Villers-Chatel

Une sépulture romaine et par incinération a été trouvée par le docteur Ledru à Villers-Chatel, elle est éminemment curieuse par les beaux vases en verre qu’elle contenait.

Description

Une sépulture romaine et par incinération a été trouvée par le docteur Ledru à Villers-Chatel, elle est éminemment curieuse par les beaux vases en verre qu’elle contenait. Elle a plus d’un point de contact avec celles trouvées à Avesnes-le-Comte, sinon par la forme des vases, au moins par leur texture. Elle dénote une origine ancienne au village de Villers-Chatel, qui, d’après sa dénomination même, aurait toujours été le siège d’un établissement militaire.

Situé à environ trois kilomètres de la chaussée Brunehaut, entre Houdain, Aubigny et Camblain-l’Abbé, Villers a conservé un beau débris de son ancien château. Sa tour ronde et crénelée, couronnée de mâchicoulis, et soudée à une tourelle qui la surpasse en hauteur et contient l’escalier, s’élève encore majestueuse à l’extrémité de l’habitation moderne, et témoigne par son épaisse maçonnerie en grès, de sa force et de son ancienneté.

Pendant le siège d’Arras, en 1414, un détachement de l’armée royale s’en empara; il appartenait alors au sire de Gournay. (Chronique de Monstrelet, livre I).

Villers-Chatel fut fortifié et fortement occupé par les troupes de Charles VI (D’Héricourt, les Sièges d’Arras), et sa garnison française tint en échec les habitants de la campagne.

Pendant que le Roi pressait en personne les travaux du siège qu’il avait entrepris, elle fit de nombreuses sorties, dévastant le pays d’alentour et forçant, par cette utile diversion, les gouverneurs de Béthune et de Saint-Pol à une neutralité qui contrariait beaucoup le duc de Bourgogne, Jean. Celui-ci essaya de la débusquer de ce poste redoutable; il employa successivement, pour y parvenir, et la force et la ruse; mais tous ces moyens furent inutiles; le noble donjon résista à tous ses efforts, et contribua ainsi à la reddition d’Arras.

Au commencement du siècle dernier, vers 1710, de nouvelles attaques vinrent se renouveler autour du château de Villers- Chatel ; plusieurs fois les habitants poursuivis s’y renfermèrent avec leurs richesses (Puits artésien, tome 5 — Harbaville, Mémorial historique, tome II, page 270). Enfin, la paix vint rendre inutiles ces petites forteresses isolées, et les propriétaires s’empressèrent de remplacer par des hôtels plus somptueux et plus élégants, ces sombres et imposants manoirs.

La tour de Villers-Chatel qui résista tant de fois aux ennemis, abrita les plus nobles seigneurs. En effet, nous y voyons successivement arborer les bannières des familles de La Comté, de Lens, d’Egmont et d’Habarcq. Plus tard, les Delannoy de Fretin, près Lille, Hennequin de Berneuil Delahaye, chevalier de Villers, et Mazelles, trésorier provincial des guerres au département d’Arras, en firent leur résidence de prédilection. Renversé par les démolisseurs à l’exception de la tour qui subsiste encore, le château de Villers-Chatel fut acheté par M. Duquesnoy, qui le vendit ensuite à M. Develle; il est aujourd’hui la résidence de M. de Florimond, qui nous a fait le plus gracieux accueil lors de notre visite archéologique.

Ce château était autrefois vaste et redoutable, composé d’un corps de bâtiment en forme de rectangle, avec une cour large et spacieuse, qu’entouraient des fossés et d’épaisses murailles. Il était en outre flanqué de deux grosses tours qui le défendaient.

L’une était ronde, c’est celle qui existe encore; l’autre au contraire, était carrée, n’avait ni créneaux, ni mâchicoulis, et ne pouvait être ainsi que d’un faible secours en temps de guerre.

Aussi, dans les moments de danger, était-elle abandonnée par ses maîtres qui allaient s’enfermer dans l’autre, dit le fort, pour s’y mettre à l’abri des attaques ennemies. Toutes deux avaient trois chambres superposées, comprenant tout le diamètre de la tour : la première y conduisait par sa tourelle, dont le faîte était sans doute la loge du guetteur. Enfin, elle était seule excavée et sa voûte était soutenue dans le milieu par un pilier de maçonnerie.

La tour ronde de Villers fut donc seule conservée sur l’un des flancs du nouveau château et vit tomber autour d’elle ses anciennes compagnes de gloire ; ses murailles et ses ponts-levis, que la suppression des fossés rendait inutiles. Elle date du XVIè siècle ; on le reconnaît à sa forme ronde et à sa ceinture de mâchicoulis. Les mâchicoulis de pierre indiquent notoirement un travail de la fin du quatorzième siècle ou du commencement du quinzième. On connaissait déjà ce genre de fortification; mais généralement il consistait en échafaudages ou balcons de bois, servant de support aux soldats, qui, par les ouvertures desdits échafaudages, jetaient toutes sortes de projectiles, pierres, poutres, plomb fondu, eau, huile et poix, bouillante, sur les assiégeants. Les ouvertures de ces balcons étaient même assez grandes à l’occasion,pour qu’on put précipiter de gros blocs de pierre, de fer ou de plomb, retenus par des chaînes solides; ce qui permettait de les retirer et de les utiliser de nouveau après avoir écrasé les assaillants et brisé leurs échelles.

Ces balcons de bois, ou hourds, comme on les appelait, avaient cependant des inconvénients dont un des plus graves était,qu’avec le perfectionnement des engins de guerre, ils devenaient faciles à incendier. On les remplaça donc par des encorbellements de pierre qui sont les mâchicoulis; ce mode de construction devint fréquent à partir de là seconde moitié du quatorzième siècle; mais à lui seul il ne suffirait pas pour donner la date d’une tour ; car on en installa sur des tours d’une époque antérieure pour se mettre au niveau des nécessités du temps.

Les tours offrent une disposition très-originale et très pittoresque que nous remarquons, du reste, dans notre château de Villers-Châtel ; les machicouiis forment une ceinture ou galerie d’un fort relief vers le haut des tours, qui s’élèvent encore au- dessus de cette galerie, jusqu’à une certaine hauteur, avant de recevoir le toit conique qui couronnait et abritait le tout.

M. Maurice de Florimond vient de faire bâtir dans cette paroisse une église qui est un vrai bijou d’architecture, et dont l’ornementation est d’une grande richesse et d’un goût exquis.

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