Sus-Saint-Léger

Qui ne connaît les émouvants détails de la vie et du Martyre de saint Léger, évêque d’Autun ?

Description

Qui ne connaît les émouvants détails de la vie et du Martyre de saint Léger, évêque d’Autun ? Le fameux Ebroïn, maire du palais, après dix ans de guerre, de massacres et de pillage, profite de son pouvoir pour sacrifier à sa haine et à sa jalousie le saint prélat. Il l’envoie sur les confins de l’Artoiset le fait décapiter à l’extrémité de la forêt de Sarcin.

L’épouse du comte Chrodobert, qui n’avait pu sauver la vie de saint Léger, recueillit ses restes sanglants et les fit inhumer au lieu même ou le martyre fut accompli. Par ses soins une chapelle recouvrit bientôt son modeste tombeau. Deux ans après, Ansoald, évêque de Poitiers fut autorisé, par un synode, à transporter le corps dans un monastère de son diocèse. Mais l’Artois qui en avait eu le dépôt, l’Artois qui avait été témoin de prodiges qui révélaient sa sainteté, plaça plusieurs de ses églises sous l’invocation du saint martyr.

« Nec mora, miraculorum ejus fama circumquaque diffusa ad palatium régis usquè celebriter intonuit. » (Baldéric, lib. I, cap. 21).

La bourgade située sur le plateau qui domine cette chapelle, et qui s’appelait Sarcinium prit alors le nom de Sus-Saint-Léger, (Harbaville, Mém. hist.)

Ce village est mentionné dans la lettre de saint Vindicien au pape Jean V, en l’année 690. Il fut, en 1200, une des trente prairies du comté de Saint-Pol. (Tailliar).

En 1237, le sire Bauduin fut témoin de la charte relative au service dû par les pairs, au comte de Saint-Pol. (Harbaville, Turpin, Ducange).

Le château qui était fortifié s’élevait près de l’église. On y voit encore la motte et des fossés. Des boulets y ont été trouvés. On croit qu’il a été détruit dans les guerres de François Ier, en 1522, peut-être dans les guerres de 1635. La tradition affirme que dans la campagne de 1710, le maréchal de Villars eut son quartier général dans la maison curiale, au pied de ce fort et qu’il fit déguster par ses médecins les eaux de tous les puits de l’endroit. Le puits du presbytère fut déclaré le meilleur et c’est

sans doute la raison qui décida l’installation du maréchal.

La famille de Longueval a possédé anciennement ce village.

Le seigneur de Sus-Saint-Léger doit par chacun an en la recepte d’Avesnes-le-Comte pour la recongnoisance de l’octroi du vent du moulin du dist lieu à usaige de moudre bled, accordé le 14 d’aougts 1572, à messire Philippe de Longueval, chevalier de l’ordre du Roy de France. (Terrier, de 1613 d’Avesnes, n° 1459).

En 1670, la seigneurie de Sus-Saint-Léger appartenait à Guillebert de Gand, marquis de Hem, baron de Sailly, seigneur de Sus-Saint-Léger, etc. Jérôme du Chatel qui avait sur ce personnage une lettre de rente considérable en devint possesseur. La terre passa par le mariage d’une fille dans la maison d’Assignies-Werquin au commencement du XVIIIè siècle et fut vendue peu après à Denis-Joseph-François Mayoul, greffier en chef du conseil provincial d’Artois dans la famille duquel elle resta jusqu’en 1837.

Son fils aîné lui succéda comme greffier et fût le père de ces nobles et infortunées jeunes filles qu’une injuste et absurde accusation fit monter sur l’échafaud révolutionnaire d’Arras, en 1794.

Le dernier des Mayoul, leur frère, fut maire de la ville d’Arras sous la Restauration et vint habiter son château de Sus-Saint-Léger jusqu’à ses dernières années. M. Deruelle, notaire et plus tard membre du conseil général du Pas-de-Calais en fut l’acquéreur.

Sus-Saint-Léger avait sa coutume locale rédigée en 1507.

Archéologie

On a trouvé à Sus-Saint-Léger à quelque distance du village vers Granu-Rullecourt des sépultures paraissant appartenir à l’époque gallo-romaine. Le sol humide et argileux de ce cimetière à détruit la forme des armes nombreuses qui ont été mises au jour et qui paraissent être des scramsax, des haches et des épées.

L’église date du XVIè siècle et ne présente rien de bien remarquable. Autrefois le chœur était aux dames d’Étrun qui étaient chargées de son entretien. Elle possède une belle statue en bois de saint Léger, qu’elle doit à la pieuse générosité du propriétaire de l’ancienne chapelle (la chapelle du martyre) que ce vieillard, nommé Bouthors, avait cachée et conservée à l’époque de la Révolution et qu’il remit, avant de mourir, aux mains de son vénérable pasteur, M. Ducrocq.

Ce dernier, qui administra plus d’un demi-siècle la paroisse de Sus-Saint-Léger, et y laissa des regrets profonds, s’adonna toute la vie à la culture de la poésie. Il ne livra à l’impression que deux opuscules : la Bataille d’Isly et le Chemin royal de la Croix.

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