Saulty

Le pape Grégoire III donne en 736 un privilège à l’abbé de Saint-Vaast et lui concède Saulty (Hist. de l’abbaye de Saint-Vaast par MM. de Cardevacque et Terninck. Les auteurs disent Etienne III par erreur sans doute.)

Description

Le pape Grégoire III donne en 736 un privilège à l’abbé de Saint-Vaast et lui concède Saulty (Hist. de l’abbaye de Saint-Vaast par MM. de Cardevacque et Terninck. Les auteurs disent Etienne III par erreur sans doute.)

Etienne III par une charte ou privilège de 765 confirme à l’abbaye de Saint-Vaast la possession de Saulty (MM. de Cardevacque et Terninck. Ibid.)

Dans une bulle du pape Eugène III en date du 4 février 1152 adressée à l’Évêque Godescale, nous trouvons la confirmation de la possession de la cure ou de l’autel de Saulty aux évêques d’Arras. (L’abbé Fanien, hist. du Chap.d’Arras.)

En 1183 Martin second abbé de Maroeuil cède la dixième partie de la dîme de Saulty au Chapitre d’Arras contre d’autres terrages. (Parenty, Hist, de sainte Bertille). Il cède une autre dîme pour un autel à la cathédrale. La même aunée le pape Alexandre III avait donné aux religieux de saint-Éloy une part de la dîme de Saulty.

Ce village possédait anciennement une famille seigneuriale.

« Le sire de Saulty duquel relevaient les terres de Couturelle et de Grand-Rullecourt et que les chroniques citent comme un des puissants barons du pays leva sa bannière en 1131 pour son allié Hugues II comte de saint-Pol et le suivit dans son expédition contre Saint Riquier. »(Harbaville.Mém. hist.)

Au XVIè siècle Egidius de Saulty était religieux de Saint-Vaast, Jean de Saulty était castelain d’Avesnes. Puis la seigneurie échût à Robert de Beaussart seigneur de Wingles etc., allié à Laure de Rosny fille aînée de Guy Monvoisin chevalier, seigneur de Rosny et de Roberte de Baumez, châtelaine de Bapaume, dame de Baumez et de Croisilles.

Ils eurent deux filles dont l’aînée Beatrix de Baussart, dame de Saulty, connétable héréditaire de Flandres épousa Hugues de Melun, vicomte de Gand, seigneur d’Antoing et d’Espinoy.

La noble maison de Melun qui, dès le règne de Hugues Capet, était une des premières de la cour de France posséda dès lors la terre de Saulty jusqu’à Louis de Melun duc et pair de France mort sans postérité en 1724. Le manoir de Saulty devint l’apanage d’Anne Julie de Melun d’Espinoy, fille d’Alexandre Guillaume de Melun prince d’Espinoy marquis de Roubaix, vicomte de Gaad connétable héréditaire de Flandres, sénéchal de Hainaut etc., née le 11 août 1672. Elle fut dame de Saulty et d’Hébuterne et mourût en célibat à Paris le 2 novembre 1734. Par son testament elle institua légataire universel de ses biens le comte de Melun colonel du régiment royal cavalerie à charge d’une pension annuelle de cinq mille livres pour sa sœur.

Le comte de Melun par une transaction avec le prince de Soubise, neveu maternel du duc de Louis de Melun, lui céda Saulty et Hébuterne vers 1735. (Le P. Ignace, mss.)

Saulty était entouré de bois, comme d’une vaste ceinture. On raconte qu’une princesse de Melun se trouvait à la cour d’Espagne et assistait à une fête brillante où par un caprice de la souveraine chaque invitée devait se faire remarquer par une riche ceinture laissée à son choix quant à l’étoffe et quant à la couleur.

La châtelaine de Saulty paraît revêtue d’une splendide toilette et ceinte d’une hart, contrastant par son étrangeté avec les magnifiques atours des autres dames. C’était une énigme que chacun s’ingéniait à deviner. La reine non moins intriguée voulut en avoir le mot

« c’est la ceinture de Saulty, répondit la dame, et assurément Votre Majesté la proclamera la plus riche, quand elle saura qu’elle vaut douze mille livres. »

C’était en effet le revenu de la ceinture de bois, (le P. Ignace. Mss.)

Lorsque la lèpre répandait sur nos contrées ses hideux ravages, les habitants et natifs de Saulty avaient le privilège d’aller se faire traiter à la maladrerie de Saint-Nicolas d’Arras, et ils y recevaient tous les soins dus aux lépreux. (Ibid.)

Archéologie

Saulty avait au XIIè siècle un très-fort château muni d’un formidable donjon. (Harbaville). On y voyait au XVIIè siècle la motte et les ruines de ce vieux manoir, entouré de fossés. La famille de Soubise releva non loin de là le gracieux château qu’embellit et que restaura M. Crespel, vers 1835.

Ce célèbre industriel y fonda à cette époque un vaste établissement agricole et une fabrique de sucre. La ceinture de bois disparût à la suite de défrichements successifs et il n’en reste que quelques bouquets. La terre de Saulty appartient aujourd’hui à la famille de M. Maurice Colin, ancien maire d’Arras.

L’église de Saulty date de 1551, la tour en porte la date, et le chœur en a tout à fait l’architecture. Quant au vaisseau il porte la date de 1754 et n’est nullement en rapport avec le reste de l’édifice. Un incendie avait détruit l’église à cette époque, ce qui fait que relevée sitôt après, son architecture est bien différente des parties conservées.

‘L’église a été dernièrement l’objet d’une -restauration très convenable.

Sur la cloche se lit l’inscription suivante :

Je suis nommée Marie-Louise par Monseigneur Charles, Prince de Rohan Soubise et d’Espinoy, Pair de France et duc de Rohan, Comte de Saint-Pol, Seigneur de Saulty, et par Madame Marie-Louise, Princesse de Rohan-Soubize, Veuve de Gaston-Jean-Baptiste-Charles de Lorraine, Comte de Morvan. 1751. »

F. Villate m’a fait avec mes deux sœurs.

GOMBREMETZ

Ce hameau, dépendance de Saulty, était aussi en la possession des seigneurs de Melun et de Soubise, ainsi qu’il résulte de leurs dénombrements aux XVIIè et XVIIIè siècles. (Archives d’Avesnes).

SATERNAULT

Non loin de Gombremetz était le fief important de Saternault. Il appartenait à la famille de Belvalet et l’un de ses membres en prit le nom. Il échut par succession à Venant, seigneur de Famechon et d’Ivergny qui le céda, en 1751, à Imbert, seigneur de la Bazecque, gouverneur de la citadelle de Lille. Il fut retrait et depuis revendu à divers propriétaires. La famille Cavrois occupa ce domaine aux XVIè, XVIIè et XVIIIè siècles.

C’est à Saternault qu’est né, une des illustrations du pays, le général Cavrois, Louis-Joseph, le 27 juin 1756. Après sa brillante carrière militaire, il fut député du Pas-de-Calais, en 1815.

Retiré à Pas-en-Artois dont il était le maire, il y mourut le 26 mars 1833.

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