Tubersent

L’orthographe de Tubersent a beaucoup varié : elle affecte au début la forme germanique.

Description

L’orthographe de Tubersent a beaucoup varié : elle affecte au début la forme germanique.

L’abbaye de Saint-Bertin possédait à Tubersent un domaine dont la jouissance lui a été confirmée par les papes Urbain II, 23 mars 1093 ; Innocent II, 18 octobre 1097 ; Pascal II, 25 mai 1107 ; Célestin II, 19 janvier 1144.

Le cartulaire de Folquin donne la description de ce domaine qui comprenait 154 bonniers de terres, 8 bonniers de bois, 15 bonniers de prairies et de beaux pâturages. Le bonnier est la mesure agraire de l’époque correspondant à l’arpent.

Quinze hommes libres et six hommes de condition serve, mancipia, payaient annuellement 2 sols, 8 deniers pour l’entretien du luminaire de l’église.

Plusieurs auteurs ont traduit mancipia par esclaves.

Or, les mancipia ou servi homines n’étaient pas des esclaves, mais bien des serfs soumis, il est vrai, à certaines obligations et vivant dans une grande dépendance, à cause des terres qu’ils cultivaient ; ils jouissaient, les serfs ecclésiastiques surtout, de privilèges que les esclaves n’ont jamais connus.

Regenger, Alavius, Saxger, Hisegeger, Amalwald, Alfunard le Saxon habitaient Tubersent en 857 ; le dernier nom indiquerait que c’est un des villages où Charlemagne a interné les Saxons après la conquête de leur pays.

M. Antoine Duflos., curé de Tubersent, du 25 novembre 1721 au mois de décembre 1737, adressa à l’évêque de Boulogne un rapport détaillé sur l’état de la paroisse en 1735.

Après avoir passé en revue l’église dédiée à Saint Etienne et le mobilier fort modeste qui la garnit, il ajoute : Tubersent compte 12 feux ; Courteville, 22; Jelucques, 15; en tout 160 communiants qui ont accompli le devoir pascal à l’exception de deux et pour comble d’édification, il est dit que les cabarets sont ouverts pendant les offices, seulement pour les étrangers et qu’il n’y a ni danses, ni jeux.

La dime était affermée par les religieux de Saint-Bertin, moyennant 900 livres, soit 3,500 francs de notre monnaie.

Hameaux

Courteville. La terre de Courteville, tenue du roi à cause de son château d’Étaples, appartenait, dès le XIIè siècle, aux de Hodicq indifféremment appelés de Hodicq de Courteville ou de Courleville de Hodicq, ces deux seigneuries étant de temps immémorial dans la famille. Ils en avaient distrait 150 journaux au profit de l’abbaye de Longvilliers. Les seigneurs de Courteville jouissaient des droits honorifiques dans l’église de Tubersent, après l’abbé de Saint-Bertin; ils exerçaient haute, moyenne et basse justice sur la rivière du Temple (le Huitrepin) depuis la place et le moulin de la Motte, jusqu’au point de réunion avec la Canche ; leurs sergents en réglementaient la largeur et la profondeur.

Chaque année, lisons-nous dans la copie d’un ancien aveu, chaque année le seigneur de Courteville « pourra se promener sur une haquenée blanche avecq une baguette blanche à la main tout le long de la rivière; en arrivant à la Canche, s’il y, eschoiët un basteau, le touchant avec sa baguette ledit batteau luy appartient comme eschouée dans sa rivière. »

Voilà une singulière prérogative !

Louis du Campe, écuyer, seigneur de Tardmghem le devint de Courteville, en épousant, le 4 avril 1696, Antoinette-Catherine Carpentier de Lespaignerie, fille d’Antoine, et de Catherine de Courteville de Hodicq.

Lorsque du Bernet vint attaquer Etaples, en 1591, il envoya Edouard d’Isque, seigneur d’Heutricourt, pour s’emparer du château de Courteville occupé par les ligueurs ; mais Heutricourt échoua dans son entreprise et perdit la vie en escaladant les murailles de cette forteresse, tombée peu de temps après au pouvoir du duc d’Epernon, qui la confia au capitaine Lamoureux.

La Rocque. Fief noble tenu du bailliage d’Etaples Zelucques.

Les marais de Jelucques et de Tubersent, traversés par le Hui-trepin, ont été concédés, à titre de commune, par les seigneurs de Courteville, avec réserve pour eux ou leur fermier d’y faire paître « douze bêtes chevalines ».

En 1706,, le marquis de Colembert, leur héritier, se plaignit que le grand nombre d’oies envoyées au marais détruisaient et brûlaient les herbes, et les habitants durent se borner à n’avoir que « trois bouvoirs et un gar, chacun ; le menu peuple pouvait y laisser aller « une paire de oysons pourvu qu’ils ne fassent mal à personne. »

Il y avait à Zelucques un fief noble, tenu de Courteville, dont Jacques Delhomel, bourgeois et échevin de Montreuil servit aveu le 4 juin 1566 ; François Delhomel, le 29 septembre 1599 et Gilles

Delhomel, mayeur de Montreuil, le 26 octobre 1652.

Archéologie

L’énorme pierre, longue de 4 m 50, épaisse de 2 m, large de l , qui existe au hameau de la Rocque n’est pas un dolmen, mais tout simplement une roche qui devait être jadis d’un volume prodigieux, car on en a longtemps détaché des matériaux pour bâtir dans les environs.

Sur la route de Montreuil à Étaples se trouve la Motte, base de l’ancienne forteresse de Tubersent. La tradition raconte encore les guerres sanglantes que se livraient les seigneurs de Courteville et de Tubersent.

L’église possède des fonts baptismaux très-remarquables.

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