Mouriez

Le fief de Mouriez, dont la seigneurie fut attribuée au comte d’Artois dans l’enquête de 1239, appartenait alors à une famille d’origine chevaleresque connue depuis messire Jean de Mouriez, qui fut le témoin de tous les actes importants passés au moment de la fondation de Dommartin, et qui donna même à l’abbaye le tiers de la terre de Mouriez, avec le droit d’usage dans le bois du Castel-Bordel.

Description

1153. Monteraher, 1185. Motreher, 1234. Moureher, 1239. Mouriher, 1248. Mourriher, 1252. Mouriher, 1656, Mouriers.

Le fief de Mouriez, dont la seigneurie fut attribuée au comte d’Artois dans l’enquête de 1239, appartenait alors à une famille d’origine chevaleresque connue depuis messire Jean de Mouriez, qui fut le témoin de tous les actes importants passés au moment de la fondation de Dommartin, et qui donna même à l’abbaye le tiers de la terre de Mouriez, avec le droit d’usage dans le bois du Castel-Bordel. Sa femme Odette et leurs enfants Hugues et Raoul ratifièrent ces libéralités. Cent ans après, Henri, seigneur de Mouriez, ayant contesté aux moines la jouissance de la dîme, reconnut ensuite qu’ils avaient le droit de la prélever dans tout son domaine, en même temps qu’il leur accorda 20 sols parisis de rente pour la fondation d’un obit solennel qui devait être célébré chaque année au jour anniversaire de son décès. Juin 1230.

Les comtes de Ponthieu, les comtes d’Artois, le roi’ Philippe- Auguste confirmèrent les droits que l’abbaye de Dommartin avait à Mouriez.

La terre de Mouriez, tenue en deux fiefs qui relevaient, l’un de Dommartin et l’autre de Tortefontaine, selon les coutumes de la prévôté de Montreuil et du bailliage d’Hesdin, était possédée, au début du XV 0 siècle, par Jean de Neuville, sire de Matringhem, du chef de sa femme Isabelle Bourette. Il la vendit, en 1412, à Enguerran de Bournonville et l’un de ses descendants la donna, par acte du 20 avril 1482, à sa fille Jeanne, à l’occasion de son mariage avec Porus du Bois de Fiennes. Plus tard, le fief de Mouriez « où estoit assis le donjon et chastel » passa aux Berghes Saint-Winocq.

Ceux-ci l’aliénèrent le 22 avril 1682, au profit de demoiselle Marguerite de la Haye dont la fille, dame Ursule Lemerchier, le céda aux religieux de Dommartin, 21 mai 1700. Le revenu des moines à Mouriez était, en 1789, de 1806 livres.

Les habitants de Mouriez avaient une coutume particulière qui fut rédigée le 22 septembre 1507.

En vertu d’un ancien privilège, ils étaient affranchis des impôts de tonlieu sur les marchandises et de travers sur les routes, depuis: le pont à Lanches d’Abbeville et l’arbre anciennement nommé l’arbre d’Ammesaire- les-Doullens, jusqu’à un autre arbre nommé l’arbre d’Amerond, entre Saint-Omer et Fauquembergue et de là jusqu’au bac d’Attin- lez-Montreuil.

Dans ces limites, on ne pouvait les arrêter pour quelque motif que ce fût et ils jouissaient de plus de l’exemption de la moitié des droits perçus sur les marchandises qu’ils vendaient ou qu’ils achetaient à Montreuil. Ces prérogatives considérables donnaient aux habitants de Mouriez de grands avantages pour le commerce.

Il y eut d’abord à Mouriez une modeste chapelle, qui fut bâtie au milieu des champs en 1670 pour faciliter aux habitants des fermes de Bamières, de Lambus et de Saint-Josse l’accomplissement de leurs devoirs. Plus tard on ajouta une nef que Mgr de la Motte vint bénir pendant un des séjours qu’il aimait à faire à Dommartin.

L’abbaye fournissait tout ce qui était nécessaire pour le culte, néanmoins, la fabrique possédait environ 25 me­ sures de terre qui ont été vendues le 21 germinal an III.

Près de l’église se trouvait la maison plaidoyable, bâtie en 1690 et dans laquelle le bailli des religieux rendait le justice.

Les officiers et les sergents qui l’assistaient dans l’exercice de ses fonctions, portaient la livrée grise doublée de vert.

En 1703, le violet fut substitué au vert pour les galons.

Hameaux

Bamières. A l’époque de la fondation de l’abbaye de Saint-Josse-au-Bois, le domaine de Bamières se trouvait divisé en quatre parties : la première, tenue en fief d’Eustache Colet, appartenait, par moitié, à Oilard de Ecquemicourt et à Richard de Rollencourt. La seconde et la troisième, qui relevaient du comté de Ponthieu, étaient la propriété d’Eustache de Maison celles et de Gaultier Becket. Bernard de Bailieul possédait la quatrième.

Moins de vingt ans après, ces chevaliers ou leurs successeurs s’étaient dépouillés au profit des moines, qui installèrent dès lors à Bamières un prévôt et des frères convers pour surveiller l’exploitation des terres et procéder au-défrichement des bois.

En 1580, Bamières était loué à quatre fermiers moyennant 100 florins, monnaie de Flandre, pour les manoirs et les prairies. Le fermage des terres labourables s’acquittait en nature, savoir : 14 muids de blé froment et 14 muids de blé méteillon ; 28 muids d’avoine, mesure de Montreuil ; 200 gerbes de froment et 200 gerbes de méteillon ; 2 septiers de pois et 2 septiers de vesces ; 150 livres de beurre ; 12 moutons ; 6 pourceaux gras ; 6 veaux de lait ; 12 aulnes de nappe. Les fermiers payaient encore 20 sols au prieur et 24 sols aux novices.

En 1790, Bamières ne rapportait que 6.300 livres.

André Lemoine, fils d’un maréchal-ferrant de Grécy et frère du cardinal Lemoine, qui devint évêque de Noyon en 1304, a été prévôt de Bamières.

Lambus. La censé de Lambus , ancienne dépendance de Dommartin, comprenait en 1252,1137 journaux de terres labourables.

Archéologie

L’église du XVIIè siècle, dont le mobilier était remarquable, a été remplacée par une construction nouvelle, dans laquelle on conserve la statue de saint Josse, qui ornait l’ancienne chapelle de Saint-Josse-au-Bois.

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