Merlimont

Merlimont se trouvait situé jadis à la dune de Guigneux et formait, avec Berck, Épy et Verton, une enclave d’Artois dans le comté de Ponthieu, enclave qui jouissait des privilèges et des exemptions de cette province.

Description

Merlimont se trouvait situé jadis à la dune de Guigneux et formait, avec Berck, Épy et Verton, une enclave d’Artois dans le comté de Ponthieu, enclave qui jouissait des privilèges et des exemptions de cette province. En 1661, le franc quartier de Merlimont profitait encore de ces avantages parce qu’autrefois il dépendait du comté de Saint-Pol.

Au début du XVIè siècle, les sables, s’étant déplacés sous l’action d’une terrible tempête, envahirent le village et obligèrent les habitants à transporter leurs pénates non loin d’une petite chapelle desservie par les moines de Saint-Josse. Le domaine de Merlimont relevait du comté de Ponthieu et de la châtellenie de Beaurain. Les comtes de Saint-Pol le possédaient à la fin du XIIè siècle. Jeanne de Fiennes. l’eut en douaire lors de son mariage avec Jean de Chatillon (1343). Leur fils Guy n’ayant pas eu d’enfants, sa sœur Mahaut porta Merlimont dans la puissante maison de Luxembourg.

Guy de Luxembourg, comte de Ligny et de Saint-PoL, qui mourut au mois d’août 1371, laissa pour héritier messire Walleran, l’un des plus fameux partisans du duc de Bourgogne dont la succession passa à sa sœur Jeanne. L’héritier de Jeanne fut son neveu Pierre de Luxembourg. Celui-ci épousa Marguerite de Beaux d’Andry, et en eut plusieurs enfants, entre autres Jacques, seigneur de Merlimont, qui mourut le 20 août 1487.

Nicolas de Werchin, sénéchal du Haynaut, servit aveu de la seigneurie de Merlimont au comte de Rœulx, châtelain de Beaurain, le 28 novembre 1509. Il la possédait du chef de sa femme Yolande de Luxembourg. Il déclare dans cet acte qu’il exerce la haute, la moyenne et la basse justice. Chacun des ménages lui doit annuellement un septier d’avoine à la saint Remy ; les veufs ou les veuves payent seulement un demi septier ou six boisseaux. Le septier valait alors 8 sols parisis.

Le lagan l’autorise à s’approprier toutes les épaves qui sont recueillies à la côte depuis Cucq jusqu’à Berck et Groffliers. Il a le droit de tenderie aux oiseaux et celui de calvée, en vertu duquel ses officiers prennent deux fois l’an les poissons qui sont amenés à la côte de Waben et à Groffliers. La plupart de ces droits sont affermés pour trois ans ainsi que le travers, qui se perçoit au nom du sire de Merlimont, entre Campagne et Beaurain. Il possède en outre les marais de Balençon et l’immense étendue de garennes qui s’étend entre Berck et Cucq.

D’après les comptes rendus par le receveur Jean de la Porte à Nicolas de Werchin, en 1497, 1498 et 1499, Merlimont rapportait 110 livres, 10 sols, 9 deniers. On retrouve dans ces comptes des noms de familles encore existantes à Merlimont : Jehan Norel, dit le Secq, Jehan Norel ou Noirel l’aîné, Jehan Guillebert dit le breton, Thomas Guillebert, Jehan Guillebert dit le muet, Garclin Pallette, Jehan de Fauquembergue, Jehan de la Wascongne, Colart Bouchard, etc.

Il est curieux de constater dans le compte de 1529 que le prix des céréales avait doublé à Merlimont depuis trente ans. Ainsi le blé qui valait 16 sols le septier en 1497 vaut 32 sols en 1529 ; l’avoine vaut 16 sols au lieu de 8 sols, mais les chapons se vendent toujours 2 sols la pièce et une poule se paie 12 deniers.

Isabeau de Werchin épousa messire Jean de Trazegnies, Charles de Trazegnies ayant vendu la baronnie de Merlimont à un nommé Claude Bernaut, sa cousine germaine Marguerite d’Argenteau en fit le retrait lignager moyennant la somme de 3820 livres le 9 avril 1593. Marguerite d’Argenteau, baronne de Merlimont, épousa le 22 janvier 1607 messire Robert de Forceville, chevalier, seigneur de Bezencourt et capitaine au régiment de Rambures. Peu d’années après ce même Robert de Forceville devint vicomte de Merlimont, voici dans quelles circonstances :

Le roi de France exerçait de temps immémorial un droit de vicomte ou d’ancrage sur les bateaux de pêche qui abordaient à Cucq, à Berck et à Merlimont. Ce droit consistait à prendre deux poissons sur chaque bateau, les barbues exceptées. Henri III voulant récompenser les services militaires de Jérôme de Fertin, lieutenant du sire de Crillon au gouvernement de Rue, lui abandonna la vicomte de Merlimont par lettres du mois d’août 1578.

Flour de Fertin la vendit à Robert de Forceville le 20 octobre 1625, et ses descendants prirent dès lors les titres de baronet de vicomte de Merlimont. La révolution les dépouilla de la plus grande partie de leur domaine, le reste fut aliéné en 1859. Le moulin de Forceville et le crocq de monsieur, où la tradition veut qu’ils aient eu leur château, sont les seuls souvenirs qui restent des anciens seigneurs de Merlimont (Archives des vicomtes de Merlimont.)

Un lazaret ayant été établi à Merlimont en 1843, une société fut fondée à cette époque sous le patronage de M. le sous-préfet dans le but de secourir tous les naufragés du littoral de l’arrondissement de Montreuil.

L’église de Merlimont, annexe de Cucq, était bâtie dans le marais entre Capelle et Merlimont, mais elle tomba en ruine pendant la révolution et les habitants durent aller aux offices de la paroisse. Une ordonnance du 25 septembre 1825 érigea en succursale la chapelle que la générosité de la population, secondée par Mgr le Dauphin et par Mme la duchesse de Berry, avait permis d’élever. C’était un bâtiment rectangulaire couvert en pannes, sans plancher, sans plafond et dont le moindre défaut était l’absence complète d’architecture. M. l’abbé Cauwet, nommé curé de Merlimont en 1856, entreprit de le remplacer, et le 6 juin 1869 M. Boulanger, curé-doyen de Saint-Jacques d’Amiens, posait la première pierre d’une charmante église, consacrée le 8 mai 1872 par Mgr Lequette. C’est une construction dans le style du XIIIè siècle. L’ameublement intérieur est parfaitement en harmonie avec le monument. M. Robitaille décrit l’église de Merlimont dans l’Annuaire du diocèse pour Vannée 1873.

Hameaux

Épy. Le hameau d’Épy dépendait jadis de la commune d’Airon-Notre-Dame ; on le désigne encore sous le nom de Bout-d’Airon, mais il a dû en être séparé à l’époque des inondations causées par l’ensablement de la Petite-Arche. Le cueilloir de l’Hôtel-Dieu de Montreuil (1475) nous apprend que la seigneurie d’Épi appartenait alors à Josse de Vaudricourt, héritier de Guillaume du Quesnoy, qui était lui-même aux droits de Guillaume de Bainquetun. La petite fille de Josse de Vaudricourt

épousa Louis de Monchy, seigneur d’Inxent. La terre d’Épy entra par cette alliance dans la famille des Monchy d’Hocquincourt qui possédaient encore la vicomte d’Épy au dix-huitième siècle.

Le maréchal d’Hocquincourt fit construire une pyramide qui servit de borne à la garenne de Merlimont. Cette pyramide disparut sous les sables, et le crocq qui se forma se nomma le crocq d’Hocquincourt : il limitait les quatre territoires de Berck, Épy, Verton et Merlimont. On ne saurait dire ce que l’on a dépensé de temps et d’argent de 1820 à 1845 pour retrouver la pyramide ensevelie. En 1843 trois arpenteurs en fixèrent approximativement la place.

La Capelle . Fief noble tenu d’abord de Merlimont, puis de l’abbaye de Saint-Josse. La Hollande.

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