Hesdin

L’histoire de la ville d’Hesdin n’est plus à faire; MM. Mondelot Vincent et M. l’abbé Fromentin l’ont traitée avec talent.

Description

L’histoire de la ville d’Hesdin n’est plus à faire; MM. Mondelot Vincent et M. l’abbé Fromentin l’ont traitée avec talent. Nous nous bornerons à résumer les travaux de ces laborieux écrivains, en les complétant par les documents que M. Glovis Normand a bien voulu nous communiquer.

La ruine du Vieil-Hesdin, ordonnée par Charles-Quint, laissait la frontière d’Artois désarmée devant les attaques incessantes des garnisons françaises de Montreuil et d’Abbeville ; c’est pourquoi l’empereur ordonna de fonder une ville nouvelle sur l’emplacement du Maisnil, petit village situé au confluent de la Canche et de la Ternoise.

Philibert-Emmanuel de Savoie, chargé de tracer l’enceinte des fortifications, s’aida des conseils de Sébastien d’Oia et de son fils, architectes fameux, et il activa tellement les travaux que l’automne de l’année 1554 vit achever les cinq bastions destinés à défendre la place d’Hesdinfert.

A l’Est, elle était protégée par la dérivation de la Canche qui suivait alors le périmètre occupé depuis par le chemin couvert des glacis. Le sixième bastion, celui du marquis, ne fut achevé qu’en 1593.

Le duc, pour s’attribuer l’honneur de la nouvelle fondation, ajoutait au nom de la ville les lettres symboliques de la maison de Savoie. La syllabe fert est composée des premières lettres de la devise : « Fortitudo ejus Rliodum tenuit », qui rappelait la valeur des ancêtres de Philibert-Emmanuel au siège de Rhodes.

Philippe II donna des statuts destinés à maintenir « bonne justice et police ».

La charte qu’il octroya en mars 1562, comprend 23 articles, qui garantissaient aux habitants les privilèges dont jouissaient ceux du Vieil-Hesdin. Un mayeur et sept échevins, renouvelés ou continués chaque année par le gouverneur, administreront la cité et rendront la justice sous l’autorité du bailliage ; ils s’assembleront dans le palais que la reine de Hongrie a jadis construit au Maisnil.

L’empereur exige que les maisons soient bâties sur-le-champ et alignées d’après certains règlements, dont on ne peut s’affranchir sous peine de confiscation ; il ne veut plus de terrains vagues dans l’intérieur de la place ; puis, afin de « rendre ses sujets tant plus prompts et volontaires à chercher demeure et résidence en sa dicte ville», il les affranchit des impôts pendant vingt années.

Il autorise, outre les -marchés hebdomadaires, la création de douze francs marchés et de deux grandes foires ; il s’engage à rendre l’accès de la ville moins difficile, surtout en hiver; il promet l’établissement d’un hospice etc., etc….

Beaucoup de familles des environs vinrent se fixer à Hesdin, attirées par ces nombreux avantages, et plus encore peut-être par le site agréable de la ville. Au. témoignage d’un auteur contemporain, les jardins et les riantes prairies, les chemins plantés d’ormeaux et les cours d’eau dont elle était environnée, en faisaient un séjour délicieux.

Le 7 mai 1563, le premier gouverneur, Antoine de Helfaut, installa l’échevinage, et deux ans après il posa solennellement la première pierre de l’église paroissiale. Messire Bernard de Bryas, comte de Royon, successeur du marquis de Roubaix et troisième gouverneur, assista, le 25 août 1585, à la bénédiction de cet édifice par l’évêque de Saint-Omer, monseigneur Jean Six.

Les guerres qui ont signalé le règne de Philippe II et dont le théâtre s’éloignait parfois de l’Artois, ne laissèrent pas d’exercer une influence considérable sur les destinées de la ville d’Hesdinfert, que ce prince fit augmenter et dont il compléta les fortifications en 1593.

Philippe mourut à Madrid, le 13 septembre 1598.

Sa mort entraînait la ruine de cette grande monarchie espagnole à laquelle il n’avait pu assurer la domination universelle, malgré ses innombrables armées et tout l’or du Nouveau-Monde.

Après lui, la princesse Isabelle-Claire-Eugénie, épouse de l’archiduc Albert d’Autriche, gouverna les Pays-Bas. Personne n’ignore que le règne des archiducs (1598-1621) fut une époque de grande prospérité, pendant laquelle les gouverneurs Antoine de la Cocquelle et Eustache de Gruson ne négligèrent rien de ce qui pouvait embellir la ville d’Hesdin ou améliorer le sort des habitants.

Ils encouragèrent la fondation d’un couvent de Récollets et favorisèrent l’établissement des Jésuites. Leur administration fit aimer le souverain, et lorsque l’Artois retourna à l’Espagne, à la mort de l’Archiduc, le 13 juillet 1621, l’empereur Philippe IV put croire que sa domination s’exercerait longtemps encore sur cette riche province.

Nous voici arrivés à l’époque mémorable où la politique du cardinal de Richelieu engage la longue lutte qui doit aboutir au traité des Pyrénées et rétablir l’équilibre européen en abaissant la Maison d’Autriche. L’importance d’Hesdin ne peut lui échapper.

Le grand-maître de l’artillerie, M. .de la Meilleraye, vient l’investir, le 19 mai 1639, avec vingt-cinq mille hommes de pied, sept mille chevaux et trente pièces de canon. Le comte de Hanapes y commandait en qualité de gouverneur. •

Les tranchées, commencées le jour même, furent poussées activement, et dès le 25 trois batteries ouvraient un feu incessant, auquel l’artillerie de la place répondait presque sans interruption.

Le chevalier de Ville a publié le récit exact et détaillé des opérations du siège. On y trouve jour par jour le bulletin des hostilités, avec la description du camp et le plan des lignes d’attaque.

Il nous fait assister aux différentes phases de ce siège, resté justement célèbre dans nos annales militaires.

La lutte était véritablement acharnée. De part et d’autre on attachait un grand prix à la possession du boulevard de l’Artois, et si l’attaque se montrait héroïque, la défense ne lui cédait en rien.

« Le canon tiroit sans intermission, les grenades voloient sans cesse, les feux d’artifice éclairoient la campagne et rendoient la nuit plus claire que le jour ».

Les régiments de Champagne et de Piémont se couvrirent de gloire et les sorties de l’ennemi demeurèrent impuissantes.

Enfin, le 29 juin, après quatre jours de pluies torrentielles et de tempêtes qui n’avaient pas ralenti les travaux des mines et des tranchées, la Meilleraye se disposait à tenter un assaut général, sous les yeux du roi, lorsque le comte de Hanapes envoya un tambour pour demander que l’on cessât le feu. Il manquait absolument de poudre et il offrait de se rendre. Le roi, parti de Montreuil le jour même, arriva au camp fort à propos pour régler les articles de la capitulation, dont voici les principales dispositions :

« Les gens de guerre sortiront avec armes et bagages, tambour battant, enseignes déployées, le lendemain matin, 30 juin, à une heure précise, et seront conduits en toute sûreté par des compagnies françaises jusqu’à Béthune, par le plus court chemin, en un ou deux jours. Les malades et les blessés qui seront transportables, seront conduits sur des chariots ; les autres seront soignés jusqu’à entière guérison.

Les abbés d’Auchy-les-Moines, de Dommartin, de Saint- André-au-Bois, de Blangy, de Ruisseauville, tous réfugiés à Hesdin avec le prieur de Saint-Georges, seront’ maintenus dans la jouissance de leurs biens, de leurs abbayes et prieurés, avec tous les privilèges, franchises et exemptions dont ils ont toujours joui, de même que les couvents des Récollets et ceux des religieuses.

Les curés des villages voisins pourront retourner librement en leurs maisons, sans crainte d’être inquiétés, et leurs meubles et immeubles seront pleinement sauvegardés.

Tous ceux qui resteront dans la ville d’Hesdin prêteront serment de fidélité au roi de France.

Les officiers du bailliage continueront d’administrer la justice jusqu’à ce qu’il soit pourvu à leur remplacement.

Tous ceux qui voudront quitter la ville, seront libres de le faire et auront deux mois pour disposer de leurs biens par vente ou autrement.

S’il se trouve dans la ville quelque Français qui ait porté les armes contre son roi, le gouverneur s’engage à le dénoncer, comme aussi à faire connaître les mines pratiquées sous la ville ou dans les fortifications, et à livrer les armes et les munitions de guerre, ainsi que les archives du bailliage. »

Le 20 juin, le défilé des Impériaux commença à l’heure indiquée. Le comte de Hanapes, vieillard de quatre-vingts ans, qui souffrait encore d’une blessure causée par un éclat de bombe, se faisait porter en litière. Arrivé devant le roi, il le salua très-respectueusement, et lui dit qu’il s’estimait heureux de remettre les clefs de la ville à un si grand monarque.

« Monsieur, lui répondit Louis XIII, vous avez si bien défendu Hesdin, que le roi votre maître doit être content de vous. »

La prise d’Hesdin était un grand événement, dont le roi se montra fort joyeux. Il y entra par la brèche et remit le bâton de maréchal à la Meilleraye, en le félicitant publiquement de ce brillant succès ; puis on se rendit à l’église pour le chant du Te Deuni,et le roi retourna à Montreuil, laissant le gouvernement de sa conquête au marquis.de Bellebrune, homme affable qui mérita l’estime de tous, et dont le neveu, M. de la Rivière, remplissait les fonctions de major. [Nous verrons comment l’ambition et les mauvais conseils d’un officier subalterne valurent à la Rivière une triste célébrité.

Bellebrune étant mort à Paris le 16 février 1658. Mazarin donna le gouvernement de la place au comte de Moret. Le capitaine Balthazar de Fargues, qui était accouru pour solliciter cet emploi au profit de M. de la Rivière, son beau frère, ne dissimula point son dépit et quitta Paris la rage dans le cœur, jurant que tôt ou tard il s’emparerait du poste qu’il n’avait pu obtenir en faveur de son parent.

Il revint donc à Hesdin, bien résolu à lever l’étendard de la révolte. Il entraîna facilement la Rivière, et tous deux, forts de l’appui du maréchal d’Hocquincourt, prirent les mesures les plus énergiques afin d’assurer le succès de leur coupable entreprise. Ils promettent honneurs et fortune aux officiers qui acceptent leurs vues ambitieuses ; ils éloignent les autres sous de vains prétextes, et gagnent les troupes de la garnison par une augmentation de salaire.

Le prince de Condé, récemment passé au service de l’Espagne, encourage cette odieuse trahison, et quand le comte de Moret se présente pour prendre possession de son gouvernement, Fargues lui refuse l’entrée de la ville, et menace de faire feu s’il ose approcher des murailles.

Alors les fortifications sont mises en état de défense ; le mayeur Séguin est jeté dans les fers ; les Jésuites et toutes les personnes suspectes sont expulsés ; la retraite des bourgeois est sonnée à trois heures en hiver, à cinq heures en été.

Nous n’en finirions pas s’il nous fallait énumérer les mesures de rigueur édictées par les traîtres, qui allèrent jusqu’à transférer le marché au dehors de la ville pour empêcher les soldats du roi d’y pénétrer à la faveur de déguisements. La potence était dressée en permanence, et les moindres infractions à la discipline se pu­ nissaient de mort.

Fargues négociait en même temps avec l’Espagne, et s’engageait à livrer Hesdin au prince de Gondé. Une armée de sept à huit mille hommes, commandée par le comte de Boutteville, les sires de Persan, de Mailly, de Guitaut et autres officiers qui suivaient la fortune du vainqueur de Rocroy, vint camper au village d’Huby-Saint-Leu, entre les deux bras de la Canche.

La droite s’étendait jusqu’au moulin de Marconnelle. Mais, dans la crainte de compromettre l’indépendance absolue qu’ils entendaient conserver, les dictateurs hesdinois tinrent les portes constamment fermées, et ne permirent l’entrée de la ville qu’à un très petit nombre de soldats.

Le 19 mai 1658, ils se crurent perdus.

Louis XIV, suivi d’une nombreuse armée, accompagné de la cour et du cardinal Mazarin, quitta Montreuil de bon matin et fit halte à Saint-André. Tandis qu’il s’y repose, beaucoup de paysans viennent à passer avec des bêches. Le souverain leur demande où ils se rendent :

« Nous allons, répondent-ils, travailler aux ouvrages du roi. »

Celui-ci de sourire.

On croyait effectivement au siège d’Hesdin, et Fargues activait les préparatifs de la défense ; mais le roi, qui prévoyait une longue résistance et qui avait hâte d’attaquer Dunkerque, se contenta de passer sous le feu de la place. Une décharge d’artillerie faillit atteindre son carrosse.

Le lendemain, Louis XIV s’éloignait dans la direction de Saint-Orner et Fargues, enhardi, recommençait ses courses et ses déprédations. Il s’empare de la forteresse de Boufflers et ordonne la démolition des châteaux de Fressin, de Rollencourt, de Beaurain, de Montcavrel, de Labroye. La Tour du Vieil-Hesdîn, les clochers de Fillièvres, de Saint-Georges, de Sains-les-Fressin, subissent le même sort. Si celui de Saint-André, plusieurs fois menacé, est finalement épargné, c’est grâce aux lourdes contributions que l’abbaye s’engage à payer.

Bientôt l’audace des rebelles ne connaît plus de bornes : ils s’attaquent aux villes du voisinage et occupent, presque sans coup férir, celle de Saint-Pol. Moins heureux dans leurs expéditions par de là l’Authie, ils échouent devant Abbeville et ne parviennent pas à triompher de la résistance des habitants de Saint- Valery.

Enivré par la réussite vraiment inespérée de ses plans, Fargues ne se hâta pas de livrer aux Espagnols la place dont il avait déjà reçu le prix.

Toutefois, l’astucieux gouverneur n’eut garde de rompre complètement avec Condé, et il sut se ménager, dans le traité des Pyrénées, une clause qui accordait une amnistie en faveur des révoltés d’Hesdin ; aussi, lorsque l’intendant d’Ormesson eut fait son entrée solennelle dans cette place, le samedi 4 mars 1660, Fargues et ses complices se retirèrent-ils où bon leur sembla.

La remise d’Hesdin aux mains du roi de France, fut pour les villes et les campagnes du voisinage le signal de réjouissances publiques où éclata l’allégresse la plus vive. A Amiens, des feux de joie accueillirent la bonne nouvelle d’une paix tant désirée.

Abbeville, qui avait été trois fois l’objet des attaques de Fargues, organisa de bruyantes démonstrations dont Loret nous a laissé le récit :

Hesdin, place dont les remparts,

Pourraient étonner les Cézars,

Et tout-à-fait bien située,

Fut, mercredy, restituée

Avec canons et magazins,

Dont joyeux furent les voizins,

Soit village, bourgade ou ville,

Et surtout celle d’Àbbeville

Qui se mit tellement en frais

Au temps qu’on publia la paix,

Que jamais, le peuple ridelle

De cette ville, bonne et belle,

Dans le jour le plus éclatant,

Nen a fait la moitié dautant,

En festins et réjouissances,

Musiques, carillons et dances

etc

Le maréchal de Créqui reçut le gouvernement de la ville (1660). Il l’exerçait encore quand Balthazar de Fargues-paya ses prodigieux forfaits du dernier supplice. Le roi ne pouvait atteindre le révolté ; la paix des Pyrénées désarmait sa justice : mais il poursuivit l’intendant et lui demanda compte des « crimes de péculat, larcins, faussetés, abus et malversations qu’il avait commis dans la fourniture des pains de munition à la garnison d’Hesdin et aux troupes de passage. »

Reconnu coupable par les juges du présidial d’Abbeville, cet homme, naguère si puissant, fut pendu comme le dernier des misérables sur la place Saint-Pierre, dans la nuit du 27 mars 1665.

La relation manuscrite citée par M. Fromentin indique la date du 17 mars : c’est évidemment une erreur, puisque l’arrêt précise le 27 et que cette date figure dans les lettres de Gui Patin et dans le journal de d’Ormesson.

La paix de Nimègue ayant définitivement réuni l’Artois à la couronne (1679), l’histoire militaire d’Hesdin est terminée, et le rôle des gouverneurs devient désormais très-secondaire. Ces gouverneurs ont été, après le maréchal de Gréqui : MM. de Villeman, Charles de Calonne, marquis de Courtebourne, 1687; de la Motte du Tronquoy, 1695; Louis de Cardevacque, marquis d’Havrincourt, 1710.

Ce dernier transmit la charge à son fils, et son petit-fils l’occupa ensuite ; mais aucun fait important ne signala leur administration.

La peste qui sévit cruellement en 1717 est le seul événement à noter jusqu’à là rupture qui éclata, le 15 août 1752, entre le chapitre de Saint-Martin et le clergé paroissial. L’église Notre-Dame leur était commune : le chœur était cependant affecté aux chanoines, qui osèrent en refuser l’entrée aux magistrats municipaux le jour de la procession du vœu de Louis XIII.

L’affaire eut un’ grand retentissement, et un Hesdinois, que l’on croit être M. Prévôt de Gourguechon, s’inspirant du lutrin de Boileau, composa un opuscule intitulé : « La chapitromachie, poëme héroïcomique ou les démêlés du chapitre d’Hesdin avec le magistrat de la même ville dédié à Guillaumette, très-digne bedeau de ce chapitre. »

Les fréquentes inondations de la Canche et de la Ternoise préoccupaient depuis longtemps les États de la province. La com­ mission chargée d’y remédier proposa la canalisation de la Canche qui devait relier Hesdin à la mer par Montreuil et lui donner une importance considérable (1765). Alors parurent plusieurs mémoires concluant à l’utilité de ce projet. On rétablissait les bassins de Brimeux, de Beaurainville et de Marenla et on en creusait cinq nouveaux. La canalisation, depuis les confins de l’Artois jusque sous les murs d’Hesdin, devait coûter 190,689 livres.

La réparation des anciens bassins était évaluée à 33,125 livres, et l’établissement des nouveaux, à 16,632 livres.

Les avantages de cette entreprise, à laquelle l’épuisement des finances ne permit pas de donner suite, paraissaient incontestables ; mais l’établissement de la route de Montreuil à Hesdin la fit définitivement abandonner en 1769.

A l’époque où les privilèges dont la province d’Artois se montrait si jalouse furent impitoyablement sacrifiés pour faire place à la nouvelle organisation imposée par les lois du 22 décembre 1789 et du 8 janvier 1790, le bailliage d’Hesdin se composait d’un bailli héréditaire, d’un lieutenant-général civil et criminel, d’un procureur du roi, d’un avocat et de huit juges.

L’état-major de la place comprenait : le gouverneur, le lieutenant, du roi, le major de la place, deux aides majors, le greffier militaire, le commissaire des guerres, le trésorier des troupes et le chirurgien-major.

Hesdin possédait encore une subdélégation de l’intendance de Lille,’ une maîtrise des eaux et forêts, une juridiction des fermes, etc.

Dans la réorganisation administrative, Hesdin sollicita vainement l’honneur d’être choisi pour le chef-lieu du district, et adressa à la Constituante un mémoire qui resta sans réponse. Ce mémoire avait pour titre : Avis important de la municipalité de la ville d’Hesdin, aux municipalités des bourgs et villages destinés à former le district dont le chef lieu est provisoirement décrété en faveur de la ville de Montreuil et réclamé par celle d’Hesdin.

Ces réclamations et d’autres du même genre demeurèrent inutiles, et le décret du 4 mars 1790 ne réserva à Hesdin que le tribunal : satisfaction qui fut de courte durée, car la Constitution de l’an III le transféra également.à Montreuil.

Nous n’aborderons pas l’histoire de ces tristes jours de la Terreur : il nous faudrait secouer la poussière des volumineux procès-verbaux de la commune d’Hesdin ; M. l’abbé Fromentin à

hésité à le faire.

Encore moins devons-nous évoquer ces souvenirs dans un abrégé dont les limites par trop restreintes ne nous permettraient pas de flétrir comme nous le voudrions, et les saturnales organisées le 5 mai 1792 pour la plantation de l’arbre de la liberté, et les scènes déplorables qui accompagnèrent l’évacuation de l’abbaye de Dommartin, et les menaces du farouche Le Bon, de ce proconsul sanguinaire qui écrivait le 29 brumaire an II au Comité de salut public :

« La société d’Hesdin et plusieurs autres auraient besoin du spécifique que j’ai employé à Calais.

Et, le 19 pluviôse : « Hesdin, Aire, Fruges, Auxi- la-Réunion, Montagne-sur-Mer, réclament impérieusement ma visite, une forte visite ! Je ne tarderai pas à m’y rendre ? »

Dieu ne permit pas l’exécution de ces sinistres menaces, et de toutes les personnes d’Hesdin ou des environs qui furent jetées dans les cachots, une seule, la nommée Henriette Monchiét, périt sur l’échafaud.

Après ces longues années d’anarchie, et lors du rétablissement du culte catholique, on se servit de la chapelle des Récollets en attendant que l’église paroissiale, qui avait, été convertie en magasin à fourrages pendant la Révolution, fût convenablement restaurée ; elle reprit son ancienne destination en 1813.

Le 6 décembre 1842, une ordonnance royale déclassa la ville d’Hesdin. Cette ordonnance, qui ne reçut pas une exécution immédiate, ouvrit une ère nouvelle.

C’en était fait des souvenirs historiques que rappelait l’imposante couronne de murailles bâtie par l’Espagnol et restaurée par Vauban; mais la population, désormais affranchie de ses glorieuses entraves, put donner un libre essor à son activité.

Le commerce et l’industrie sont en progrès à Hesdin nous voudrions pouvoir fixer le jour prochain où le chemin de fer, impatiemment attendu depuis près de vingt ans, donnera à cette ville de nouvelles facilités de communication et lui rendra l’importance dont elle jouissait jadis.

Communautés religieuses

Les Clarisses

Après la ruine du Vieil-Hesdin, les filles de Sainte-Glaire continuèrent à résider dans le couvent qui avait eu l’honneur d’être le berceau de la réforme de leur ordre. Les hostilités les ayant obligées à se retirer à l’abri des murailles d’Hesdin, elles s’y fixèrent définitivement lors du siège de 1639.

Les bâtiments du monastère, formant le carré autour du préau, occupaient le côté Sud de la rue des Saintes-Claires ; ces bâtiments en briques, voûtés sur poutrelles en bois, sont d’une grande simplicité et portent les dates de 1651, 1657 et 1771.

Cette dernière date rappelle une restauration importante entreprise par la supérieure Rose Marquant, en religion, sœur Ursule, native de Fillièvres. 19 religieuses et 2 sœurs converses s’y trouvaient en 1790; leur maison; convertie d’abord en manutention, a été dans la suite aliénée par l’état.

Les récollets

Ces religieux arrivèrent à Hesdin, en 1669, au nombre de 24, et s’établirent dans un local que leur donna l’aîné de la famille de Tramecourt.

Ils commencèrent leur première congrégation par une magnifique procession, suivie de prédications et de thèses publiques de théologie.

Le P. Olivier Voysembert, provincial, décida que chaque année, aux fêtes de saint Louis et de sainte Thérèse, on célébrerait des messes pour le roi et la reine, dans tous les couvents de la province de S’-Antoine de Padoue , dont Hesdin faisait partie.

Le couvent présentait un carré de 42 mètres de côté, avec cloître voûté à l’intérieur ; les constructions étaient simples ; l’église, haute et bien proportionnée, se trouvait ornée des boiseries qui décorent actuellement la paroisse Notre-Dame.

Refuge des abbayes voisines

Le refuge de l’abbaye de Saint-André-au-Bois était au coin de la rue de la Paroisse ; celui de Saint-Georges, rue des Nobles ; celui de Dommartin, rue du Marché aux Moutons.

Établissements et institutions de bienfaisance

Hôpital St Jean

L’hôpital a été créé en vertu de lettres patentes du 4 mars 1562 et doté des revenus de l’hospice du Vieil-Hesdin.

D’abord établi à l’emplacement qu’il occupe aujourd’hui, il fut transporté derrière l’hôtel de ville lors de l’arrivée des pères Jésuites, puis réinstallé dans ses anciens bâtiments, lorsque ceux-ci ont été expulsés de France en 1762.

La façade principale, en briques et pierres, date du siècle dernier ; la chapelle est décorée de jolies boiseries et de bons tableaux, mais l’église que les Jésuites avaient construite a été démolie.

En 1790, l’hôpital desservi par les filles de St. Vincent de Paul était administré par. les officiers, du bailliage.

Revenu en 1810 : 6,128 fr. 60, plus 2,600 fr. alloués sur les octrois ; en 1869 : 29,531 fr. 95 ; en 1873 : 52,087 fr. 88.

Orphelinat

Ursule Lemerchier, fille de la trésorière de Fargues et épouse de François de Pomart, sieur de Limart, a fondé, en 1680, une maison de charité dans laquelle douze pauvres orphelines devaient être élevées gratuitement jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Cette école, dirigée d’abord par trois maîtresses séculières, fut confiée dans la suite à des sœurs hospitalières, sous la surveillance de la municipalité.

Revenu en 1790 : 2,370 livres, 4 sols, 1 denier.

L’orphelinat, annexé à l’hôpital, est maintenant sous la surveillance de la sœur chargée de l’ouvroir.

Bureau de bienfaisance

Revenu moyen : 12,500 francs.

Caisse d’épargne

Ouverte le 5 juillet 1840. Elle a une succursale à Auchy-les-Hesdin.

Société de secours mutuels

Autorisée le 28 avril 1850. Elle comptait, au 31 décembre 1873, 119 membres participants et 33 membres honoraires ; à la même époque, le capital social était de 61,467 francs.

Hesdin a encore une société de Saint-Vincent de Paul, une association de dames de charité, et l’œuvre des églises pauvres.

Établissements d’éducation anciens et modernes

Le collège

Les lettres patentes de l’archiduc Albert et de l’archiduchesse Isabelle-Claire-Eugénie, en date du 30 octobre 1612, autorisèrent les Pères Jésuites à ouvrir un collège dans les bâtiments de l’hôpital Saint-Jean que le mayeur et les échevins affectèrent spontanément à cette destination.

Le collège d’Hesdin eut une grande réputation ; les constructions destinées aux élèves étaient considérables, et la chapelle rebâtie en 1714 fut solennellement bénite, le 3 décembre 1715, par l’abbé de Saint – André-au-Bois, André Thomas.

Cette église, à trois nefs terminées par une abside circulaire, devint plus tard la propriété du chapitre de saint Martin et reçut le titre de collégiale, en vertu de lettres de 1770 et de 1771.

Après l’exil des Jésuites, le collège, un instant fermé, fut confié à des prêtres séculiers (1777), sous la surveillance du mayeur et des échevins. Mgr l’évêque de Saint-Omer y envoyait des professeurs. Le revenu s’élevait, en 1790, à la somme de 9,689 livres 16 sols ; l’encaisse était de 27,694 livres, mais tous ces biens qui provenaient de la dotation primitive ont été vendus pendant la Révolution.

Les sœurs de la Providence

Anne de Cau chargea trois sœurs de la Providence de diriger une école gratuite de jeunes filles. Revenu en 1790 : 727 livres, 16 sols, plus une subvention annuelle de 150 livres, votée par la ville.

Séminaire de la Sainte Famille

Le. 15 juin 1697, dame Ursule Lemerchier établit dans le refuge de Dommartin, situé à l’extrémité de la rue de Royon, un séminaire où 12 jeunes gens, se destinant à l’état ecclésiastique, recevaient gratuitement l’éducation. Ils suivaient les cours du collège et assistaient en soutane et en surplis aux offices de la paroisse. L’évêque de Saint-Omer nommait le supérieur et le préfet des études de cette maison qui échappait ainsi à la surveillance municipale.

Actuellement, le collège d’Hesdin compte de 50 à 60 élèves.

L’école primaire communale de garçons, qui occupe une partie des bâtiments de l’ancien Séminaire, est dirigée par un instituteur laïque ; celle des filles, par les sœurs de Saint-Vincent de

Paul.

Il y a en outre une école libre, fondée à perpétuité, qui est tenue par les Frères de la doctrine chrétienne, et deux pensionnats de filles dont l’un est confié aux sœurs de la Sainte-Union.

La Bibliothèque communale est riche de 4000 volumes. La plupart proviennent des anciennes abbayes de la contrée.

Établissements militaires

La place d’Hesdin était constamment pourvue d’une nombreuse garnison, ainsi voyons-nous figurer dans la revue du 7 novembre 1694 :

Infanterie : Régiments : de Picardie, une compagnie ; de la marine, une compagnie ; du roy, une compagnie ; de Mgr le Dauphin, en entier ; de la Marche, en entier ; Suisse, deux compagnies.

Cavalerie : Régiment de Chartres, en entier.

Invalides : deux compagnies.

Le quartier Royal, situé à l’emplacement du marché aux vaches, a été démoli en 1841.

Le quartier de la Porte- Vieille fut bâti en 1785, à la place des écuries de passage qui dataient de 1682.

Le quartier Suisse (la gendarmerie actuelle), date de 1680.

Le quartier d’Artillerie, rue du Pavillon-Doré.

Le pavillon de l’État-major occupait le terrain du manège découvert.

L’Arsenal avec parc à boulets se trouvait vis-à-vis de l’entrée

du château. Un autre Arsenal existait rue de Royon.

Enfin, il y avait de grandes écuries rue de Wamin et le long du couvent des Clarisses. La Révolution convertit ce couvent en manutention et celui des Récollets, en hôpital militaire.

Le manège couvert est très spacieux. On y a provisoirement établi une école de dressage, supprimée en 1865.

Là garnison se compose maintenant de 2 bataillons d’infanterie.

Monuments

Hôtel de ville

Philippe II avait autorisé le mayeur et les échevins d’Hesdinfert à tenir leurs séances dans le Château, maison de plaisance construite en 1530 au Maisnil, par la sœur de Charles-Quint et qui devint ensuite le palais des gouverneurs.

Philippe IV ordonna de bâtir l’hôtel de ville actuel; l’architecte Dom Ponte del Brya, surnommé le Riel,traça les plans et le gouverneur d’Helfaut posa la première pierre, le 23 juillet 1563.

On y ajouta la Bretèche en 1629.

Le bâtiment des archives et des bureaux date de 1683. Le beffroi, qui fut démoli par le canon de

l’armée française au mois de juin 1639, était une grosse tour carrée, flanquée de contre-forts aux angles et couronnée par une charpente très-remarquable « couverte de plomb, faite avec plu­ sieurs arcz boutans dentelez, enrichie d’ouvrages percez à jour ; deux grosses boules faisoient le finiment et une pomme ornée de fleurs et de feuillages l’achevoit. » (Relation du chevalier de Ville.)

L’intérieur de l’hôtel de ville est spacieux ; de belles tapisseries d’Arras, qui représentent des épisodes de la guerre de Flandre, décorent le salon principal. Dans une autre pièce se trouvent des scènes militaires peintes dans le genre de Vouwermans.

Armoiries de la ville d’Hesdin : Parti d’argent et de gueules l’argent chargé en chef d’une étoile de six raies de ‘gueules, le gueules chargé en chef d’une étoile d’or.

L’église Notre-Dame

Commencée le 22 juin 1565, fut livrée au culte en 1568 : une inscription commémorative a été découverte, en 1859, sous le lambris du bas côté gauche. Elle nous apprend que Mgr Jean Six, évêque de Saint-Omer vint bénir l’église, le 25 août 1585, en présence des abbés d’Auchy, de Blangy, de Saint-André et d’une nombreuse assistance de gens de guerre et de bourgeois, parmi lesquels on remarquait Messires de Helfaut, de Loche et de Royonval.

Les chanoines et le clergé paroissial se trouvant continuellement en lutte, tentèrent à différentes reprises de se séparer, surtout après les scènes regrettables qui se passèrent en 1752.

Le chapitre obtint enfin, lors de la suppression des Jésuites, d’entrer en possession de leur église et il emporta, en quittant la paroisse, la plus grande partie du mobilier et une somme de 4,000 francs.

Au début, l’église Notre-Dame était presque carrée. En 1604, on ajouta les chapelles latérales et, en 1690 le chœur fut allongé d’une travée. Cette église n’a rien de remarquable comme architecture, si nous exceptons le portail qui porte la date de 1582.

La tour ayant été démolie en 1787, on l’a remplacée par une flèche en charpente. La Révolution dépouilla l’église de tous ses ornements. Elle devint, comme nous l’avons dit, magasin à fourrages, théâtre et champ de foire.

De 1808 à 1811, on la restaura complètement : les stalles proviennent de l’abbaye de Saint- André-au-Bois ; les lambris, les autels étaient jadis dans la chapelle des Récollets et le tableau du maître autel, qui représente une résurrection par saint François-Xavier., décorait l’église des Pères Jésuites.

M. l’abbé Robert a publié un mémoire intéressant sur l’église d’Hesdin.

Les personnages célèbres

Alloy (Joseph-Bertin), né à Hesdin en 1773 et mort à Boulo­ gne le 26 août 1836, donna au musée de cette ville une somme de 4,000 francs qui servit à l’installation de la galerie d’antiquités qui porte son nom. Il légua à Hesdin 5,000 francs destinés à fonder une salle d’asile.

COVORDE (Françoise-Ursule de), née à Hesdin en 1732, mourut en odeur de sainteté en 1777 dans la maison des Annonciades de Saint-Denis, où elle avait fait profession sous le nom de Marie-

Josephe-Albertine de l’Annonciade. Sa vie a été imprimée.

FRÉCHON (Faustin-Irénée), naquit à Hesdin le 28 juin 1804. Il entra dans les ordres en 1827 et devint l’un des membres les plus distingués du clergé diocésain. Son éloquence était remarquable : il prêcha des stations dans les principales villes de France et à la chapelle Française à Londres. L’abbé Fréchon représenta le Pas-de-Calais à l’Assemblée constituante et à l’Assemblée législative ; il succomba, jeune encore, le 5 avril 1852.

GARBÉ (le vicomte), général du génie justement estimé et ancien député de l’arrondissement de Montreuil, mourut à Hesdin, sa ville natale, en 1831.

HANOTEL (Philippe), jésuite, né en 1559. Il mourut de la peste en 1637. On a de lui : Meditationes varia et piorum affectuum formulae et mundi stulitia compendio demonstrata. Douai, 1633, in-16.

HENNEBERT (Jean-Baptiste-François), né le 21 août 1726, étudia au collège de Saint-Omer et embrassa l’état ecclésiastique. Il s’appliqua aux sciences naturelles et compulsa les dépôts d’archives de la province, dans l’intérêt de l’histoire de son pays.

Nous devons plusieurs publications à ce laborieux écrivain, mais son œuvre capitale est l’Histoire générale d’Artois, dont le 1er et le .2ème volume ont été imprimés à Lille en 1786 et 1788. Le troisième parut à Saint-Omer, en 1789. Ce dernier finit avec l’année 1431.

L’auteur avait annoncé la suite, mais le peu de succès de son ouvrage le découragea et son travail manuscrit fut perdu pendant la Révolution.

Hennebert fut emprisonné à Arras, par ordre de Lebon, et délivré le 9 thermidor. Il mourut le 13 avril 1795.

Hoyer (Michel), né à Hesdin en 1594, mort à Lille le 14 juin 1650. Il enseigna les belles-lettres au collège de Saint-Pierre de Lille. Il était prêtre depuis quelques années quand il prit l’habit des Augustins, à Ypres. Ses principaux ouvrages sont : Vite religiosœ idea seu vita S. Patris Ephrem scriptoris antiquissimi et religiosissimi. Douai, 1640, in-16.

S. Theodora virgo et martyr Antiochessa, tragœdia aliaque- poemata. Anvers, 1641, in-12.

JACQUEMONT (Victor), né le 8 août 1801, membre de l’Institut ; il est connu par ses nombreux travaux sur toutes les branches de la science et principalement à cause de son voyage dans les Indes. Il mourut à Bombay le 5 octobre 1832.

PRÉVOST D’EXILÉS (Antoine-François), né le 1 avril 1697 dans la rue de l’Empereur, fut successivement, et à deux reprises, jésuite et soldat ; puis il passa quelque temps dans le cloître des Bénédictins de Saint-Maur et rompit de nouveau ses liens pour s’enfuir à la Haye où il publia les Mémoires d’un homme de qualité (1728) qu’il avait composés dans sa cellule. S’étant épris d’une jeune protestante, il habita l’Angleterre durant quelques années. Il obtint ensuite de rentrer en France comme prêtre séculier. Le prince de Conty l’attacha à son aumônerie.

Il fut frappé d’apoplexie, le 25 novembre 1763, au milieu de la forêt de Chantilly. On le transporta sans mouvement chez le curé du village voisin, où il expira mortellement atteint par le scalpel d’un chirurgien qui croyait procéder à l’autopsie d’un cadavre.

L’abbé Prévost a énormément écrit : On connaît surtout son histoire des voyages abrégée par la Harpe, publiée en 24 volumes, et les traductions des romans de Richardson {Clarisse, Grandisson, Paméla) et de plusieurs auteurs anglais. Il a publié également des romans originaux : Cleveland, Manon Lescaut, les Mémoires d’un homme de qualité, le Doyen de Killerin, sont placés au premier rang parmi les ouvrages de ce genre et ont eu une grande réputation.

Un compatriote de l’abbé Prévost a tracé ce portrait dans l’almanach d’Artois pour l’année 1764 : Doué de talents enchanteurs, Prévost ne tarda pas à percer dans le monde.

La France a produit peu d’auteurs,

Dont la plume élégante ait été plus féconde.

Gléo lui prêta son pinceau.

L’Amour lui prêta son carquois et ses grâces,

Et la Critique son flambeau.

VINCENT (Alexandre-Joseph-Idulphe), né le 20 novembre 1797, mort à Paris en 1872. Admis à l’École normale en 1816, il professa dans différents collèges. Ses occupations ne pouvaient le distraire des travaux scientifiques auxquels il aimait à se livrer. Il aborda les questions les plus compliquées. Mathématiques, physique, musique, archéologie, philologie, prosodie, histoire, géographie, philosophie, critique littéraire et scientifique, rien ne paraissait étranger à son esprit. Il publia sur ces différents sujets des travaux justement appréciés qui lui valurent l’honneur d’être admis, au mois de mai 1850, à l’académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

<< Retour a la liste