Marconnelle

La terminaison elle ou ella, est le diminutif le plus usité en Picardie pour les noms de lieu. Marconnelle est le petit Marconne, comme Estréelle est le petit Estrée, Ramburelle, le petit Rambures et Bécordel, le petit Bécourt.

Description

La terminaison elle ou ella, est le diminutif le plus usité en Picardie pour les noms de lieu. Marconnelle est le petit Marconne, comme Estréelle est le petit Estrée, Ramburelle, le petit Rambures et Bécordel, le petit Bécourt. Nous pourrions multiplier ces exemples en faisant observer que dans la province d’Artois le diminutif est en ette : Amette, près de Ames, Noyelette, près de Noyelles.

L’abbaye de Saint-Josse-sur-Mer possédait l’autel de Marconnelle depuis les temps les plus reculés : l’évêque d’Amiens le reconnut en 1123. Elle y avait, en outre, un domaine considérable que les troupes du comte de Flandre dévastèrent en 1178, au point qu’il se crut obligé de réparer le préjudice causé aux moines et de les indemniser. Une charte donnée à Aire atteste que ce prince et la comtesse Elisabeth confirmèrent solennellement les droits que les religieux exerçaient à Marconnelle, et qu’ils ajoutèrent même l’autorisation de pêcher dans les deux rivières ainsi que la propriété du moulin.

Baudouin, châtelain d’Hesdin, leur en abandonna la bannée peu d’années après, c’est-à-dire qu’il obligea les habitants à y moudre leurs grains, sous peine de 3 sols d’amende et de confiscation de la farine. Mai 1212.

Nous avons eu occasion déjà de faire remarquer quelle était l’importance d’un moulin au moyen-âge. Les moulins à vent n’existaient pas, et les moulins à eau se trouvaient entre les mains d’un petit nombre de privilégiés. Chaque abbaye avait le sien, et ce n’était pas le moindre de ses revenus. Celui de Marconnelle, situé sur la rivière de Canche, fut plusieurs fois ruiné pendant les guerres du XVè siècle. L’abbé Adrien du Biez le fit reconstruire, et l’abbé d’Averhoult le donna en arrentement perpétuel, moyennant 24 rasières de blé ; l’acte est de 1560. Le cartulaire de Saint- Josse nous apprend qu’il fut démoli de fond en comble à l’époque du.siège d’Hesdin par le roi Louis XIII.

Les sires de Fosseux, qui jetèrent beaucoup d’éclat durant le cours du XIVè siècle, possédèrent la seigneurie de Marconnelle.

Catherine de Fosseux la porta dans la maison d’Occoches, par son mariage avec Jehan d’Occoches, gentilhomme issu d’une vieille famille d’Artois, qui servait, en 1411, dans la compagnie de M. de Contes.

Marconnelle passe ensuite aux la Viéville, puis aux Lannoy- Morvilliers.

En 1604, Philippe-Emmanuel de Gondy devient seigneur de Marconnelle, du chef de sa femme Françoise-Marguerite de Silly, nièce de Marie de Lannoy-Morvilliers. Le nom d’Emmanuel de Gondy est inséparable de celui du glorieux saint Vincent de Paul, dont il encouragea le zèle apostolique et dont il se plut à favoriser les fondations charitables.

Jean Philippe de Salperwick, marquis de Grigny, sert aveu de la terre de Marconnelle le 19 octobre 1751.

Indépendamment de son fief tenu noblement du roi, il en existait un autre qui avait appartenu, vers 1480, à Béatrix Caverel, dont les successeurs jouissaient encore de droits considérables au dernier siècle.

La chapelle castrale de Fosseux, fondée par les anciens seigneurs de ce nom, a été réunie à l’église paroissiale. Son revenu était de 60 livres, en 1730.

Le dernier curé de Marconnelle avant la Révolution fut M. Pecquet. M. Henneguier savait, par tradition de famille, que le départ pour l’exil lui causa une telle émotion que ses cheveux blanchirent en une seule nuit.

La Ternoise, qui prend sa source à Rœllecourt et à Saint-Michel, se jette dans la Canche sur le territoire de Marconnelle, après un parcours de 30 kilomètres environ. Il se fait à Marconnelle, à Marconne et à Sainte-Austreberte, un grand commerce de pannes et de poteries.

On a découvert dans la propriété de M. Plichon, au lieu dit la seigneurie, des fondations qui ont sans doute appartenu à l’ancien château.

L’église est un édifice moderne et sans architecture : l’orgue provient de la chapelle des sœurs grises du Vieil-Hesdin.

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