Conchil le Temple

Hariulfe mentionne Conchil parmi les possessions de l’abbaye de Saint-Riquier au IXè siècle. La maison que l’on appelait le Temple-lez-Waben se trouvait au lieu nommé la Commander

Description

Hariulfe mentionne Conchil parmi les possessions de l’abbaye de Saint-Riquier au IXè siècle. La maison que l’on appelait le Temple-lez-Waben se trouvait au lieu nommé la Commanderie.

Elle était située entre deux chemins dont l’un conduisait à Waben et l’autre à Montreuil. C’est là que résidaient en 1307 les Templiers Raoul de Monteswis et Eudes d’Ecuires qui furent arrêtés à Montreuil et brûlés vifs.

Lorsque les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem succédèrent aux Templiers, la commanderie du Temple, réunie à celle de Loison, était riche de 60 journaux de terres labourables et de 124 journaux de bois divisés en deux parties : le bois de la Servelle (99 jx.) et le bois du Temple (25 jx.). Il y avait un moulin et un four banal avec des rentes qui rapportaient environ 54 livres. Les Hospitaliers eurent à soutenir en 1352 plusieurs procès contre le comte de Ponthieu, à l’occasion de certains droits seigneuriaux qu’il exerçait au Temple. A la suite de ces procès, ils continuèrent à rendre la haute, la moyenne et la basse justice ; le comte de Ponthieu ne put sous aucun prétexte s’arroger le droit de faire des exploits dans leur domaine.

Les guerres du XVè siècle causèrent partout de grands ravages ; le rapport de la visite prieurale de 1495 nous trace un bien triste tableau « du membre de la Commanderie de Loison nommé le Temple-les-Waben » : la chapelle avait été incendiée ; les bâtiments étaient démolis ; le moulin tombait en ruine. Le commandeur Émery d’Amboise les fit réparer. Un prêtre séculier desservait la chapelle qui était dédiée à la Sainte-Vierge moyennant une pension de 20 livres.

Le revenu de la maison du Temple-les-Waben était, en 1578, de 166 écus soleil, avec les droits seigneuriaux il s’élevait, en 1757, à 1,272 livres; et en 1783,à 1,500 livres. (Arcli. nationales, Ordre de Malte J. 5058.)

La seigneurie vicomtière du Temple, qui relevait en partie du roi à cause de son château de Waben, de la baronnie de Merlimont et de la seigneurie de Maintenay, appartenait-en 1311 à Jean de Bours. (Aveu Maintenay.) Le 4 septembre 1510., Nicolas de Bours, écuyer et l’un des successeurs de Jean de Bours, en servit aveu à Nicolas de Werchin, baron de Merlimont. Ce fief, que possédèrent après lui Henri aux Epaules, Jean de Longueval et Claude de la Wespierre, fut acheté le 27 décembre 1608 par messire Louis de Bresdoult, chevalier. Louis de Bresdoult était déjà seigneur de Neuvillette et du Pas-d’Authie du chef de sa mère Antoinette de Gouy. Antoine Hourdel lui vendit, le 24 mars 1596, le fief de Beaurepaire. Les Bresdoult habitèrent le Pas d’Authie : l’un d’eux, messire Henri, fut mayeur de Montreuil et mourut en 1761, laissant une fille unique, demoiselle Marie-Madeleine, qui épousa Simon-Joseph Moullart, baron de Torcy.

La cure de Conchil était à la présentation de l’abbé de Saint- Éloi-les-Noyon. Le desservant, les moines de Saint-Josse et le seigneur partageaient la dîme.

La confrérie de saint Biaise établie dans l’église de Conchil remonte à une haute antiquité. L’évêque d’Amiens lui accorda en 1686 une relique insigne du saint et il ratifia en même temps les règlements de cette pieuse association qui compte actuellement plus de trois cents membres. La relique de saint Biaise est l’objet d’une grande vénération. Les nombreux pèlerins, qui viennent à Conchil le 3 février et les jours suivants, invoquent saint Biaise afin d’être préservés des maux de gorge. (Notes de M. l’ailé Oudin.)

Hameaux et écarts

La Commanderie. La Frénésie. Le Pas-d’ Authie. Le Pavillon. On prétend que le Pavillon est l’ancienne prison du bailliage de Waben. C’est une construction carrée dont les murailles ont une grande épaisseur. Les caves sont très-profondes et on y voit d’énormes anneaux qui servaient à enchaîner les prisonniers.

Archéologie

L’église de Conchil est remarquable. Le chœur, qui a été récemment orné de vitraux offerts par M. le baron de Torcy, est du XVè siècle. Le tableau qui représente la Présentation de la Sainte-Vierge au Temple est attribué à Annibal Carrache.

M. le baron de Vilmarest l’acheta peu de temps après la Révolution à un chanoine de Paris qui l’avait sauvé du pillage de Notre- Dame.

Dans le cimetière se trouve une élégante chapelle qui sert de sépulture à la famille des barons de Torcy.

Voici les épitaphes relevées dans l’église :

CI GIST DAMOISELLE JENNE DE’RUNES VIVANT

FEMME DE SC1PION DE BREDOUL, ESCUIER, S r

DE NEUV1LLETTE, NEUX, RENHAUVILLE, CONCHIL

ET AUTHIE. ELLE TRESPASSA. LE 30 SEPTEMBRE 1 5 9 1 .

PRIÉS DIEU POUR SON AME.

CI GIST MESSIRE SCIPION

DE BRESDOUL CHEVALLIER

SEIGNEUR DE NEUVILLETTE ET

DE CONCHIL, DÉCÉDDÉ

LE VINGT SIX JANVIER

MIL SIX CENT DEUX.

PRIÉS DIEU POUR SON AME.

ICI GIST MARGUERITE DE HODICQ, DAME D’ESNOCQ,

PRINCIPAUTÉ DE HODICQ, CLUZEET, LES GRANGES, VIVANT

FEME DE MONS. DE BRESDOUL, ESCUIER, SEIG r

DE NEUV1LETTE, CONCHIL, VICOMTE DU TEMPLE,

LAQUELLE DÉCÉDA LE 16 OCTOBRE 1617.

PRIÉS DIEU POUR SON AME.

SOVBS CE MARBRE EST LE CŒVR

DE VERTUEVSE DAME

LOVISE DE S’-SVPLIS

ESPOVSE EN SECONDES NOCES

DE MESSIRE

LOV1S DE BRESDOVLT.

CHEVALLIER SEIGNEVR

DE NEVVILLETTE, CONCHIL,

VICOMTE DV TEMPLE,

DÉCÉDÉE LE PREMIER

IOUR DE IANV1ER 1 6 3 1 .

PRIEZ POVR SON AME.

CI GIST LE CORPS D’HONORABLE HOMME

NICAISE DE QUILLEN, EN SON VIVANT

LIEUTENANT DE LA TERRE ET SEIGNEURIE DE

CONCHIL ET LE TEMPLE, LEQUEL A DONNÉ,

PAR TESTAMENT DERNIER, LA SOMME DE DOUZE

LIVRES DE RENTE A PRENDRE SUR LA MAISON

MORTUAIRE, A CONDITION DE LUI FAIRE CHANTER

DOUZE OBITS PAR AN,

UN TOUS LES PREMIERS VENDREDIS DE CHACUN MOIS,

LEQUEL TRESPASSA UN VENDREDI

DERNIER JOUR D’AOUST

16 PRIEZ DIEU 7 5 .

POUR SON AME.

SOUS CETTE TOMBE

REPOSENT LES CORPS DE MESSIRB

HENRY DE BRESDOUL

CHEVALIER SEIGNEUR VICOMTE D’AUTHY

ET DE CQNCHIL LE TEMPLE,

PREMIER MAIRE DE CETTE VILLE (DE MONTREUIL)

PAR BREVET DU ROY,

DÉCÉDÉ EN EXERCICE

LE 4 JUILLET 1 7 6 1 ,

ET DE DAME MARIE AUSTREBERTE

D’ESCAULT, SON ÉPOUSE,

DÉCÉDÉE LE 12 JANVIER 1766.

REQUIESCANT IN PACE.

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