Manin

Ce village, comme la plupart de ceux de la contrée, remonte à l’époque de la domination romain.

Description

Ce village, comme la plupart de ceux de la contrée, remonte à l’époque de la domination romain. En perçant une marnière, les ouvriers découvrirent, à deux mètres de profondeur, une grande lampe en fer doré, de cette époque, et comme toujours, ils s’empressèrent de la briser.

En 765, le pape Grégoire III, par un privilège spécial, confère la possession de Manin à l’abbaye de Saint-Vaast. Une charte de Charles-le-Chauve, de 886, en contient la confirmation. (A. de Cardevacque et Terninck, Histoire de l’abbaye de Saint- Vaast).

L’abbaye des dames nobles d’Étrun, avait sur son territoire de vastes possessions, et la principale seigneurie du lieu. Vers 1100, une dame de Manin, nommée Adèle, donnait à l’abbaye d’Étrun le quart du village, tant en terre qu’en bois. (Charte de Robert, évêque d’Arras). Une autre seigneurie mouvante, de Givenchy, dès 1272, était séculière. Nous la trouvons dans la maison de Boffles qui avait aussi celle d’Ambrines. Philippe de Boffles recréanta sa bourgeoisie à Arras, paroisse Notre-Dame, le 22 mars 1477.

En 1558, le seigneur de Manin fît construire une tour hexagonale à trois étages voûtés et superposés et terminée, par un beffroi en bois où était établi le guet en temps de guerre. Elle communiquait avec un souterrain-refuge et dans les temps difficiles, les habitants s’y retiraient avec leurs objets précieux.

Cette tour, dont les murs avaient cinq pieds d’épaisseur, était percée de fenêtres ou-meurtrières et entourée de fossés. Elle résista à l’attaque des Français, en 1635. Les gens du village s’y. défendirent et y trouvèrent leur salut.

Elle fut leur sauvegarde en maintes autres occasions. Les alliés, en 1711, enlevèrent le plomb qui la recouyrait et on y substitua une couverture en pierres bleues. (Puits artésien: Le. P; . Ignace, mss.)

La terre de Manin passa en 1600, par le mariage d’une dame de Boffles, dans la famille de Hamel, qui l’occupa de père en fils jusqu’à la fin du XVIIIè siècle. Plusieurs de ces nobles personnages sont inhumés dans l’église. On y voyait des pierres tombales avec les armoiries de Boffles et de Hamel qu’on retrouvait aussi aux verrières.

Dans la collection Godin, nous voyons la copie de l’inscription suivante, avec les armoiries des de Hamel et des des Fon­taines.

ICY GISSENT

L E S CORPS DES NOBLES PERSONNES CHARLES

DE HAMEL, ECUYER SEIGNEUR DE. MANIN

E T C . LEQUEL DÉCÉDA LE 24 JANVIER 1658

AGÉ DE 47 ANS ET SA COMPAGNE

DAME ANTOINETTE DES FONTAINES DÉCÉDÉE

LE 2 4 JANVIER 1691 ÂGÉE DE 71 ANS.

EN LEUR MÉMOIRE LEUR FILS DOM LOUIS

D E HAMEL RELIGIEUX DE ST VAAST.

D’ARRAS FIT FAIRE CE MARBRE LE

27 D’AVRIL 1707

PRIEZ DIEU POUR LEURS ÂMES

REQUIESCANT1N PACE.

Dans l’église le ban du seigneur se trouvait d’un côté, de l’autre était celui des dames d’Étrun.

La cloche n’avait point d’armoiries. Un crucifix y était gravé en saillie et autour de la cloche on lisait l’inscription suivante :

« Je fus faite du temps de Pierre du Chère, écuyer, sieur de Beauvais et de demoiselle Antoinette Boulanger, sa compagne, dame de Manin, et de dame Marguerite de la Chapelle, abbesse d’Étrun, et refondue du temps de Charles-François de Hamel, écuyer, sieur dudit Manin et de dame Marie-Jacqueline de Mullet son épouse et de dame Marie-Marguerite de Tramecourt abbesse d’Étrun. » (Collection Godin).

Après l’extinction des sires de Hamel, la seigneurie de Manin fut acquise par la famille de Richoufftz qui la possède encore.

Une ancienne illustration était attachée à cette noble maison dont les membres s’étaient distingués en Italie, dans les guerres de François Ier , puis en France à la Fère et à Saint-Quentin, et dont le chef avait commandé sous Louis XIV, les provinces de Flandre et d’Artois, en qualité de maréchal de camp d’artillerie.

Le seigneur de Richoufftz de Manin, avait son siège aux États de la province d’Artois.

M. Frédéric de Richoufftz, de Manin, représenta le canton d’Avesnes-le-Comte au Conseil général du Pas-de-Calais,de 1848 à 1869. Son fils est aujourd’hui son digne continuateur.

Une célèbre confrérie de Saint-Hubert fût érigée à Manin, dans le cours du XVIIIè siècle, et ne tarda pas à compter dans ses affiliés toute l’élite du pays, la noblesse, le clergé et les hommes notables. Son établissement eut lieu à la suite de quelques accidents déterminés sur les gens de la contrée par des chiens et des loups atteints d’hydrophobie. (Registre de Catholicité). On comprend qu’elle prit fin avec toutes les institutions religieuses dans les dernières années de ce même siècle. Ses registres reposent encore aux archivés de la fabrique.

Vers 1835, M. Deligne fonda à Manin une usine pour la fabrication du sucre de betteraves, qui fonctionna assez longtemps.

Le succès ne répondit pas à ses efforts et la fabrique dût, comme beaucoup d’autres, succomber aux difficultés de l’industrie.

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