Chelers

La première mention que l’on rencontre de Chelers, date de 1172. Ce lieux est nommé Parochta de Selert, dans l’acte de donation de l’autel de Chelers au chapitre d’Arras par l’évêque André.

Description

La première mention que l’on rencontre de Chelers, date de 1172. Ce lieux est nommé Parochta de Selert, dans l’acte de donation de l’autel de Chelers au chapitre d’Arras par l’évêque André. Situé sur les limites du diocèse de Boulogne, à environ deux lieues de Saint-Pol, ce village dépendait autrefois de la gouvernance d’Arras pour une partie et de la séné­ chaussée de Saint-Pol, conseil d’Artois, Parlement de Paris, subdélégation et recette de Saint-Pol, gouvernement d’Arras, intendance de Picardie à Amiens. A l’époque de l’invasion de 1710, des ministres dissidents vinrent prêcher dans l’église de Chelers.

Chelers faisait partie du domaine des-comtes de Saint-Pol.

En 1504, une partie de la terre de. Chelers appartenait à un argentier d’Arras, du nom de Morel Adrien, dont le fils fut procureur général au conseil d’Artois.

La principale seigneurie et la portion la plus notable de la terre de Chelers appartenaient au XIVè siècle à la famille de Béthencourt ; elles devinrent au XVè siècle l’apanage des seigneurs de Noyelle-Vion. Ce domaine passa ensuite à la maison d’Assonleville, originaire du Brabant. Une héritière de ce nom. Marguerite,la porta en mariage à Jérôme Gaspard de France, chevalier, baron de Boucault. Ils en disposèrent par testament du 18 avril 1650,en faveur de Pierre Ernest,leur 3è fils,avec une rente de 900 florins sur la ferme de Béthencourt. Ce dernier étant mort sans enfants, eut pour héritier son frère cadet, Ponthus-Alexandre, archidiacre d’Arras, qui mourut prévôt de Seclin près de Lille.

Guillaume Alexandre, marquis de Noyelle, leur neveu, devint propriétaire de la seigneurie de Chelers qu’il avait eue en curatelle, en vertu d’une sentence du conseil d’Artois du 15 mai 1703.

Il la donna en mariage à sa tille Marie-Thérèse-Gertrude de France, qui épousa Alexandre du Rietz, comte de Willerval.

Cette seigneurie portait le nom de Beaurepaire-en-Chelers. Le 30 octobre 1730, Adrienne-Hélène d’Aoust, comtesse de Boursies en disposa par testament en faveur de Messire Jacques Eustache d’Aoust, chevalier, seigneur d’Harponlieu. Son mari confirma cette donation, mais la terre de Beaurepaire fut vendue avant son décès à Yves Guislain Quarré Durepaire.

Une dame Desarnois possédait une autre portion considérable de la seigneurie et du domaine de Chelers. Elle la vendit à un nommé Truffier, fermier à Berneville. Quarré Durepaire en obtint le retrait, en prouvant qu’il descendait d’Adrien Morel par sa mère qui était une Payen.

Le moulin, plusieurs droits seigneuriaux et quelques rentes foncières appartenaient à Charles du Riez, comte de Willerval.

Quarré Durepaire les lui acheta au mois de mars 1732, moyennant une somme d’environ 30,000 livres, pour éviter les procès entre co-seigneurs. Quarré Durepaire réunit ainsi en sa personne toute la seigneurie et le domaine, de la ferme de Chelers. Le chapitre d’Arras lui contesta la jouissance entière des droits honorifiques, en raison d’une seigneurie qu’il possédait dans le même village. Le procès fut porté devant le conseil d’Artois, et par une sentence du 3 juillet 1738, Quarré Durepaire, chevalier, maire de la ville d’Arras, fut maintenu dans les droits honorifiques de Chelers et le chapitre dans la haute justice sur quelques manoirs qui lui payaient des rentes, sans pouvoir l’exercer cependant sur les rues et flégards. Les parties en appelèrent au Parlement de Paris qui confirma cette sentence, le 5 septembre suivant.

On voyait encore, en 1736, quelques restes d’une tour élevée près de l’église. C’était le chef-lieu de la seigneurie séculière; on l’appelait la Tour céleste et ce nom est resté au fief.

L’église de Chelers est située dans le cimetière. Elle n’offre aucun intérêt architectural ; on y remarque seulement quatre pierres tombales. Le clocher consiste en une tour carrée, surmontée d’une flèche en bois, recouverte en ardoises.

Il existe dans la commune deux hameaux, Herlin-le-Vert et le Tirlet. La chapelle d’Herlin-le-Vert avait pour collateur le chapitre d’Arras qui partageait avec l’abbé de Loos la seigneurie du lieu.

Le Tirlet, Tirlay, Tirlai, Tillelet (Maillard), consiste en une ferme principale, entourée de quelques habitations, à une distance d’environ une demi-lieue de la paroisse. Il y avait jadis une chapelle sur le chemin qui menait à Chelers; elle est détruite. L’abbé de Loos près de Lille,était aussi seigneur du Tirlet.

Le prince Eugène établit son quartier général à la ferme du Tirlet en 1711.

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