Maintenay

Lorsque Hugues 1er , fils d’Hilduin, comte de Ponthieu, quitta Montreuil pour s’établir à Abbeville, il laissa à la tête de la noblesse du pays une famille de grands seigneurs, ses parents, qui portaient les armoiries et habitaient le château des anciens comtes ; ils se qualifiaient seigneurs de Maintenay et possédaient un vaste domaine, dépendance de la tour dont les ruines se voyaient naguère sur le bord de la vallée de l’Authie.

Description

Lorsque Hugues 1er , fils d’Hilduin, comte de Ponthieu, quitta Montreuil pour s’établir à Abbeville, il laissa à la tête de la noblesse du pays une famille de grands seigneurs, ses parents, qui portaient les armoiries et habitaient le château des anciens comtes ; ils se qualifiaient seigneurs de Maintenay et possédaient un vaste domaine, dépendance de la tour dont les ruines se voyaient naguère sur le bord de la vallée de l’Authie.

Nous avons publié l’histoire des seigneurs de Maintenay, et nous nous bornons à rappeler les plus illustres :

Enguerranler de Montreuil-Maintenay fonde le prieuré de Maintenay, vers 1150.

Guillaume Ier donne le moulin de Maintenay aux moines de Valloires, avec réserve de la moitié des droits de mouture. Il s’engage à fournir le bois nécessaire à l’entretien de ce moulin, à sa reconstruction, le cas échéant, à la réparation des écluses et de la chaussée qui mène du pont Tranchiez- à la terre ferme vers le Ponthieu. Aucun autre moulin ne doit exister dans la seigneurie de Maintenay contre le gré des religieux qui restent libres d’en établir un second si bon leur semble. Gaultier, fils d’Enguerran, est le fondateur de l’Hôtel-Dieu de Montreuil :

TRÈS-NOBLE ET PUISSANT QUE BIEN SCAY

GAULTIER SEIGNEUR DE.MENTHENAY

FONDA L’HÔTEL DIEU DE CHIENS (CÉANT)

ENVIRON L’AN MIL ET DEUX CENS.

Guillaume II, successeur de Gaultier, mort vers 1230, avait marié sa fille unique, Clémence, dame de Maintenay, à Guillaume Ier de Maîsnière, qui vendit la forteresse de Montreuil au roi Philippe-Auguste. (Juin 1224). Sa veuve fonda un obit solennel, pour le repos de son âme, dans l’église de Valloires où il avait désiré être inhumé, 1249. (C. de Valloires, f> 134).

A Guillaume Ier de Maisnière, seigneur de Maintenay, succèdent Aléaume, puis Guillaume II ; celui-ci servit un double aveu de la terre de Maintenay : au roi d’Angleterre, pour la partie qui relevait du Ponthieu. Au roi de France pour celle qu’il tenait directement de la couronne. (1311).

Les quatre pairs de Maintenay étaient à cette époque : le sire de la Porte, Willaume de Montewis, le sire de Boufflers et Robert Cointeriaus ou Goinlerel.

Il y avait alors « en le ville de Montenay, quatre-vingt masures ou environ vuastées ou exiliées dont Willaume na rien parce que les gens sont morts et aussy vuastées et bruslées par les ennemys du royaulme. »

Guillaume II de Maisnière prit une part active aux événements de son temps et son fils, Guillaume III, témoin de la désastreuse journée de Crécy, n’eut qu’une fille qui mourut sans postérité.

La seigneurie de Maintenay passa alors à la maison de Harcourt, qui la possédait déjà en 1378.

Jacques d’Harcourt, baron de Montgommery, seigneur de Noyelles-sur-Mer, Buires, Maintenay, Wailly, Waben, gouverneur du Crotoy, se couvrit de gloire dans la guerre contre les Anglais. Henri V se vengea même de lui, en faisant « ardoir- la tour, maison et moulin de Montenoy » qui appartenaient, au dire de Monstrelet à son plus cruel ennemi.

Le château détruit par cet incendie ne fut jamais restauré, mais que de souvenirs, que de noms illustres se pressent autour de ses ruines !

D’abord, les d’Harcourt si grands lorsqu’ils défendirent la patrie, si terribles lorsqu’ils appelèrent l’étranger dans son sein.

Ensuite les d’Orléans Longueville, cette fière noblesse qui combattit sur tous les champs de bataille, (1488 à 1.541). Après eux Jacques Hémart, seigneur de Dénonville, (1541 à 1547). Puis Jean, seigneur d’Estouteville, (1547 à 1559). Puis les premiers barons chrétiens, les Montmorency, (1559 à 1626). Et pour clore cette liste héroïque des possesseurs de Maintenay, les d’Angoulème, (1626 à 1696). Enfin. Louis de Bourbon, prince de Conti qui l’aliéna le 27 novembre 1704, au profit de Louis Raoult, écuyer seigneur d’Alinctun, gentilhomme issu d’une famille noble originaire de Thérouanne, moyennant 70,000 livres tournois.

Les descendants de Louis Raoult d’Alinctun se sont appelés Raoult de Maintenay et Raoult de Rudeval.

Prieuré de Sainte-Marie de Maintenay

Ordre de Saint-Benoit

Le prieuré dont les bâtiments existent encore, sur la place, du village, fut fondé vers 1140 par Enguerran Ier deMontreuil-Maintenay qui donna à des religieux, venus de Marmoutiers-les- Tours, le terrain nécessaire pour construire quelques cellules auprès de son château.

« Ad ofncinas monacliorunihabitationesque juxta castellum suum construendas. »

Peu d’années après, le prieuré de Maintenay s’accrut par la réunion de ceux de Saint-Remy et de Kerrieu ou Saulchoy. Ses principaux bienfaiteurs ont été avec les seigneurs de Maintenay :

Hugues Kiéret, sire de Dourier. 1217.

Bernard de Moreuil, ch or . 1237.

Le comte Simon de Ponthieu. 1243

Lieu-dit et hameaux

Bertronval, fief noble, tenu des vicomtes de Merlimont, ayant appartenu en 1350 à Messire Colart d’Eudin; en 1378 à Jean de Wargnies, écuyer; en 1539 à François Bersin. Il passa ensuite, par alliances successives, aux familles d’Ostove, de Lengaigne, d’Urre, de Lamiré, le Gaucher du Broutel. Le 18 novembre 1771, Marie Charlotte Loisel le Gaucher du Broutel, dame de Bertronval, épouse Messire François Ghislain baron de France de Vaulx. Leurs descendants habitent encore le château construit en 1660 par le seigneur de Bertronval, Claude d’Urre, chevalier, marquis de Mèzeracque, ambassadeur de France, en Pologne.

Colart (le bois), du nom du Colart d’Eudin qui le possédait en 1350.

La Hestroye, lieu planté de hêtres, dépendance du prieuré.

La forêt de Maintenay, plus connu sous le nom de bois de Buires.

Les Maisonnettes.

Monplaisir (le moulin de) qui a servi de point de repaire lors des travaux entrepris pour la carte de l’état-major.

Le Moulin à vent.

Les Mousans, appelé le bois de Mosench au XIIIè siècle, dépendance du prieuré.’

Le Vitronval.

Archéologie

L’église, patron Saint-Nicolas, fut bâtie à la fin du XIIè siècle par Messire Gauthier de Montreuil, seigneur de Maintenay, le même qui fonda l’Hôtel-Dieu de Montreuil.

Elle subit une restauration complète de 1866 à 1870, d’après les plans de M. Clovis Normand.

La chapelle absidale de droite est dédiée à Saint-Jean d’Ulphe.

Des médaillons, sur lesquels sont sculptés les instruments de la Passion, ornent les points d’intersection de la voûte, et au centre on voit l’écusson des d’Orléans-Longueville : de France au lambel et à la bande de gueules, en mémoire de François II, seigneur de Maintenay qui la fit construire vers 1500.

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