Montcavrel

Montcavrel (Mons Caprinus, Mont des Chèvres), mériterait les honneurs d’une monographie spéciale ; un volume ne suffirait pas au récit des hautes et généreuses actions de ses châtelains, animés du zèle charitable qui portait alors les grandes maisons à se dépouiller pour augmenter les biens du clergé.

Description

Montcavrel (Mons Caprinus, Mont des Chèvres), mériterait les honneurs d’une monographie spéciale ; un volume ne suffirait pas au récit des hautes et généreuses actions de ses châtelains, animés du zèle charitable qui portait alors les grandes maisons à se dépouiller pour augmenter les biens du clergé. Leur nom se lit en tête des bienfaiteurs de toutes les abbayes de la contrée : Bénédictins de Saint-Josse-sur-Mer, Bernardins de Longvilliers et de Valloires, Prémontrés de Dommartin et de Saint-André-au- Bois participèrent aux faveurs de ces preux qui s’assuraient ainsi le bénéfice de prières ferventes.

Foulques paraît être le chef de la famille de Montcavrel.

Après lui vient Enguerran Ier, l’un des grands seigneurs de la cour du comte de Boulogne et le pair de Pharamond de Tingry, 1171 ; puis Hugues qui confirme la donation faite par Thibaut de Vervieille à l’abbaye de Saint-Josse-sur-Mer, 1218.(C. De Saint-Josse).

Guillaume, chevalier, successeur de Hugues et époux de Lorette, eut un fils, Enguerran II, fondateur de la chapelle de Monchy, en 1248.

Enguerran II, marié à Yde, laissa trois fils : Nicolas, Enguerran III et Michelqui, tous trois, reconnurent à l’abbaye de Dommartin, la propriété du bois de Foucaumont près d’Étréelles. (C. de Valloires)

La plupart des Montcavrel seraient demeurés à jamais oubliés sans la plume des moines, plume attentive à enregistrer scrupuleusement le nom des seigneurs qui les honoraient de leur protection ; mais les annales pacifiques du cloître ne redisent pas les exploits militaires de ces mêmes chevaliers qui ont porté leur vaillante épée sur les principaux champs de bataille de l’Orient et de l’Occident. Ils possédaient à Montreuil un hôtel fortifié situé non loin de l’église Saint-Wulphy, sur le terrain occupé ensuite par le couvent des Carmes et maintenant par le tribunal.

A la fin du XIVè siècle, un Montcavrel se trouve mêlé à l’histoire du Boulonnais et périt à la funeste journée de Nicopolis.

Rasse de Montcavrel perd la vie en combattant à Azincourt, 1415. (Monstrelet.)

Rasse ou Jehan, suivant d’autres, avait épousé Isabeau de Preures dont il eut une fille unique, Jeanne, dame et héritière de Montcavrel, qui porta cette terre dans la maison de Monchy, par son mariage avec messire Aymon de Monchy, fils de Jean et de Jeanne de Cayeu.

Le nouveau châtelain de Montcavrel vint s’y fixer en 1437 et la forteresse ayant été incendiée par les Anglais, il la rétablit plus importante et profita de la position exceptionnelle sur une hauteur escarpée, à l’entrée de deux petites vallées. Ses descendants l’af­ fectionnaient beaucoup; ils s’intitulèrent souvent marquis de Montcavrel et pendant près de trois siècles, ils remplirent le Boulonnais de l’éclat de leur nom.

Jeanne de Monchy-Montcavrel épousa, par contrat du 30 mai 1666, Louis Charles de Mailly ; des lettres patentes de 1687, enregistrées le 14 avril 1690, le confirmèrent dans les titres et prérogatives de marquis de Montcavrel.

Le dernier marquis de Montcavrel, Louis-Joseph de Mailly-Nesles, comte de Bohain, colonel- du régiment royal infanterie et premier écuyer de madame Louise de Savoie, venait rarement à Montcavrel. Louis-Marie Sta de Montéchor était son procureur fondé à l’époque de la révolution qui fit disparaître l’antique manoir qu’avaient habité trois des plus illustres familles de la Picardie :

Montcavrel: De gueules à 3 quinte feuilles d’or au chef d’argent.

Monchy : De guetdes à 3 maillets d’or.

Mailly : D’or à maillets de sinople.

On raconte que le château de Montcavrel a été vendu à la révolution le prix d’im cheval étalon et d’un bœuf gras ; l’acquéreur le fit démolir et les précieuses archives qu’il renfermait ont été dispersées.

Après que le maréchal de la Meilleraye se fut emparé d’Aire, le 27 juillet 1641, et que les Espagnols eurent repris cette ville, le 8 août suivant, il vint camper à Montcavrel et y resta huit jours, attendant les ordres du roi.

L’importance de Montcavrel s’accrut après la destruction du village d’Émy, au temps de la ligue. Émy, mentionné dans les anciens titres et dans l’atlas d’Ortelius, a complètement disparu ; il s’étendait vers la vallée de Fordres et les foires renommées qui s’y tenaient ont été transférées à Hucqueliers.

Montcavrel est bien bâti et traversé par les eaux de la Binoise, affluent de la Course. On y voit deux châteaux : celui de Monsieur Poultier de Montéchor et celui de Monsieur Roubier d’Hérambault, longtemps député de l’arrondissement, mort en 1864 qui l’a légué à Monsieur Lereuil.

Hameaux Lieu-dit

Les Avenues. Les Etenettes. Le fond de la Commune. Le camp du Carme. Le moulin de Fordres. La Hestroye. Montéchor appelé Montescor (Mont des Chênes), dans l’aveu de Maintenay, en 1311.

Archéologie

L’église, monument remarquable, en forme de croix latine, a beaucoup souffert, au temps des guerres et les restaurations qu’elle a subies, en 1586 et 1688, l’ont dépouillée de son caractère primitif. Le clocher et le portail qu’il surmontait ont été détruits.Les sculptures de quelques chapiteaux rappellent la splendeur de cet édifice bâti par les seigneurs de Montcavrel et enrichi par Marguerite de Bourbon dont les armoiries se voient encore.

Marguerite de Bourbon, épouse de Jehan de Monchy donna la cloche qui porte cette inscription :

MARGVERITE DE BOVRBON, ÉPOUSE DE

JEHAN DE MONCHY, CHEVALIER, SEIGNEUR

DE MONTCAVREL, MA DONNÉ POR NOM

MARGVERITE. 1627.

Cette princesse fut inhumée sous les dalles du chœur, dans un cercueil de plomb qui a été profané, en même temps que les autres sépultures de la famille, par les patriotes de 93.

L’église, autrefois dédiée à Saint-Quentin dont elle possède une relique, est maintenant sous le vocable de saint Hubert.

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