Sorrus

Le chroniqueur Hariulfe raconte que saint Riquier, revenant d’Angleterre avec une troupe de captifs qu’il avait rachetés, demanda l’hospitalité à Sigetrude ou Sorrusse, épouse du comte de Boulogne qui habitait non loin de Quentowic. Celle-ci ne voulut point recevoir les voyageurs, qui durent passer la nuit dans un fossé.

Description

Le chroniqueur Hariulfe raconte que saint Riquier, revenant d’Angleterre avec une troupe de captifs qu’il avait rachetés, demanda l’hospitalité à Sigetrude ou Sorrusse, épouse du comte de Boulogne qui habitait non loin de Quentowic. Celle-ci ne voulut point recevoir les voyageurs, qui durent passer la nuit dans un fossé.

C’était en hiver, mais la neige qui tombait abondamment respecta le campement improvisé. Sorrusse,avertie du prodige, se repentit amèrement de sa cruauté et elle s’empressa de donner à l’homme de Dieu le domaine qui conserva son nom. Comme l’eau y faisait défaut, le saint planta son bâton en terre, et sur le champ jaillit la fontaine qui existe encore près de l’église.

Saint Riquier séjourna plusieurs fois à Sorrus. On raconte que le chêne sous lequel il aimait à se reposer fut conservé pendant des siècles ; lorsqu’un seigneur cupide eut ordonné de l’abattre, l’image du célèbre abbé de Centule s’y trouva incrustée.

M. l’abbé Hénocque reproduit ces légendes dans son histoire de l’abbaye de saint Riquier. Il est certain que Sorrus appartenait à ce monastère à l’époque du dénombrement ordonné par Louis le Débonnaire en 815. Saint Riquier est le patron de la paroisse; mais il est probable que l’abbaye fut dépouillée du domaine de Sorrus par le roi Hugues Capet.

Au XIIè siècle, les moines de Saint-Josse exerçaient les droits curiaux à Sorrus, et ils partageaient la dîme avec ceux de Saint-Sauve et de Longvilliers. (G. de Saint- Josse-sur-Mer, p. 97 et Darsy, loc. cit., t. Il, p. 200.)

Sorrus, étant banlieue de Montreuil, n’avait pas de seigneurs particuliers ; le mayeur et les échevins de la ville jouissaient des prérogatives féodales et notamment du droit de chasse ; aussi voyons-nous au XVIIè siècle l’échevinage soutenir un long procès contre le nommé Guérard qui prétendait être seigneur de Sorrus. Dans la suite les droits de l’échevinage tombèrent en désuétude et passèrent aux Framery, puis aux le Noir.

L’Hôtel-Dieu de Montreuil possédait un petit fief à Sorrus ; le cantuaire, qui lui appartenait également, avait été donné par le sire de Humbercourt, afin que le revenu fût employé à la célébration de deux messes par semaine dans la chapelle de l’hôpital.(Cueilloir Hôtel-Dieu, f° 64.)

L’abbaye de Saint-Josse avait fondé une maladrerie à l’extrémité de son domaine, vers Montreuil. Les titres du XIIIè siècle la mentionnent en ces termes : Domus leprosorum de Bingueseule en 1240; Domus leprosorum de Bugniselva en 1248. Aujourd’hui le souvenir de la maladrerie de Bugneseule a complètement disparu et on a peine à le retrouver dans le Brin-de-chêne indiqué sur la carte de l’arrondissement publiée en 1854 ou dans le Bain-de-selve, endroit situé près du bois de l’Atre. La désignation de ce bois indique que c’était le cimetière de la maladrerie, en effet atrium signifie cimetière ; les sépultures que l’on y a trouvées récemment confirment cette opinion.

Le château des Bruyères habité par M Delhomel, maire de Montreuil et membre du Conseil général, a été restauré en 1854.

La principale industrie du pays est la fabrication des pannes et des poteries. Les garennes ou wattines de Sorrus fournissent une terre glaise qui est très-propice à cet usage.

Lieu-dit en 1311

Le Bois de l’Atre. Béraut fontaine. La maladrerie de Bugneseule. Le Camp-le-Comte. Le Camp de la Pierre. Le camp Qannet. Collemont. Le Halloy. La Flaque le Mayeur. Les Fossettes. Lannoy. La voie Kaïeuse. La voie de Fausseval. (Aveu Maintenay.) On remarque dans l’église un bas-relief fort ancien, qui a été décrit dans le premier volume du bulletin de la Commission des Antiquités du Pas-de-Calais.

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