Izel-les-Hameaux

Les nombreuses fondations retrouvées dans ce village semblent indiquer l’existence d’un ancien castrum romain (Terninck).

Description

Les nombreuses fondations retrouvées dans ce village semblent indiquer l’existence d’un ancien castrum romain (Terninck).

Izel dépendait en partie du bailliage d’Avesnes, en partie de la gouvernance d’Arras, élection et conseil d’Artois, parlement de Paris, subdélégation, recette et gouvernement. d’Arras, intendance de Picardie à Amiens. La terre et seigneurie d’Izel appartenait anciennement à la maison de Habarcq. Marie, dernière du nom la porta en mariage à Gilles de Lens. Leur petite fille,épouse de Charles d’Egmont, la vendit par contrat du 23 décembre 1634; à Hector Cuvellier, lieutenant d’Izel pour Gilles de Lens.

Jean de Beaucourt est repris dans l’acte comme fermier du prieuré d’Aubigny. Depuis cette époque, Hector, après lui Marguerite Cuvelier, puis Philippe Cuvelier, conseiller au conseil d’Artois, et après ce dernier Philippe Guislain, son fils, prêtre et chanoine de la collégiale de Saint-Pierre d’Aire, furent reconnus comme seuls seigneurs justiciers.

Au XVIIIè siècle, la terre d’Izel devint la propriété de Philippe François de le Baize, seigneur de Virre-Casseau près Tournay, et resta indivise avec le prieur d’Aubigny. Cette communauté possédait dans le village une ferme et un domaine très importants. Déjà, le 14 décembre 1703, le chanoine Philippe Guislain Cuvillier avait présenté une requête au conseil d’Artois contre le curé pour l’obliger à le recommander seul au prône, et à faire rendre à son lieutenant les droits honorifiques dûs à sa personne. Le prieur d’Aubigny, se prétendant seigneur d’Izel, s’y était opposé. Une sentence du 8 avril 1704 renvoya les parties par devant le conseiller Claude Dambrines. Pendant l’instruction du procès, Messire Eugène François de Béthune des Planques, marquis d’Hesdigneul, qui possédait deux fiefs importants sur Izel et Manin, présenta de son côté une requête dans laquelle il réclamait les droits honorifiques dans l’église, à l’exclusion du prieur d’Aubigny et de Philippe Cuvelier.

Par sentence du 24 mai 1710, confirmée par le Parlement de Paris, le conseil d’Artois adjugea alternativement au prieur d’Aubigny et au seigneur de Virre-Casseau les droits honorifiques. Il fut décidé qu’on tirerait cette année au sort à qui des deux ils appartiendraient et que l’autre en jouirait l’année suivante, et ainsi successivement. Les arbres qui étaient sur la place, furent aussi partagés au profit des deux seigneurs, sauf à indemniser de la moitié celui qui prouverait les avoir plantés.

Les dépens furent compensés, sauf ceux du marquis d’Hesdigneul qui dut les supporter entièrement par suite de la nullité de son intervention.

Il y avait encore à Izel deux seigneuries vicomtières, tenues toutes deux de la seigneurie principale. C’était d’abord la seigneurie d’Hannart, ayant plusieurs mouvances et qui appartenait, en 1661, à Guislain Thellier; puis celle de Vaulx-en-lzel dont Bertrand de Boffles, seigneur de Manin, Tilloy-les-Bapaume etc. était propriétaire à la fin du XVIè siècle. Elle passa ensuite dans la famille Duhamel ; elle appartenait,en 1673, à un ecclésiastique nommé de Roza. Nous citerons encore le fief de Villeroye en Pouch., qui formait anciennement une dépendance d’Izel.

En 1710,les habitants d’Izel arrêtèrent la marche d’un détachement ennemi qui voulait pénétrer dans le village. Ils eurent le temps d’emporter leurs effets les plus précieux. Mais après leur départ, Malboroug qui était campé à Villers-Brûlin,fit mettre le feu aux habitations, et les soldats s’emparèrent de celle des trois cloches qui n’avait pu être transportée à Arras. (P. Ignace, dict. t. 3 p. 578).

Le château Izel-les-Hameaux a dû être anciennement un édifice très-important, s’il est permis d’en juger par toutes les haies, des manoirs plantées sur d’anciennes fondations, et par les puits qui existent encore dans les alentours.

Izel eut sa coutume particulière en 1507.

Cette paroisse possédait une église monumentale avant la révolution de 1793. On y voyait les armoiries des maisons d’Habarcq et de Lens au-dessus du grand portail et sur la plus grosse cloche. Le prieur d’Aubigny, sire Acolet, avait fait placer ses armes sur un des vitraux.de la chapelle de Saint-Pierre, à côté de celles du sieur de Roza, seigneur de Vaulx-en-Izer (P. Ignace, suppl. aux mém. p. 328). La tour seule est restée debout. On ignore l’époque à laquelle elle fut reconstruite. Elle porte au frontispice, il est vrai, la date de 1723; mais on pense que sa construction remonte plus haut. Elle n’offre aucun intérêt au point de vue artistique. Les baies qui forment les ouïes de la cloche sont ornées chacune d’une ogive géminée. Carrée à sa base, elle se termine par un hexagone surmonté d’une flèche en ardoises.

A cette tour d’une grande élévation et qui mesure au portail sept mètres de côté, on avait joint, à la restauration du culte une chétive construction en torchis et couverte en chaume. En 1846, on parvint à rebâtir le chœur dans d’assez belles proportions, en pierre blanche du pays, mais la nef était toujours la misérable grange élevée en 1802.

En 1866, on reconstruisit le corps de l’église à l’aidé de cotisations volontaires et sous la direction de M. Carré,architecte à Arras. L’église composée de trois nefs, a 18 mètres de longueur sur 11 mètres de largeur. Le style est celui du XIIIè siècle. Les voûtes sont en plâtre : celle de la nef médiane accuse la forme ogivale, mais celle des bas-côtés est plate. Toute là construction est en pierre blanche du pays. Deux autels, également en pierre et d’une belle exécution, terminent les petites nefs. Le pourtour intérieur de l’église est orné de statues, parmi lesquelles on remarque celles de la sainte Vierge et de saint Pierre, patron de la paroisse; elles sont sculptées en bois et polychromées. Un chemin de croix en carton-pierre, d’un prix élevé, est incrusté dans les murs. (Ann. Robitaille).

Hameaux, section d’Izel, dépendait au XIIIè siècle, de la commanderie du Temple à Haute-Avesnes.

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