Raye

On pense généralement que saint Josse séjourna quelque temps à Raye, qui serait le Brahic des anciennes chroniques.

Description

1150. Rai, 1252. Ray, 1301. Rayum, 1581. Rayez, 1656. Ray.

On pense généralement que saint Josse séjourna quelque temps à Raye, qui serait le Brahic des anciennes chroniques.

Saint Liéphard, évêque anglais, ayant accompagné à Rome le fils de Gadruel, roi de Bretagne, fut massacré à son retour par les ordres de Dagobert, l’ennemi juré de ce prince.

Les Bollandistes racontent qu’il subit le martyre dans la forêt d’Arrouaise, près de Bapaume. Son corps fut transféré à l’abbaye d’Honnecourt, au diocèse de Cambrai, et de nombreux miracles rendirent bientôt son tombeau très célèbre.

Lorsque l’abbaye d’Honnecourt eut établi le prieuré de Raye, un des religieux chargé de l’administrer y apporta une relique insigne de saint Liéphard, qui devint le patron de la paroisse.

Si maintenant nous interrogeons la tradition du -pays, elle nous apprendra que Liéphard, étant venu dans nos contrées pour les évangéliser, se fixa au milieu de la forêt de Labroye. Une hutte couverte de feuillages lui servait à la fois d’oratoire et d’abri contre l’intempérie des saisons. Il allait fréquemment se désaltérer à une fontaine et suivait pour s’y rendre le sentier qui porte son nom. Cette fontaine, jadis environnée de murailles et ornée de l’image du saint évêque, était l’objet d’un pèlerinage fameux.

Les populations des villages voisins s’y rendaient le 3 juin et le dimanche suivant. On invoquait saint Liéphard pour obtenir d’être guéri de la fièvre qui sévit presque toujours dans cette contrée marécageuse, et on se lavait le front avec l’eau de la source afin d’être préservé des maux de tête. Toujours d’après la tradition, saint Liéphard aurait subi le dernier supplice dans les bois environnants : lorsque plus tard on retrouva son corps, les habitants de Labroye voulurent le transporter dans leur église sur un char attelé de huit chevaux sans pouvoir y réussir, tandis qu’un seul cheval le conduisit facilement à Raye.

Les Bollandistes fixent la fête de saint Liéphard au 4 février.

Néanmoins à Raye, elle se célèbre le 3 juin. A ce même jour les Bollandistes mentionnent un saint Liéphard, abbé de Meung- sur-Loir, près d’Orléans.

La solennité du 3 juin était l’occasion de grandes démonstrations. On raconte que deux voyageurs, qui traversaient un jour la vallée, ayant entendu les cloches de Raye et les cris de joie des pèlerins, se permirent des plaisanteries grossières au sujet de saint Liéphard. Aussitôt, la terre s’entr’ouvrant sous leurs pas, ils disparurent pour jamais, et une source abondante jaillit sur le champ à cet endroit. Telle est l’origine légendaire de là fontaine miraculeuse dont les eaux se perdent maintenant dans le canal de dessèchement. Il n’y a pas longtemps, on conduisait encore les enfants près de cette fontaine, la veille de la fête, afin qu’ils pussent entendre les gémissements plaintifs des blasphémateurs.

L’église de Raye jouissait de 1200 livres de revenu en 1730. Le mobilier était remarquable : les agents du district de Montreuil y trouvèrent en 1793, 16 marcs, 4 onces et 4 gros d’argenterie.

Raye appartenait par moitié à la Picardie et à l’Artois. Une portion du territoire relevait du bailliage d’Hesdin et l’autre de l’élection de Doullens.

Hameau

Le Fondeval, situé au fond d’un ravin.

Archéologie

La nef de l’église, voûtée en berceau plat avec charpente apparente, date du XVè siècle. En 1762, M. Godelin, religieux d’Honnecourt et avant dernier prieur de Raye, fit élever la tour du clocher qui subsiste encore. La grande arcade qui se voit entre deux des contreforts du côté Nord paraît avoir appartenu à une construction du XIIIè siècle.

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