Noyelle-Vion

Noyelle remonte à une haute ancienneté.

Description

Histoire

Noyelle remonte à une haute ancienneté. Son nom latin pourrait être considéré comme une date, mais outre cela, nous y retrouvons l’emplacement d’un camp romain (Terninck. Atrebatie.) un four de potier romain (Bulletin de la Commission des monuments hist.) des sépultures avec des poteries semblables à celles des tombeaux d’Avesnes et qui remontent aussi à l’époque gallo-romaine.

Simple hameau à l’origine, Noyelle s’agrandit peu à peu et fut séparé de Lattre pour former un centre à part.

Une famille seigneuriale existait à- Noyelle vers 1100. Nous voyons à cette date le mariage de Bouchard baron de Beaufort avec Marguerite de Noyelles-Wion. N’ayant eu de leur union qu’une fille nommée Jeanne, ils la donnèrent vers 1125 à Guy de Thouars à la condition de relever les noms et les armes de Beaufort et de Noyelles-Wion. Cette dernière seigneurie fut l’apanage de l’une des premières branches de la maison de Beaufort qui en prit le nom. Guy fit .partie de la seconde croisade et accompagna à la terre sainte le roi Louis VII. Il est mentionné dans une charte de l’abbaye de saint-Jouin de Marnes de l’an 1139 (A. Brémond.)

En 1119 le seigneur de Noyelles fit don de ses alleux sur ce territoire à l’abbaye de Mont-Saint-Éloi. (Harbaville Mém. h.)

Cette terre était une ancienne baronnie, et son possesseur un puissant seigneur.

« En Artois les barons tenaient un rang considérable et l’on pouvait citer au nombre des plus éminents le baron de Noyelles-Wion. (Tailliar p. 186.)

Jehan de Noyelles accompagnait Robert comte d’Artois à la Croisade. (A. Brémond p. 12.)

Le sire de Noyelles-Wion figure comme pair aux plaids du comte d’Artois en 1285 et 1286 (Harbaville. Godefroy).

Baudouin de Noyelles deuxième du nom, seigneur de Gouy, d’Estrayelles et de Tillolley, conseiller et chambellan du duc de Bourgogne, gouverneur, bailly et maître des eaux et forêts de Péronne, Montdidier et Roye portait le surnom de blanc cheva­lier. Il était au siège d’Arras en 1414 avec soixante-neuf payes ou soldats soudoyés (A. Brémond, Hennebert, Monstrelet.)

Jean son fils fut fait prisonnier à la bataille d’Azincourt en même temps que lui (Hennebert) on les retrouve combattant à Mons en Vimeu en 1421 (Harbaville.)

Baudouin III, fils de Jean autrement dit Baudot de Noyelles fut aussi un des vaillants capitaines de son temps II fut conseiller et chambellan de Philippe-le-Bon duc de Bourgogne gouverneur de Péronne Montdidier et Roye. Il fut créé chevalier en 1429 et chevalier de la Toison d’Or en 1433 par Philippe-le-Bon, (A. Bremond, p. 179 , il mourut vers 1463.

Charles son fils eut deux deux filles. L’une Hélène de Noyelles épousa Gilles Creton dit Raimbaud seigneur d’Estourmel. Leurs filles furent chanoinesses du noble Chapitre de Nivelles. Deux fils d’Hélène continuèrent la descendance.

Noyelles était en 1501 à Artus de Bellin, (Harbaville) puis la terre passa dans la famille de Mortemart Rochechouart et peu après dans la famille de France.

Jérôme de France qui en fut l’acquéreur substitua cette seigneurie par testament de l576 en faveur de son petit-fils Gaspard Jérôme de France baron de Boucault. Celui-ci épousa Marguerite d’Assonleville. Ils substituèrent leurs biens jusqu’à la troisième génération par leur testament du 18 août 1650. Ils laissèrent plus de deux cent mille écus de meubles et d’acquêts que leurs enfants ont hérités sous certaines charges.

Renom de France leur fils aîné, président du conseil d’Artois, à qui la terre de Sars était échue, l’échangea contre celle de Noyelle-Vion qui avait été assignée à son frère puîné Jérôme

Antoine.

Guillaume Alexandre de France devenu marquis de Noyelle par lettres patentes du roi Louis XIV, seigneur d’Hauteville, baron de Vaux fut en 1709 député en cour par la noblesse des états d’Artois. Il mourut à Arras le 9 juin 1736 et fut inhumé à Vaux près Bapaume. Son fils aîné lui succéda. Il était dès 1708 page à la.grande écurie du roi. En 1743, il maria son fils aîné qui portait le nom de comte d’Hezecques, du chef de sa mère, à Marie Louise Françoise de Mailly. Sa femme la marquise de

Noyelles fut inhumée à Noyelle-Vion.

La famille de France conserva sa seigneurie de Noyelle jusqu’à la Révolution. L’un de ses membres Charles de France, chanoine d’Arras connu sous le nom de l’abbé de Vincly périt sur l’échafaud révolutionnaire.

Noyelle a donné aux armées de Napoléon Ier deux braves officiers MM. Blasart et Roussel, et à l’Église deux dignitaires MM. Lemaire dont l’un fut chanoine d’Arras et l’autre prieur des Carmes de Lucheux.

Noyelle eut sa coutume particulière en 1507.

Archéologie

Noyelle possédait un château-fort dont l’origine se perd dans les temps anciens. Il fut détruit en 1522 par le duc de Vendôme, le grand destructeur des forteresses de la contrée (Harbavilie). Sa motte et ses fossés se voient encore ainsi que quelques travaux d’art souterrains.

Son église remontait à une époque reculée. On la citait en 1601 comme une des plus anciennes du pays. Elle avait trois nefs, était basse et obscure et d’une architecture romane. Le clocher situé entre le chœur et la nef du milieu était porté par quatre piliers massifs. En 1668 la foudre tomba sur cette tour et lui causa de fortes avaries. On s’efforça de restaurer l’édifice, car ce ne fut qu’en 1739 que, par les soins de M. Magnier curé du lieu, elle fut relevée de fond en comble.

L’église avait deux cloches dont l’une était le don pieux du seigneur, président du Conseil d’Artois. Son portrait ornait la verrière absidale. Il était vêtu d’une robe noire, le col entouré d’une fraise et la tête couverte d’une calotte noire. A côté était sa femme aussi à genoux avec la fraise et une coiffure blanche semblable à celle des dames de l’abbaye d’Avesnes, c’est-à-dire le linge empesé surmonté du voile de satin noir. (Le P. Ignace, mss.)

« Il y avait anciennement à Noyelles un Chapitre c’est-à-dire un collège de clercs appelés depuis chanoines. C’étaient des « ecclésiastiques qui desservaient la chapelle du château selon « l’usage observé pour les seigneurs des principales terres. » On transporta ensuite le service divin de ces clercs en l’église paroissiale. (Le P. Ignace, ibid.)

Puis le titulaire de la cure fut un chanoine d’Arras Mais lorsque les conciles ordonnèrent aux chanoines de renoncer aux cures dont ils étaient investis, le Chapitre y nomma un autre prêtre à qui on abandonna la moitié de la prébende de la Chapelle Sainte Antoine.

Cette chapelle s’élevait à l’extrémité du village sur le chemin de Lattre. Sa prébende qui était le gros d’un canonicat d’Arras devint pour moitié la possession du curé de Noyelles, l’autre moitié fut affectée à la cure d’Hauteville. Un pèlerinage y était établi d’ancienne date et les nombreux marchands qui se réunissaient sur la place de la chapelle donnaient au pèlerinage l’animation d’une belle fête. La tourmente de 93 fit disparaître l’antique chapelle.

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