Contes

Le chemin de Montreuil à Hesdin passait non loin de la forteresse de Contes qui était abritée par d’épaisses forêts et environnée de vastes fossés que l’on remplissait des eaux de la rivière.

Description

Le chemin de Montreuil à Hesdin passait non loin de la forteresse de Contes qui était abritée par d’épaisses forêts et environnée de vastes fossés que l’on remplissait des eaux de la rivière.

On rattache généralement à la famille de Créqui les premiers possesseurs de Contes. Ils apparaissent, à la fin du XIIème et dans le cours du XIIème siècles, avec la qualité de chevaliers. L’un d’eux, Jehan, époux d’Agheline, est cité parmi les principaux bienfaiteurs de l’abbaye de Saint-André-au-Bois, à laquelle il donne le tiers de la dîme sur 600 journaux de ses domaines (1222). Ses fils, Guillaume, Henri, Éloi et Eustache, jaloux d’associer leurs noms à la fondation de la chapelle de Contes, renoncent, la même année, aux deux autres tiers, et il résulte de cet acte, que les moines ont primitivement exercé les fonctions de chapelains de Saint-Léger.

Au mois de juillet 1249, Éloi de Contes, chevalier, cède au prieur de Beaurainville, les menues dîmes qu’il percevait sur le territoire de Beaurain, moyennant une redevance annuelle et perpétuelle de 16 muids de blé.

Nous retrouvons Henri et Éloi au mois de septembre 1249 et, en 1253, Jacquemets, sire de Contes, ayant acheté de Baudouin les terres et seigneurie de Maresquel, voulut contester à l’abbé Hugues de Fruges la pêche de la rivière de Canche, que les religieux avaient fort anciennement obtenue des châtelains de Beaurain- On en référa à la cour de leur successeur, Baudouin de Créqui, qui réunit ses pairs le jour de saint Pierre.

Ces pairs étaient: Jehan de Brimeu, Guillaume Longue-Epée, Gilles de Maries, Adam de Gyemes, Nicolas de Ricquebourg, Jehan de Fruges, Jehan Lorisse, Jehan de Lisle, Thomas de la Porte, Hues Lorisse, Pierre de Longvilliers, Adam de Hautecloque et Jehan de Buimont, bailli de Beaurain.

Ils reconnurent le droit des moines depuis les écluses, vers Bureuilles, jusqu’à l’extrémité des prés, du côté de Ricquebourg.

A Jacquemets, succéda Baudouin de Contes qui fut inhumé dans l’église du prieuré de Beaurainville en 1325.

La seigneurie de Contes se perpétua dans sa maison jusqu’à messire Renaud qui périt à la bataille d’Azincourt et dont l’unique héritière, dame Catherine, épousa Jehan de Fromessent.

Ils eurent deux fils, Jehan et David. On lit dans les mémoires de Du Clercq qu’un gentilhomme boulonnais, nommé Jehan de Fromessent « qui estoit riche de 3,000 florins de rente » servit dans la joute qui eut lieu à Bruges, à l’occasion du mariage du duc de Gueldre, et qu’il lutta avec le sire de Renty : « or, il, advint, entre plusieurs coups, que les jousteurs faillirent un coup de asseurer l’ung l’aultre, pourquoi ils se désarchonnèrent de leurs lanches, dont l’une des lanches queit (tomba) sur les liches qui estoient de bois dont l’un des bouts de lanche saillist (sauta) sur la teste dudict Jehan de Fromessent et le navra (blessa) un peu par semblant à la teste et ne sembloit guères de chose à luy ny aux aultres ; mais toutes fois six heures après il mourust dudit coulp, de laquelle mort chascun fust desplaisant (triste) et mesmement le seigneur de Croy et son fils.

Lequel seigneur de Croy feit le lendemain faire son serviche, et moult solennel, ou feurent la pluspart des seigneurs de la cour. ».

Jehan de Fromessent ne laissait pas d’enfants. Sa sœur, Bonne, dame de Contes, Maresquel et autres lieux, s’allia à Messire Jean de Crecques ou de Crésecques. Leur fille, Jeanne, porta ces vastes domaines dans la maison de Croy, par son mariage avec Jean, premier seigneur du Roeulx et châtelain de Beaurain, qui les transmit à ses descendants (1450).

Le compte des revenus de là châtellenie de Beaurain, dressé en 1521, nous apprend que la seigneurie de Contes, ténue du roi par 30 sols parisis de relief et 15 sols de chambellage, rapportait 945 livres, 19 sols, 7 deniers, soit environ 2970francs de notre monnaie.

Elle donnait droit de justice vicomtière.

A cette époque, le château de Contes n’était plus habité. Les Croy passaient leur vie au milieu des camps ou à la cour des ducs de Bourgogne, et lorsque les comtesses de Rœulx venaient de temps à autre “visiter leur terres de la vallée de Canche, elles résidaient toujours à Beaurain.

On entretenait, cependant les fortifications en bon état de défense.

Les Bourguignons occupaient Contes en 1551 et faisaient lourdement peser leur domination sur les pays environnants qu’ils ravageaient et ruinaient sans merci, tandis que le comte de Rœulx s’emparait par surprise de la ville d’Hesdin, là veille de la Saint-Jean.

C’est alors (1552) que les Français vinrent en gran’d nombre attaquer le château de Contes. La place, vaillamment défendue et nouvellement restaurée ne résista point au feu de douze pièces de canon qui « battirent sy furieusement lés murailles qu’ils y feirent grande bresche ».

Les assiégeants, ayant fait couler l’eau des fossés dans la rivière, par une saignée à la digue », livrèrent un assaut dont les Espagnols ne purent soutenir le choc et la plupart succombèrent dans la mêlée. Ceux qui cherchèrent le salut dans la fuite périrent en traversant la Canche. Les flammes eurent bientôt dévoré l’antique forteresse et la pioche des Français acheva l’œuvre de l’incendie.

C’était une construction très allongée avec des angles irréguliers garnis de grosses tours.

Nous avons dit que les religieux de Saint-André décimaient sur une partie du territoire. Le chapelain de Saint-Léger jouissait également d’une branche de dîme. La chapelle de Saint-Léger, ancienne chapelle castrale érigée dans l’église paroissiale, était à la nomination de l’évêque de Boulogne. Ce bénéfice, qui rapportait 100 livres et qui obligeait à la célébration de quelques messes chaque semaine, tomba en commande.

Le curé de Contes, adressant à l’évoque de Boulogne un rapport détaillé sur l’état de sa paroisse en 1726, signale l’existence de deux ermites qui habitaient l’ermitage : le plus ancien se nomme frère Sébastien Douchard et le plus jeune, qui est mort le 17 juillet 1725, se nommait frère Martin Blond ; ils menaient l’un et l’autre une conduite édifiante.

Le 27ème abbé de Saint-André-au-Bois, Jehan de Montfélon, est aussi appelé Jehan de Contes. (1451-1474.)

La famille de Contes, qui a encore des représentants, est issue d’une branche cadette de cette antique maison.

Archéologie

L’ancienne église de Contes, réparée en 1699 aux frais de l’abbaye de Saint-André, était une pauvre construction dépourvue d’architecture. Les cloches avaient été bénites le 25 octobre 1665 par l’abbé Lédé.

La nouvelle église est dans le style du XIIIème siècle. On y remarque un triptyque qui représente la Flagellation ; c’est une peinture flamande qui paraît remonter au XVIème siècle.

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