Lépine

En 1239 le comté de Ponthieu ne dépassait pas le cours de l’Authie. L’Artois finissait à Lépine [Spina alvemosa), et était borné de ce côté par la châtellenie de Beaurain qui comprenait tout le ressort du bailliage de Waben.

Description

En 1239 le comté de Ponthieu ne dépassait pas le cours de l’Authie. L’Artois finissait à Lépine [Spina alvemosa), et était borné de ce côté par la châtellenie de Beaurain qui comprenait tout le ressort du bailliage de Waben.

On voit encore à Lépine des traces de la maladrerie qui avait été établie par l’abbaye de Longvilliers au commencement du XIè siècle, alors que les progrès de la lèpre obligèrent les seigneurs haut-justiciers ecclésiastiques ou laïques à ouvrir ces asiles pour leurs vassaux atteints du mal Saint-Ladre. L’église, le presbytère et toutes les maisons du village, à l’exception de celles qui ont été récemment construites sur la route d’Abbeville, se trouvaient dans l’enclos de la léproserie.

Un manuscrit du XIIè siècle qui sert de feuille de garde à la reliure du cueilloir de l’Hôtel-Dieu de Montreuil, nous fait connaître les cérémonies usitées pour la réception d’un lépreux.

Le malheureux, vêtu d’une robe très-simple, la tête couverte d’un linceul blanc et tenant en main une croix de bois, sortait de chez lui accompagné de sa famille et de ses amis. Le clergé allait à sa rencontre à la porte de la maladrerie, l’aspergeait d’eau bénite et le conduisait au cimetière en chantant le Libéra. Puis, le prêtre commençait les vigiles et célébrait une messe de Bequiem.

Le lépreux se tenait agenouillé en face de l’autel, à l’endroit où l’on avait coutume de déposer les morts ; il allaita l’offrande revêtu du linceul. A l’issue de l’office, le prêtre récitait les prières de l’absoute et lui faisait choisir sa sépulture où le ladre s’agenouillait, on lui jetait de nouveau et par trois fois de l’eau bénite. Les magistrats lui faisaient prêter le serment de vivre désormais retranché du monde. Ses parents le quittaient alors et la porte de la léproserie se refermait pour toujours.

Hameaux et écarts

Àbihem. Oollem. Ancienne dépendance de l’abbaye de Longvilliers. Ebruyères. La ferme du grand pays, bâtie pour l’exploitation des bois défrichés.

Le Puits-Béraut est appelé le Bus-Beraut, c’est-à-dire le Bois-Beraut, dans l’aveu de Maintenay de 1311. Ce nom était parfaitement justifié par sa situation au milieu des bois, mais il s’altéra à la longue. En 1531 il parut une comète qui effraya beaucoup les populations. Chaque soir, la foule se réunissait sur la place de Montreuil, afin de voir si le dragon qui portait l’ire (la colère) du Seigneur ne laissait rien tomber sur la ville et l’on n’osait plus parcourir la route d’Abbeville, parce que le peuple croyait que le dragon se reposait dans le bois du Puits-Béraut.

Archéologie

La nef de l’église est l’ancienne chapelle de la maladrerie.

Inscription de la cloche :

CETTE CLOCHE A ÉTÉ REFONDUE PAR LA LIBÉRALITÉ DE L’ABBAYE

DE LONGVILLIERS SEIGNEUR DE LA PAROISSE DE LÉPINE,

A CAUSE DE LA MISÈRE DU TEMPS EN 1772,

ET NOMMÉE MARIE PAR CHARLES LEFEVRE DE

LA HOUPLIÈRE ET MARIE REINE MINOUS.

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