Sombrin

Dès 1050 existe la famille seigneuriale de ce village.

Description

Histoire

Dès 1050 existe la famille seigneuriale de ce village. L’an 1135, l’évêque Alvise accordait la cure de Sombrin à l’abbaye de Maroeuil. Cette concession était ratifiée, en 1152, par le pape Etienne III et confirmée par Alexandre III, en 1183. (Le Carpentier, p. 654. Harbaville, Mém. hist.)

Les abbés de Maroeuil et de Saint-Éloi conclurent, en 1173 un accord concernant les droits de ferrage et de dîme que possédaient conjointement ces deux monastères à Sombrin et à Soncamps. (Parenty, Hist de sainte Bertille, p. 42).

L’an 1180, Lanwin, seigneur de Warluzel, abandonna aux religieux- de Maroeuil les dîmes qu’il possédait à Sombrin.

Roger, seigneur de ce lieu, signa la donation.

Ce dernier donne, en 1190, à l’abbaye de Saint-Éloi, les alleux qu’il possède sur son territoire.

Roger de Sombrin, un des descendants de celui qui précède, parût comme pair aux plaids du comte d’Artois, en 1286.

La maison de Warluzel posséda la terre de Sombrin. Elle était, en 1550, aux mains de Lambert de Warluzel, seigneur de Sombrin, Bretencourt, etc., gouverneur et bailli des villes de Lens et d’Oisy, capitaine de la citadelle de Cambrai. Sa femme fut inhumée dans l’église de Sombrin. Une belle pierre tombale placée au milieu du chœur, portant à sa partie supérieure un ange aux ailes déployées et soutenant un écusson dans une couronne de lauriers, contient son épitaphe :

CHI GIST

NOBLE DAME MARIE DE CHABLES

DAME DE. RAZINCOURT, GABRAIELLE, BEAULIEUZ, ETC.

EN SON VIVANT FEMME ET ESPEUSE DE

NOBLE ET PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE LAMBERT

SEIGr DE WARLUZEL, SOMBRIN, BRETENCOURT

…CHES, GOUVERNEUR ET BAILLY DES VILLES

DE LENS ET D’OISY, CAPITAINE DE LA CITADELLE

DE CAMBRAY LAQUELLE TRESPASSA LE VII

D’AOUST L’AN 1561. PRIES DIEU POUR SON AME.

L’épitaphe plus modeste d’une jeune fermière, sans doute, est inscrite sur une autre pierre au milieu de l’église :

CHY GIST

MARGUERITE MONVOISIN FILLE DE IAN MONVOISIN

ET DE DAME CATHERINE DE CROISILLE LAQUELLE

DÉCÉDA LE IV MAY 1608 ÂGÉE DE XIX ANS

PRIEZ DIEU POUR SON AME.

Les ayeux de Lambert de Warluzel faisaient à Sombrin leur résidence lorsqu’ils n’étaient point à la cour du prince ou à l’armée. Lambert vendit Sombrin à Marguerite Bouquel, épouse d’Adrien du Carieul, seigneur d’Ecoivres, chevalier du Conseil d’Artois. Son neveu, Bouquel, chanoine d’Arras, en devint l’héritier et le transmit à son frère Paul qui en fit sa résidence. La famille Bouquel le posséda jusqu’à la Révolution.

Sombrin eut sa coutume rédigée en 1507.

En 1710, l’armée du maréchal de Villars campait sur le territoire de ce village et resta longtemps dans ses retranchements.

Un cuirassier Prussien blessé à Gouy, dans la guerre de 1870-1871 vint mourir à Sombrin dans la ferme de M. Fardel. Son corps est inhumé dans le cimetière.

Archéologie

Sombrin parait remonter aux temps de l’occupation romaine comme Soncamps. Il possédait une forteresse construite sur une motte fort élevée, entourée de murs et d’un fossé circulaire très profond. Elle avait trois portes avec ponts-levis, quelques tours flanquaient le château.

Sa construction ou plutôt sa reconstruction, remonte à 1576.

Bâti de grès et de briques, le château formait une enceinte au haut de la motte. La cour était ovale : au Sud se trouvait la partie habitée et sur les côtés, des écuries très-bien voûtées.

D’autres bâtiments complétaient la forteresse avec une chapelle où se faisait le service divin. Elle fut détruite dans la guerre de 1635 et restaurée fort imparfaitement. Néanmoins le château abrita encore ses seigneurs et fut vendu à la Révolution. Un nouvel acquéreur le démolit il y a peu d’années à l’exception d’une belle tour qui est encore debout.

Deux églises existaient à Sombrin de temps immémorial, l’une près du château,dédiée à Notre-Dame, l’autre sur l’emplacement de l’église actuelle et sous l’invocation de saint Vaast, possédait un joli clocher en pierres qui a disparu au siècle dernier. Son chœur qui est du XVIè siècle a été conservé.

Quant à l’église Notre-Dame, elle fut démolie par ordre de l’abbé de Maroeuil sous prétexte que le monastère ne pouvait pourvoir à son entretien et à ses réparations. Cette démolition était consentie par le seigneur.au grand détriment des besoins spirituels de sa maison.

SONCAMPS

A un kilomètre au sud de Sombrin, au centre d’un petit bouquet de bois verdoyants se trouve la belle et vaste ferme de Soncamps. Elle a une origine fort ancienne et sa superficie dénote l’emplacement d’un camp romain. Les terres au-delà sont parsemées de débris de tuiles à rebords de cette époque. On en a aussi retrouvé dans son enceinte.

Une partie de ce domaine était la propriété de sainte Bertille qui le donna au VIIè siècle à l’abbaye de Maroeuil et y fit ériger une maison et une chapelle.

Le seigneur de Sombrin, Bauduin Kalderon s’en empara en 1132. Mais l’abbé de Maroeuil qui n’avait que la force morale à opposer à son envahisseur, porta ses plaintes à Alvise, évêque d’Arras. Menacé des foudres de l’église, Kalderon n’osa détenir Soncamps et le restitua à Bauduin de Bailleul.

Soncamps devint de suite un prieuré. On y envoya des religieux et peu après des sœurs converses. Ces dernières étaient habituellement tenues de soigner les bestiaux, de filer le lin ou la laine et de se livrer aux travaux manuels. Séparées des religieux, elles avaient leur quartier et d’après les statuts reposant au trésor des chartes de Maroeuil, une lampe devait toujours brûler la nuit dans l’un et l’autre dortoir. Raoul de Neuville en réduisit le nombre, en 1208, et Jacques de Dinant les supprima totalement en 1255.

Bauduin, seigneur de Pas, leur avait donné, en 1204, pour l’usage de l’infirmerie, une rente d’un demi-boisseau de froment avec charge de prières.

Le prieuré fut supprimé-et l’abbé y mit’ un fermier en 1287.

Plus tard Soncamps fut vendu nationalement.

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