Verchin

Verchin est situé non loin du point de jonction des deux voies romaines de Thérouanne à Melenum (Vieil-Hesdin) et du septemvium (Zoteux) à Tervanna (St-Pol).

Description

Verchin est situé non loin du point de jonction des deux voies romaines de Thérouanne à Melenum (Vieil-Hesdin) et du septemvium (Zoteux) à Tervanna (St-Pol).

La cure était à la nomination de l’abbé de Dommartin de St- Josse-au-Bois, diocèse d’Amiens, qui la faisait desservir par un de ses religieux auquel on adjoignait un vicaire du clergé séculier.

Les droits de patronat appartenaient au comte de St.-Pol. Dès le XVIè siècle la dîme rapportait 1500 livres au curé et le casuel était considérable pour le temps. Le vicaire tenait l’école et vivait pauvrement de la rétribution scolaire et d’une minime part au casuel.

Depuis le rétablissement de l’évêché de Boulogne en 1559, cette paroisse faisait partie de ce diocèse et du doyenné de Bomy.

Elle était avant cette époque dans la circonscription de l’évêché de Thérouanne. Après le concordat de 1801, elle appartint au diocèse d’Arras et au doyenné de Fruges. Elle ne compte que cinq cents et quelques habitants, et néanmoins elle possède depuis longtemps deux écoles, l’une de garçons tenue par un instituteur laïque, l’autre de filles placée sous la direction des Sœurs de la Providence de Rouen, dont la fondation est due en grande partie à la générosité des Châtelains.

On lit dans Malbrancq qu’une jeune anglaise quitta son pays, au commencement du IXè siècle, pour conserver le vœu de virginité qu’elle avait fait, et vint se réfugier à Verchin où elle se mit au service du Seigneur, appelé transaquaire, parce qu’il habitait au-delà de la rivière.

Frappée de la modicité des revenus du curé, Mérence, c’était le nom de la jeune personne, pria son maître de lui abandonner une portion de terre inculte. Le châtelain lui permit de s’approprier l’espace que deux chevaux pourraient labourer en un jour. Mérence les conduisit si bien, dit la tradition locale, qu’ils labourèrent trois arpents ou mesures qui produisirent de belles moissons qu’on fît entrer dans la grange du curé. Ces trois mesures de terre furent dans la suite des siècles appelées les trois mesures de St Mérence et appartinrent à la cure de Verchin jusqu’à la Révolution.

La même tradition nous apprend que la première église construite dans cette localité remonte au VIè siècle, et que le ciel intervint pour en désigner l’endroit; il n’y a de ces faits aucune preuve historique. Toutefois on a retrouvé dans le village des débris d’église beaucoup plus anciens que l’église actuelle construite en 1605.

Cette église n’a qu’une nef, mais elle est d’une riche architecture ogivale. Les voûtes, les culs-de-lampe, les pinacles ou clochettes.

Ses contreforts sont d’un travail remarquable. Elle est bâtie en pierre blanche du pays et dans un état de parfaite conservation.

La tour quadrangulaire élevée en 1630, est soutenue par quatre contreforts, dont les pinacles sont très ornementés.

Vendue 100 fr. en 1793 à un habitant de Montreuil qui se proposait de la démolir, elle fut rachetée 500 fr. par un propriétaire du village. Le châtelain, M. de Wandonne en fit l’acquisition en 1816,et elle appartient aujourd’hui aux héritiers de cette famille.

On voit dans cette église quelques tableaux sur bois qui ne sont pas sans mérite, et plusieurs statues également en bois d’un assez bon travail, entre autres un Christ au tombeau de grandeur naturelle, et autour du tombeau sept personnages : Joseph d’Arimathie, St-Jean et les saintes femmes qui préparent les parfums pour ensevelir le Sauveur, un Ecce homo assez grand, et diverses scènes de la passion sculptées sur chêne en forme de bas-relief encadré.

L’abbaye de Dommartin inféoda en 1319 ses rentes de Werchin à Witasse d’Offay, chevalier, seigneur de Belloy. L’abbé de Ruisseauville, le curé de Verchin et le seigneur étaient décimateurs chacun pour un tiers. L’abbaye d’Auchy avait aussi une dîme et divers biens à Verchin (Oartul.d’Auchy.)

La terre de Verchin, tenue en deux fiefs de la châtellenie de Lisbourg avec haute justice, fut érigée en pairie le 4 mars 1495, par la comtesse de St-Pol. Trente-sept fiefs en relevaient: Elle appartenait aux XIIè et XIIIè siècles, à une branche cadette des châtelains de Lens,et passa successivement dans la maison d’Hézecques, de Magnicourt, du Wez, dit de Guînes.

La maison de Tramecourt posséda cette terre par le mariage de Françoise du Wez, dame de Verchin, Sautricourt, le liailly avec Jean, seigneur de Tramecourt. Ses descendants ont eu, depuis lors, leur entrée aux États d’Artois par leur terre de Verchin, et en possèdent encore aujourd’hui l’ancien domaine.

M. Warnier de Wailly, héritier de M. de Wandonne de Monthurel, habite aujourd’hui sa propriété qu’il a fait restaurer avec beaucoup de goût.

Le château de Verchin est une construction moderne, placée dans un site délicieux, au milieu de belles, prairies, arrosées par des eaux vives qui-jaillissent de toutes parts- au fond de cette charmante vallée.

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