Villers-l’Hopital

D’après des renseignement recueillis à la mairie de cette commune, il existe au Sud-Ouest du village un monument druidique. On y voyait encore, en 1840, trois pierres levées; il n’en reste plus qu’une.

Description

D’après des renseignement recueillis à la mairie de cette commune, il existe au Sud-Ouest du village un monument druidique. On y voyait encore, en 1840, trois pierres levées; il n’en reste plus qu’une.

Ce village:était tenu des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, dès l’an 1245. Il en est fait mention dans une notification par Enguerrand de Beauvoir sur l’Authie, de Bellovisu super Alteiam, chevalier, de la vente faite par Nicolas de Villers, dit Huetius, à Vivien de Bauchiènes, à Herenberge, sa femme et à leurs hoirs, de 20 journaux de terre sis à Villers à charge de les tenir du dit Enguerran et de ses hoirs, libres de service, en payant à Villers-l’Hôpital 10 s. p. chaque année,

autant pour relief et pour vente. (Janvier, 1246. Trésor des ch. d’Art., série A, 11).

Le Vavasseur de Villers-l’Ospital, est cité dans un mandement du roi au bailli d’Amiens de faire rendre la justice au comte d’Artois, dans le pays de Ponthieu, avoisinant la rivière

l’Authie. (Trésor ch. d’Artois, A12). Ce village fut ravagé par les Français, en 1472. (Harbaville)

« Nous voyons, dans la coutume locale de Villers-l’Hôpital, rédigée en 1507, que la terre et seigneurie du lieu appartenait à Ferry de Saveuses. (Bouthors, Coût. loc. du baill: d’Amiens. t. II, p. 162). Elle passa ensuite dans les mains de la famille de Maries.

Une sentence de mai 1376, ordonne que les décrets, possession et saisine des terre et seigneurie de Villers-l’Hôpital, appartenant à M. Ange-Guislain-AIexandre-Joseph de Maries, chevalier, comte de Maries, etc., seigneur du dit Maries, de Vaudricourt et autres liex, demeurant en son château de Beauvoir-Rivière, en Artois, seront passés, scellés et jugés au plus offrant et dernier enchérisseur. (Sentences du Cons. d’Art. de 1783 à 1786, p. 493. Notes Gôdin).

Un arrêt du Conseil d’Artois, de 1790, défendit aux hommes cottiers de Villers-l’Hôpital, d’inscrire aucune procédure criminelle. (Très, des ch. d’Art., série B, 172).

Les chevaliers de l’Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, étaient établis dans le Ponthieu, vers le milieu du XIè siècle, et en 1154, eut lieu la fondation de la maison de Fieffés: peu de temps après, un des membres de cette commanderie fut installé à Villers-l’Hôpital.

Des lettres de Thiébaut, et Thibaut évêque d’Amiens, de l’année 1172, nous font connaître que, devant lui a comparu Godefroy, vicomte de Conchy, lequel a approuvé et confirmé la donation que Eustache de Conchy, son père, avait faite aux frères de l’Hôpital, de cinq cents mesures de terre à Villers, ainsi que celle faite aux mêmes frères par Gérard de Bonnières, d’une charrue de terre au Mont-Herbaut, apud Montem Herbot; avec le droit de moudre leurs grains au moulin de Wavans. (Arch- nat. s. 5059, suppl. n° 7, f° 9).

En 1197, les frères de l’Hôpital et le prieur de Conchy, réglaient entre eux leurs droits au sujet du patronage, des dîmes et des oblations, dans les églises et chapelles de Villers et de Forestel (Fortel), (Arch, nat, S. 5059, suppl. n° 7, f° 7.)

Mathieu de Rollepot faisait donation en 1233, aux Hospitaliers, de toute la dîme qu’il avait à Villers.

Des difficultés s’étant levées, en 1972, entre le comte et les frères de l’Hôpital, au sujet de la justice de Villers, des arbitres furent nommés, et il fut reconnu que l’Hôpital avait seul en ce lieu tous les droits de basse justice.

A la Commanderie appartenaient encore le patronage et la collation de la cure de Villers. Elle en partageait les dîmes avec le prieur de Conchy, et percevait entièrement celles de Baffles et de Noeux, qu’un sieur Andrieux du Gardin lui avait données, 1235.

« A Villers-l’Ospital à une maison de l’Ospital, ancien et curé frère de l’Hospital, appartenant à la baillie de Fieffes et une ville, nommée la ville de Nuez (Noeux), dépendant d’icelle. » (Livre-vert).

La maison de Villers était située sur la place du village, tenant au presbytère. Au lieu de cinq cents mesures de terre qu’elle possédait dans les premiers temps, il ne lui en restait plus, au XVè siècle, que deux cents journaux, dont une partie était située sur le territoire de Noeux.

Le revenu de cette terre, avec les droits seigneuriaux, était en 1373, de 80 livres; il s’élevait, en 1787, à 3,200 livres(Mannier, Les Commanderies, p. 640).

Il existait autrefois un hôpital dont la construction, remonterait au temps des croisades.On en voit encore particulièrement l’emplacement des fondations qui couvrent une étendue de près de 2 hectares. Près de ces ruines se trouve une élévation de terrain d’un diamètre assez considérable, qui paraîtrait avoir été d’un usage quelconque pour l’hôpital. Aujourd’hui l’église, d’une construction toute moderne d’ailleurs, est située sur ces ruines.

La base de la tour, ayant un petit portail de forme surbaissée avec sculptures d’anges et de raisins, surmontée d’une statue représentant la décollation de saint Jean-Baptiste, pourrait bien être un reste des anciennes constructions. En face du petit portail, entre le clocher et la chapelle des fonts baptismaux, se trouve une arcade ogivale avec piliers cordelés, qui remonterait au même temps.

La cure de Villers-l’Hôpital ne figure pas au pouillé de 1301, parce qu’elle était de commanderie et qu’à ce titre,elle ne payait pas de décimes. Son existence à cette époque n’est pas douteuse, puisque le droit de patronage du Commandeur de Fieffés fut l’objet d’une difficulté avec le prieur de Conchy, selon renonciation de M. Cocheris, en citant une charte du mois de mai 1197. (Catalogue des manuscrits sur la Picardie, (n°563; 4 e cart. de Fieffes f» 7, A. 1 Sect. adm., S. 4059, n°7,)

M. Cocheris a fait erreur en plaçant le prieuré de Conchy à Conchy-sur-Canche (Darsy, Bénef. du dioc. d’Am. p. 369).

Le bois de l’hôpital, la vallée du Puits et les fossés Saint-Jean dépendent de cette commune.

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