Frévin-Capelle

Ce village, de faible importance, est situé sur la petite rivière de la Scarpe, dont les eaux font tourner un moulin à farine, situé sur son territoire. Il dépendait anciennement de la paroisse d’Asnières ; la séparation s’en fit vers 1150. Frévin fut alors érigé en cure et l’on y annexa Capelle.

Description

Ce village, de faible importance, est situé sur la petite rivière de la Scarpe, dont les eaux font tourner un moulin à farine, situé sur son territoire. Il dépendait anciennement de la paroisse d’Asnières ; la séparation s’en fit vers 1150. Frévin fut alors érigé en cure et l’on y annexa Capelle.

La terre de Frévin a été longtemps l’apanage des seigneurs de ce nom. Le sire Bauduin de Freving est témoin d’une charte du prieur d’Aubigny, en 1152. Il est fait mention de Gilles de Frévin dans une quittance de 1298 (Inv. ch. d’Art. A 153.)

En 1326, nous voyons que Robert Regnart, seigneur de Fréving, écuyer, homme du château d’Aubigny, est présent à un acte d’acquisition faite par la comtesse Maliaut (20 janvier). (Inv. des ch. d’Artois, liasse A, 453.)

Des auteurs des XVè et XVIè siècles, en latinisant le nom de Frévin par Frivinum, parlent en termes élogieux de deux seigneurs de ce lieu : François et Jean de Bernemicourt, gouverneurs de Béthune.

En 1710, François Leblond et Marie-Anne Brodel, sa femme, fermiers du marquis de Saluces-Bernemicourt, firent bâtir, au Nord de Frévin, une chapelle qui existe encore; tous deux ont été enterrés dans la nef de l’église paroissiale, près de l’autel, du côté de l’évangile. Leur épitaphe, gravée sur un marbre bleu, était enchâssée dans un cadre de pierres, avec sculptures, et scellée dans la muraille. Il y était fait mention de quelques obits fondés par eux dans la même église.

La seigneurie de ce lieu, après avoir été quelques siècles dans, la Maison de Saluces-Bernemicourt, passa, après la mort de la comtesse de Lannion, tante paternelle et héritière du marquis de Saluées, dans la famille de Guines, dite de Souastre. (P. Ignace, Add. aux Mém., t. v, p. 435). Elle appartenait, à la fin du XVIIIè siècle, au sieur Isbrandt de Lendoncq.

La maison seigneuriale était située au bas de l’église; 11 n’en restait plus, vers le milieu du XVIIIè siècle , d’autres vestiges qu’un fossé et quelques vieux murs, le long desquels coule un ruisseau dont la source est sous un des bâtiments de cette maison , aujourd’hui propriété de M. Candelier. Sa position même, au bas de la colline et sur la rive gauche de la Scarpe, nous fait croire qu’elle fut l’emplacement d’un des châteaux- forts dont les rives de la Scarpe étaient garnies.

L’église fut reconstruite, en 1551, date qui se voit très-lisiblement au milieu de l’arcade du portail. Un jugement provisionel, rendu au conseil supérieur d’Artois, en 1732, condamna les abbé et religieux du Mont-St-Eloy à faire reconstruire le chœur de l’église de Frévin-Capelle (Invent 1 , des ch. d’Artois, série B, 154). La voûte, de petites pierres blanches, est en ogive; les arêtes en sont saillantes et leurs nervures anguleuses se terminent à leur point de jonction par des culs-de-lampe. Vendue pendant la tourmente révolutionnaire, elle fut achetée par un habitant qui, au moment du rétablissement du culte, l’a rendue intacte.

A l’entrée de l’édifice, s’élève une belle tour en pierres grises, percée de meurtrières et surmontée d’une galerie et d’une flèche octogone, en pierres blanches, ornée, aux huit angles, de sculptures. La hauteur de la tour est de 20 mètres, et celle de la flèche de 40; elles ont été achevées en 1649. Les armoiries du seigneur de Frévin-Capelle et celles de sa femme. se voyaient sur certaines parties des clefs de voûte. C’étaient les armes de Bernemicourt.

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