Grand-Rullecourt

Gérard, chevalier, bienfaiteur des abbayes de Saint-Aubert, de Saint André-d’Arrouaise, et Godefroi de Rullecourt qui donna des biens- à l’abbaye de Saint-Eloi, était seigneur de ce lieu en 1140. (Locrius.)

Description

Histoire

Gérard, chevalier, bienfaiteur des abbayes de Saint-Aubert, de Saint André-d’Arrouaise, et Godefroi de Rullecourt qui donna des biens- à l’abbaye de Saint-Eloi, était seigneur de ce lieu en 1140. (Locrius.)

Une charte de Guy, seigneur d’Inchy et de Waencourt, fait mention do Colart ou Nicolas de Rullecourt, marié à Sara de Wailly. (Le Carpentier, .p. 514). Ceux-ci fondèrent, en 1218, l’hôpital Saint-Jacques d’Arras, établi d’abord près de Saint-Aubert et desservi par des religieux. Ils lui affectèrent la même année les dîmes de Rullecourt, du consentement de leurs fils Anselme et Jean de Rullecourt. (Locrius), La donation de cet établissement fut augmentée, en 1228, par Roger un des fils des fondateurs.

En effet, les lettres de Manassé Cauderons, seigneur de Saulty,nous font connaître que Roger li Wavassor de Rullecourt était son feudataire. Elles approuvent la vente de 30 minch (mesures) de terre en une seule pièce (in unâ peciâ) sur Rullencourt, faite à l’hôpital Saint-Jacques d’Arras, par ledit Roger et Marie Riquière, sa femme. » (F. Locrius. Harbaville).

Le seigneur de Rullecourt, Baudouin, fils de Hugues, est en contestation avec les religieux de Saint-Éloi, en 1255, au sujet de la dîme de Magnicourt.

Un autre membre de la famille, Simon de Rullecourt, chevalier, est mentionné dans une charte de l’abbaye du Verger, de 1269, par laquelle il donne à ladite abbaye, vingt mesures situées à Espinoy-lez-Oisy, joignant la bone à lièvres, et les terres du chapitre de Cambrai, du consentement de sa femme, Marguerite de Formeselle et de ses enfants Godefroy, Baudouin et Mathieu de Rullecourt, (Le Carpentier, p. 973).

De la famille de Rullecourt la seigneurie passa dans la maison d’Ollehain, et de celle-ci dans la possession des sires de Hamel-Belenglise, par mariage, en 1640. Antoine de Hamel, seigneur de Grand-Rullecourt, un des chefs de la ligue fut, en 1588, maréchal de camp sous les ordres du duc d’Aumale. Son zèle et son activité lui valurent le surnom de Maréchal de la Foi. (Satire Ménippée).

« Une troupe de voleurs, en 1569, fit quelques meurtres et larcins, entre le Mont-Saint-Eloi et Saint-Pol, sous leur chef nommé Grand-Guillaume, qui fut pris et pendu dans le bois de Rullecourt. Alors la bande se dissipa. » (Le P. Ignace).

On faisait en ce temps-là des essais de viticulture. Ils furent peu encourageants, car l’abbé donna l’ordre d’arracher la vigne de l’enclos du monastère. Pauvre monastère ! La censé et le prieuré furent détruits par un incendie, en 1580. Un sieur de la Goustière avait frappé à la joue un nommé François et cet outrage, trouva sa vengeance dans l’incendie. (Doresmieulx. Manusc.)

La famille de Hamel conserva la seigneurie de Grand-Rullecourt jusqu’à la Révolution, tenant dans la province un rang distingué. Elle eut pourtant ses adversités.

« Jean François de Hamel, seigneur de Grand Rullecourt, fût tué au château de ce lieu, la nuit, dans son lit, d’un coup de pistolet, avant l’année 1692. On soupçonna son épouse d’être l’auteur de cet assassinat. Elle fut arrêtée, le prieuré, curé et autres. Le conseil d’Artois informa au rapport d’Henri-François le Carlier, écuyer, seigneur de Crecques. La dame fût condamnée à la question. Elle soutint l’ordinaire et l’extraordinaire: on ne pût la convaincre ; elle fut enfermée par arrêt du Conseil d’Artois, dans un couvent, pour un certain nombre d’années.

Ce fut à l’hôpital Saint-Jean, à Arras, d’où elle sortit le terme fini…. » (Le P. Ignace).

Grand-Rullecourt eut aussi ses malheurs de guerres. Celle de 1635 et 1636 lui causa de grands dommages.

« Tempus belli uit declaratum in hâc patriâ circa finem mensis Julii 1635, die verô quintâ maii 1636, fuerunt combustae octoginta domus in pago Grand-Rullecourt à Francis et paulo post turris fuit funditùs eversa, sed ecclesiaremansit incombusta. » (Regist. des prieurs de G.-R.)

Quelqu’un ajouta à cette note :

« Et arbores nostrœ abbatiae contractée) » (Ibid.)

Un demi-siècle plus tard, nous trouvons dans les mêmes registres une nouvelle note sur l’état du village. « L’an de grâce 1710, l’armée du roi, commandée par M. le maréchal de Villars, est venue camper le 17 du mois de juillet, la droite à Wanquetin, la gauche à Sus-Saint-Léger, dans les retranchements qu’on y fit qui enfermaient une partie du terroir de Grand-Rullecourt du côté de Sombrin avec le moulin dudit Grand-Rullecourt, et l’armée des alliés était campée aux environs d’Aubigny, commandée par le prince Eugène de Savoie, par Milord Malborouck et le comte de Tilly, pendant qu’ils faisaient le siège de Béthune…. »

La terre de Grand-Rullecourt fut vendue nationalement à la Révolution. Elle rentra par acquisition, vers 1845, dans la famille de Hamel-Belenglise qui la revendit à M. Calluaud, receveur général des finances à Arras, le père de M. Henri Calluard, représentant du peuple à l’Assemblée nationale de 1871.

M. Henri Calluaud, mourut prématurément à Bordeaux, peu après avoir pris possession de son siège.

Archéologie

Le château de Grand-Rullecourt, au siècle dernier était flanqué de deux tours et avait été construit à la place d’un autre plus ancien entouré de fortifications. Le marquis Antoine-Constant de Hamel éleva, vers 1775, une magnifique habitation entre le village et le bois. Elle est une des plus brillantes résidences du pays.

Le village possédait aussi une belle église du XVè siècle, avec une tour en pierres de figure hexagone « avec quelques ornements. » La tour disparut dans la guerre de 1636 et l’église eut le même sort un peu plus tard. Elles ont été relevées avec une excessive simplicité.

Le prieuré ou maison curiale, un des plus beaux de l’Artois, dit le P. Ignace, s’élevait près de l’église et près de la ferme de l’abbaye. Il datait du XIIIè siècle.

La ferme était aussi une des plus grandes du pays. On peut encore voir ses vastes proportions.

Un souterrain-refuge s’ouvrait sous la tour de l’église.

Il existait anciennement à Grand-Rullecourt trois fiefs importants. Le premier qui avait pour siège le prieuré, appartenait au monastère du Mont-Saint-Eloi. Le second était celui des sires de Hamel. Le troisième appelé la seigneurie de Divion appartenait, au commencement du XVIIIè siècle à la famille Baudouin, d’Amiens.

Parmi les seigneuries de la famille de Hamel se trouvait celle de Bouret-sur-Canche, dont la chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon-Secours contenait les sépultures. M. Harbaville nous a conservé la touchante légende des promenades aériennes.des dames de Grand-Rullecourt, dont les fantômes blancs et diaphanes sillonnaient les marais dans les brouillards du crépuscule.

Saint-Léger a toujours été le patron de l’église, dont la collation appartenait à l’abbé de Saint-Éloi.

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