendait de la gouvernance d’Arras, et l’échevinage.

Le château actuel a été construit en 1775 par M. Maurice Quarré de Beaurepaire.

L’ancienne église d’Hermaville avait trois nefs. Anne Joseph Dellano de Velasco, épouse en premières noces de Louis François Dubois de Hoves., de Lassus, etc. seigneur d’Hermaville et fils puiné de l’acquéreur de cette terre, morte à Arras le 25 juillet 1732, fut inhumée dans le chœur : son épitaphe était en marbre blanc, enchâssée dans la muraille, du côté de l’évangile.

Il y avait à Hermaville un bénéfice ou chapelle chargée de deux messes par semaine. Elle était à la collation de l’abbesse d’Etrun et valait 100 francs en 1731. Le fils d’Ambroise Palisot d’Incourt, Ier président-du conseil d’Artois, en fut pourvu par Marie Madeleine de Champigny, abbesse d’Etrun en 1728. Le seigneur d’Hermaville prétendit que ce bénéfice était une chapelle castrale fondée pour la commodité de sa maison. Antoine Dubois voulut obliger le titulaire de résider ou de commettre un prêtre pour acquitter les messes dans l’église paroissiale. La chapelle ayant été supprimée, l’affaire resta sans résultat (P.. Ignace, dict. t. III, p. 369).

L’église actuelle, construite en 1782, a été vendue nationalement et rendue au culte après la révolution. Le clocher date de 1659. La tour surmontée d’une flèche également en pierre, de forme hexagone et élégamment dentelée aux angles, est très élevée. Cet édifice présente une singularité assez originale qui a été signalée en 1856 par M. le chanoine Van Drivai. C’est un moulin à bras à moudre blé, installé au beau milieu du clocher ; les meules portent les marques d’un long service. La cage en chêne est un ouvrage de charpente dans le genre du dernier siècle; elle paraît aussi avoir longtemps servi.

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