Wailly

Le village de Wailly, l’un des plus beaux du canton de Montreuil, est traversé par la route de Paris à Calais.

Description

Le village de Wailly, l’un des plus beaux du canton de Montreuil, est traversé par la route de Paris à Calais. Les habitants eurent beaucoup à souffrir pendant les guerres du quinzième siècle et du seizième ; leurs maisons furent incendiées, les terres demeurèrent incultes et les chroniqueurs nous apprennent que la désolation était si grande dans cette contrée en 1475, que des dix-huit à vingt charrues dont on se servait ordinairement, à peine en restait-il deux.

Les moines de Saint-Sauve, de Saint-Josse-sur-Mer et de Dommartin se partageaient la dîme sur le territoire de Wailly ; ils la devaient à la générosité des premiers sires de Wailly, parmi lesquels nous citerons le chevalier Eustache, dont les fils Robert et Gaultier vivaient au début du XIIIè siècle. Au mois d’octobre 1238, le comte de Ponthieu et la comtesse de Dreux se soumirent à l’arbitrage de Guillaume de Wailly. (0. de Montreuil, f° 163 et Cf. C, de Dommartin, f° 121.) Un autre Guillaume de Wailly servit aveu de sa terre en 1311. Elle était tenue de Maintenay par 60 sols parisis de relief et comprenait 375 journaux de terres labourables, plus 644 journaux de bois en deux pièces assavoir le bois de Vierreul, 355 journaux et le Kaisnoy, 390. (Aveu Maintenay.)

M. de Belleval établit la généalogie delà famille de Wailly, depuis Wermon qui fut le témoin d’une charte en 1144. Le dernier de sa race fut Jacques de Wailly, qui existait en 1377. Leurs successeurs ne sont pas connus. La suzeraineté de Wailly se trouvait plus tard réunie au domaine de Maintenay ; le principal fief appartenait en 1531 à Nicolas, du Bus, écuyer, mari de Péronne de Bouffiers. Ceux-ci le transmirent à leur postérité jusqu’à Marie-Ghislaine du Bus, dame de Wailly, qui épousa Antoine-François-Marie de Bernes, dont le fils mourut sans enfants. C’est alors que Wailly retourna à Adrien du Bus, qui le vendit à M. Charles-Louis-Henri de Cossette (8 mai 1783). (Titres de famille.)

Saint Adrien, martyr, dont les reliques étaient conservées en Haynaut dans la ville de Grammont, fut l’objet d’un culte spécial à Wailly. Les Bollandistes racontent le fait suivant :

« Le 3 octobre 1516, Jeanne le Fèvre, femme de Jacques du Bois, qui demeurait à Wailly près Montreuil, cueillait des légumes dans son jardin lorsque sa mère, morte depuis trois ans, lui apparut :

« Jeanne, ma fille, dit-elle, rassure-toi, je suis ta mère, souviens-toi que pendant une de tes maladies nous promîmes ensemble d’aller en pèlerinage à Grammont ; parce que tu n’as pas rempli cet engagement, je souffre cruellement dans le purgatoire ! »

La vision disparut et Jeanne n’en parla à personne. Huit jours après, elle préparait le feu de la cuisine, quand soudain apparaît encore sa mère qui la renverse sans connaissance :

« Apprends qu’il n’y aura plus de repos pour toi jusqu’à ce que tu sois allée vénérer les reliques de saint Adrien à Grammont ! » La malheureuse jeune femme, privée de l’usage de la raison, raconta à son mari dans un moment lucide ce qui s’était passé et Jacques du Bois n’hésita point à partir avec elle ; un grand nombre d’habitants de la commune les accompagnèrent. Aussitôt qu’elle eut baisé les reliques du glorieux martyr, Jeanne ouvrit les yeux et s’écria : « Loués et bénis soient Dieu et saint Adrien, je suis guérie ! » Le 18 octobre suivant, fête de saint Leu, elle raconta cet événement dans l’église paroissiale de Wailly, en présence de trente témoins. (Acta sanctorum, 8 sept.)

Hameau

Le Moufflet. Le fief noble du Mont-Ruflel (1311) ou du Mont-Riflet (1337) appartenait aux Framezelle au XVè siècle. Il fut plus tard réuni à la seigneurie de Wailly dont il relevait. Madame la vicomtesse de Cossette a érigé il y a peu d’années une chapelle dédiée à Notre-Dame de la Salette. Cette chapelle, construite dans le style byzantin, est située à l’entrée du bois vers le village. Il s’y fait chaque année au mois de septembre une neuvaine terminée par un pèlerinage qui est déjà très fréquenté par les populations voisines. ( Voir l’Annuaire du diocèse, année 1872, paye 192.)

Archéologie

L’église de Wailly est dédiée à saint Pierre.

Elle se compose de deux nefs du XVè siècle et d’une tour carrée qui sert de clocher. On y voit la pierre tombale de Jean-François-Marie de Bernes de Longvilliers, chevalier, vicomte de Wailly,

officier au régiment de Noailles-cavalerie, qui mourut âgé de 20 ans.

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