Marconne

Malbrancq pense que la mer refluait autrefois jusqu’à Marconne : il cherche l’étymologie du nom dans les mots teutoniques . Mar, mer et Konne, arrivée.

Description

1112. Marcona, 1200. Marchona, 1587. Marcon, 1608. Marcoin, 1650. Marcone.

Malbrancq pense que la mer refluait autrefois jusqu’à Marconne : il cherche l’étymologie du nom dans les mots teutoniques .

Mar, mer et Konne, arrivée.

Le domaine de Marconne comprenait, au VIIè siècle, non-seulement le village actuel, mais encore les localités de Marconnelle, de Sainte-Austreberte et du Vieil-Hesdin ; il appartenait au comte d’Hesdia, Badefrid ou Badefroid, qui. remplissait à la cour du roi Dagobert les fonctions de comte palatin.

Sa femme, Framechilde, était depuis longtemps stérile quand un ange lui apparut et lui révéla qu’elle deviendrait mère d’une fille qui serait un jour l’honneur de son sexe et l’une des gloires de l’Église.

La prédiction du messager céleste s’accomplit : sainte Austreberte naquit, vers l’an 630, au château de Marconne. Les premières années de sa vie s’écoulèrent innocentes et paisibles. Pour se soustraire à un mariage brillant, elle s’échappa de la maison paternelle, traversa miraculeusement la Canche et alla recevoir le voile des mains de saint Orner, évêque de Thérouanne. Les parents d’Austreberte lui pardonnèrent volontiers sa fuite précipitée et l’encouragèrent dans le dessein qu’elle manifestait de se consacrer au service de Dieu, en lui abandonnant les terres de Marenla, Marant, Humbert, Boubert, Saint-Denoeux et Galametz, avec une église très-remarquable qu’ils firent construire sous l’invocation de la Reine des Anges.

Il résulte de ce qui précède que le monastère de Marconne fut fondé du vivant de Badefrid et de Framechilde.

Suivant une autre tradition, que je crois plus probable, ce serait après leur mort qu’Austreberte aurait converti le château de son père en couvent et y aurait appelé des religieuses bénédictines de Port ou de Pavilly, couvents dont elle fut successivement la supérieure. Tandis qu’Austreberte édifiait la Normandie par le spectacle de ses vertus, Framechilde terminait sa vie dans la pratique des œuvres de charité en 683 ou 685, et méritait d’être portée sur les autels. Elle reçut la sépulture dans l’église de Marconne.

Le château de Badefrid paraît avoir été construit sur la colline qui s’élève entre les vallées de Canche et de Ternoise. D’anciens plans désignent cette colline sous le nom des Tourelles. Au pied de la colline se trouvait jadis la fontaine de Marconne, qui jaillit maintenant à cent mètres de là. On y voyait aussi la chapelle de Notre Dame du Chêne, où se faisait le 25 mars.un pèlerinage très fréquenté par les habitants de Marconne et d’Hesdin.

Le monastère de Marconne prospéra jusqu’au jour où les Normands obligèrent les religieuses à se retirer à l’abri des murailles de Montreuil.

C’est en 1032 que l’abbesse Edelburge, fille du comte de Ponthieu, obtint du comte Helgaut, sous la protection spéciale du roi Henri 1er , le terrain où s’éleva l’abbaye de Sainte- Austreberte. Cette même année, l’évêque de Thérouanne partagea les reliques de sainte Framechilde entre la nouvelle communauté et l’église de Marconne.

« Dans ce partage, raconte Simon Martin, on n’avoit point aperçu un osselet, ce qui excita une saincte contestation entre le frère et la sœur, assavoir le comte de Térouanne qui tenoit le parti de l’église de Marconne et l’abesse de Montreuil, chacun voulant retenir la saincte relique en son église. Ce qui fut appaisé par l’évesque qui fit consentir les parties que la relique seroit mise en égale distance des deux moitiés, tandis qu’on prieroit Notre-Seigneur et la Saincte de déclarer leur volonté. La prière n’estoit pas commencée qu’on vit soudain en présence de toute l’assemblée le petit os s’élever de terre, comme une paille que le vent emporte, qui s’alla poser doucement sur la partie qui estoit destinée pour l’église de Marconne. »

Enguerran, comte d’Hesdin, fonda vers 1203, du consentement de Péronne, sa femme, une maladrerie destinée à recevoir les pauvres malades de ses domaines. Cet hospice était situé sur le territoire de Marconne, au lieu dit le Maisnil : l’enclos avait quatre journaux et la dotation primitive comprenait les dîmes de Guisy, Capelle, Aubin, le Maisnil, avec deux mesures du bois du Forestel et des rentes au Maisnil. Une bulle adressée par le pape Innocent III au recteur et aux frères de cet hôpital prouve que des religieux en avaient la direction. ( Voir l’art. Hesdin.)

L’église de Marconne a subi bien des vicissitudes,et la chapelle de Notre-Dame des Affligés, qui fut enrichie en 1720 par le Sr Louvet, ancien curé de la paroisse, offre un caractère d’ancienneté que n’a pas le reste du monument.

La statue de la Vierge tenant l’enfant Jésus entre les bras, mesure 25 centimètres de hauteur. Elle est d’un bois incorruptible et d’un travail tellement parfait que l’on se plaît à lui attribuer une origine surhumaine. La fontaine où elle fut trouvée se nomme la fontaine Notre-Dame des Affligés ; Hennebert la cite dans l’Histoire d’Artois comme étant l’objet d’un pèlerinage fameux.

Les Normands, non plus que les gens de guerre du moyen-âge, n’ont pu faire disparaître l’image miraculeuse. Vainement le clergé de la ville d’Hesdin essaya-t-il de se l’approprier ; elle ne quitta jamais l’antique sanctuaire,où de nombreux pèlerins viennent encore la vénérer.

Marconne était l’une des trois paroisses du petit doyenné d’Hesdin qui dépendaient du diocèse de Saint-Omer,bien qu’elles fussent enclavées dans celui de Boulogne.

La seigneurie, qui fut longtemps confondue avec celle du Maisnil, appartenait, en 1503, à Jacques de Héricourt, lieutenant- général du bailli d’Hesdin. Peu d’années après, Denis de Tramecourt signait le procès-verbal de la coutume d’Erembaucourt en qualité de seigneur de Marconne.

Au mois de mars 1756, le roi Louis XV érigea en comté, sous le nom de Brandt, les terres et seigneuries de Marconne et de Galametz avec les fiefs du Quint, d’Orville et d’Ampliers, au profit de messire Alexandre-François-Ignace de Brandt, qui devint ensuite grand-bailli héréditaire de la gouvernance d’Arras. Ses ancêtres possédaient Marconne depuis le XVIème siècle. Lui-même était fils de Louis-François de Brandt et de Marie-Agnès-Françoise Ptolomey, de la noble famille Ptolomey de Fiennes, alliée aux plus illustres maisons d’Italie.

Archéologie

L’église, patron saint Maurice; date du XVème siècle, à l’exception du chœur qui a été reconstruit au XVIIIème. Les chapelles des bras de la croix formaient anciennement la nef. Le soubassement des murailles a fait partie d’un édifice plus ancien.

M. Normand y a découvert des fragments de carrelage émaillé et les débris d’une pierre tombale du XIIIème siècle.

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