Berlencourt

Ce village comme ceux de la vallée de la Canche faisait partie du diocèse de Boulogne, depuis une haute antiquité, la collation de la cure était à l’abbé de saint Éloi.

Description

Ce village comme ceux de la vallée de la Canche faisait partie du diocèse de Boulogne, depuis une haute antiquité, la collation de la cure était à l’abbé de saint Éloi. A l’église de ce lieu étaient annexés Cauroy Liencourt et Denier. L’abbé de Saint-Eloi avait l’entretien du chœur construit sur la propriété

de l’abbaye. La famille de Coupigny avait l’entretien de l’église.

Les censives et droits seigneuriaux rapportaient au monastère de Saint-Eloi 14 livres 15 sols. (M. de Cardevacque histoire de l’abbaye de Saint-Eloi.)

Vers 1560 Lancelot de Berlencourt épouse Marie de Brimeu qui convola en secondes noces avec Charles de Croï, duc d’Arschott, prince de Chimay etc. (Le Carpentier, histoire de Cambrai p. 328).

Archéologie

L’église de Berlencourt est du XVIè siècle. Le chœur conserve l’intégrité de son origine, une belle voûte en pierres à nervures et des fenêtres ogivales ornées de meneaux avec quelques niches bien sculptées. A sa seconde travée un cul-de-lampe est formé par un écusson abbatial, surmonté de la mitre et de la crosse passée en pal derrière l’écu. Dans le champ de l’écu un aigle aux ailes déployées prend son vol vers les cieux.

Au dessous se déroule la devise :

PLENO PETIT ASTRA VOLATU.

On lit à côté la date 1600. A cette époque le monastère possesseur du chœur de Berlencourt avait à sa tête l’abbé Adrien Duquesnoy.

L’église est à trois nefs. Au dessus des piliers et des arcades qu’ils supportent on remarque des traces d’anciennes dégradations. L’église détruite à une époque plus ou moins reculée aura été relevée à grand renfort d’économies avec ce qu’on aura pu utiliser de murs et de colonnes.

Un chef-d’œuvre de menuiserie Louis XV sert de confessionnal. Si le naufrage a des tristesses, le port ne manque pas d’agréments.

Deux belles cloches dont l’une au son grave et l’autre qu’on croirait d’argent pur portent au loin leurs harmonieuses vibra­tions.

LE CAUROY

Cet important hameau, plus grand aujourd’hui que Berlincourt est mentionné dans les chartes des XIè et XIIè siècles. Il a possédé de temps immémorial un château et une chapelle. Il constituait une paroisse et avait le titre de pairie du Cambraisis (M. Brémond.hist. de la maison de Beauffort.) Vers 1300 messire de Bellebaut du Cauroy, chevalier, fut avec Iean de Beauffort à la chevauchée d’Oisy, selon une quittance donnée à Arras le samedi 3 septembre 1305. (ibid.) Pierre du Cauroy chevalier seigneur dudit lieu et de Fontaine-les-Boulans fût marié vers 1640 à Isabeau de Beauffort, fille de Payen de Beauffort.

Le 19 décembre 1671, Eugène de Noyelle marquis de Lisbourg qui possédait la terre de Cauroy la vendit à messire Jean-Baptiste de Beauffort chanoine et official d’Arras, à Pierre Ignace de Beauffort chevalier, seigneur de Warnicampset à Antoine Joseph de Beauffort seigneur de Lassus. Ce dernier hérita la totalité de la seigneurie qu’il transmit à ses descendants.

Archéologie

Le Cauroy possède un des beaux châteaux du pays construit par son seigneur le baron de Beauffort seigneur aussi de Lassus de Nédonchel et Hanescamps etc. La Révolution le respecta ainsi que la petite chapelle qui y était annexée.

M. le baron Alphonse de Beauffort érigea non loin de son château une charmante église romane peu après avoir fondé une importante maison de charité confiée aux sœurs de saint Vincent-de-Paul.

On voit encore au château de Cauroy la crosse abbatiale de la noble abbaye d’Etrun dont la dernière abbesse fut Marie Henriette Constance de Beauffort. M. de Linas en a donné une savante étude dans le tome 2 du bulletin de la commission des monuments historiques, p. 297.

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