Wavans

Ce village, dont l’origine remonte à la plus haute antiquité et qui compte à peine aujourd’hui 400 habitants, avait beaucoup plus d’importance au XIIè siècle, car il est du petit nombre des bourgades qui ont obtenu une charte de commune.

Description

Ce village, dont l’origine remonte à la plus haute antiquité et qui compte à peine aujourd’hui 400 habitants, avait beaucoup plus d’importance au XIIè siècle, car il est du petit nombre des bourgades qui ont obtenu une charte de commune. Elle lui fut accordée par Baudoin le Walois, sire de Wavans, Béatrix sa femme, et Eustache, leur fils, le 19 des kalendes de juin l’an 1205, publiée à Abbeville en présence et dans la cour de Willaume, comté deMontreuil et de Ponthieu (Godefroy, Inv. chron. t. 1.). Cette charte, dite selon les us et coutumes d’Abbeville, fut octroyée moyennant une augmentation de 12 deniers de cens annuel, dû par chaque commune après le règlement des formes

d’élection des échevins, etc ; elle stipule quelques dispositions remarquables.

« Les bourgeois pourront fortifier leur ville et le seigneur pourra fortifier sa maison.

Les bourgeois garderont les clefs des anciennes portes de la ville (ce texte prouve clairement que Wavans avait déjà une enceinte et des portes, par lesquelles le seigneur sera tenu de sortir, sans pouvoir faire de fausse poterne à son chastel. »

Il est dit de plus, que quiconque parlera mal de la commune de Wavans , sera passible de certaines peines déterminées selon la position du délinquant, bourgeois ou forain.

Le comte Robert d’Artois acquit en 1245 tous les droits.que le comte de Ponthieu avait sur Wavans.

Voici les notes que donne Dom Grenier sur ce village.

Wavans au XIIIè siècle : Coram Majore et Scabinis de Wavans, dans une charte du cartulaire de Valoires de l’an 1246, mois de juin, folio 50 verso.

« A Wavans (Saint Vast) du doyenné d’Auxi-le-Chàteau, chapelle sous le même vocable.

Sur un autre feuillet :

« Wavans ou Beauvoir-Rivière, les trois quarts en Ponthieu, bailliage de Crécy, soixante maisons, cinq cent dix journaux de terre. » (32 liasse du 24 e paquet du Bénédictin, ancienne classification.)

Alelmus de Wavans est témoin de la reconnaissance faite par les enfants de Adam Hiéreth, des donations que leur père avait consenties, à son lit de mort, en faveur de l’abbaye de Saint-Josse-au-Bois.

Le trésor des chartes d’Artois renferme une autorisation donnée par Gui de Châtillon, comte de Saint-Pol, et Mahaut sa femme, à Enguerran Lartisien, deVilliers-1’Hopital, à Enguerran Romain, etc., de jouir paisiblement de diverses mencaudées de terre sise au camp Wallon, à. Wavans , etc., dont ils ont fait le rachat parce qu’elles sont issues de fief. (Avril 1281, série A, 27). Autorisation donnée par Gui de Châtillon, comte de Saint-Pol et par la comtesse Mahaut, sa femme, à Willaume li Mangniers, de jouir paisiblement de 24 journaux de terre à Wavans, qu’il a rachetées. (Septembre 1281).

La terre et seigneurie de Wavans, tenue du roi, comte de Phonthieu, par le sieur de Mondiaux Dencamp, consistait en une maison seigneuriale (déclarée Ponthieu dans l’aveu de 1350) et, dans le dernier aveu, déclaré mal à propos bailliage, six journaux d’enclos, quatre journaux de pré, cent seize journaux de terres labourables, champart et deux cent cinquante livres de censives.

Il y avait un moulin à blé et un à l’huile.

Seigneurs :

1205, Baudoin le Wallon. Il accorda une charte de commune aux habitants de Wavans, en 1205. Cette charte prouve qu’en 1205, Wavans était entouré de murs et qu’il y avait une forteresse.

1380, Guillaume de Bauvoir, chevalier.

1474, Ferry de Saveuses, chevalier.

1577, Anne de Tierselin, chevalier.

1706-1708, Marguerite-Françoise de Monchaux, veuve d’Henri de Prud’homme d’Ailly, chevalier. 1708-1748, Charles de Prud’homme d’Ailly, chevalier. Il lègue Wavans à sa cousine.

1748-1750, Marie-Barbe de Génevières de Samette, laquelle laisse à son neveu.

1775-1777 : Albertine-Alexandrine de Génevières de Samette, femme de Ange-GuislainAlexandreJoseph de Beaulaincourt, vicomte de Maries. (René de Belleval, Les fiefs et les seig., etc., p. 340). Les fiefs de avans cités dans le manuscrit de M. de Lamotte, sont :

« Le fief Le Vasseur, y séant, consistant en champart et cen­ sives de la valeur de quatre-vingt livres ;

Les fiefs de Gouy et Beauchamp, y séant, en champart et censives de cinquante-deux livres ;

Le fief de Manchicourt, sis à Auxi, par M. le comte de Lannoy, consistant en rentages et censives, sur plus de trois cent cinquante journaux de terre, la plupart en Artois ;

Le fief de Val Hubert, sis à Wavans, à Pierre Belharhe, consistant en quatorze journaux de terres labourables. La cure de Wavans était à la collation du chapitre de Saint-Vulfran, d’Abbeville.

Les coustumes locales, usaiges et communes observances de la terre et seigneurie de Wavans, furent rédigées par escript, lues, publiées et accordées le premier jour d’aoust mil cinq cens et noeuf, à la conjure de Jehan Nourquier, bailly de la dite terre. (A. Bouthors, Coutumes locales du bailliage d’Amiens, p. 160).

Le 16 décembre 1638, la compagnie de chevaux-legers du capitaine Desprets qui était en garnison à Bapaume, et celle du capitaine Antonio qui était à Aire, s’assemblèrent à Hesdin, d’où ils firent une course en Picardie, vers Doullens. Saint-Preuil, maréchal de camp des armées du roi, qui était gouverneur, les rencontra à Fienvillers, village à deux lieues de cette ville. Le 17, il les attaqua et les poursuivit jusqu’au village de Wavans près de la rivière d’Authie. Desprez étant rentré dans l’Artois, tint tête à l’infanterie de Saint-Preuil.

Les Espagnols blessèrent Duchesnes, lieutenant de la compagnie de ce gouverneur et ils se retirèrent en bon ordre à Hesdin après quelques pertes de part, et d’autre. C’est la deuxième expédition militaire faite cette année en ce pays. (P Ignace, Mém. t. VIII, pag. 862)

L’église de Wavans est placée sous le vocable de Saint-Vaast. Après avoir subi de nombreuses détériorations pendant la.tourmente révolutionnaire, elle fut restaurée après le rétablissement du culte. On remarque dans le cimetière un monument funèbre ayant appartenu jadis à la famille de Saint-Martin de Hames.

Le hameau de BEAUVOIR-RIVIÈRE était une paroisse au commencement du XIIè siècle. C’est dans son église que fut commis, fin 1436, le meurtre qui donna lieu à la fondation de l’abbaye de

Cercamp. Du temps de Ferry de Locre, on voyait le crime encore historié sur une vitre de cette église. (Puits artésien).

Wavans et Beauvoir ont longtemps formé deux seigneuries distinctes. Leurs coutumes particulières furent rédigées en 1507.

Beauvoir est la partie de Jean Despretz, évêque de Langres, puis de Tournai, historien biographe, né en 1310, mort en 1347 ; et de Jacques Duclerq, auteur de mémoires estimés, né en 1420, mort en 1469. Cette terre appartenait, en 1789, à M. de Baulaincourt, comte de Maries. (Harbaville).

Voici l’analyse des titres de fondation d’une chapelle qui y fut édifiée sous le titre de Notre-Dame de la Consolation. Le 22 décembre 1719, Claude Lefrançois, bailli d’Auxi-le-Château, présenta requête à l’évêque, à l’effet de faire visiter et bénir la chapelle qu’il venait de faire édifier dans le hameau de Beauvoir. Le 10 août 1720, l’évêque ordonna sa bénédiction, qui fut faite le 3 septembre suivant. Le 24 mars 1721, ledit Claude Lefrançois, sieur du Maisnil, et sa soeur, Marguerite Lefrançois, donnèrent les manoirs, terre et fief des Castelers, situés à Beauvoir, avec plusieurs terres au même lieu et deux près à Wavans-en-Ponthieu, au total de 75 mesures, pour l’acquit des messes qui se diraient dans la dite chapelle, dont la nomination serait à l’Évêque. Le 3 mai 1737, Charles dePrud’homme d’Ailly, seigneur de Hannecamp, patron de Wavans, Beauvoir-Rivière et autres lieux, fit don du surplus du pré ou la chapelle était érigée, afin d’y bâtir une maison pour le chapelain. Le 27 juillet suivant, le seigneur donna son consentement à la construction de la chapelle, de 22 pieds de long sur 13 de large, dans la pointe nommée le Boquet. Le 31 du même mois, Claude Lefrançois y consentit, à la condition que cette chapelle serait toujours amovible, qu’elle ne pourrait être érigée en cure, qu’elle resterait à la nomination de l’Évêque, et que le desservant demeurerait toujours dans la maison que lui, fondateur, avait fait construire auprès de la chapelle. Le 14 août, requête était présentée à l’Évêque pour obtenir l’érection de cette chapelle sous ladite invocation de Notre-Dame de la Consolation. Par une délibération du 29 novembre 1737, le chapitre de Saint-Vulfran agréa l’érection de la chapelle, mais sous la réserve de son patronage.

Cette érection eut lieu le 28 décembre suivant. (Invent, de l’évê- ché, f°130 et 131. Decagny, Etat général de l’ancien diocèse d’Amiens).

La dîme était due à 7 du cent. Le chapitre d’Abbeville prenait 2 gerbes de 9, le prieur de Pont-Remy 4, et le curé 3 autres. (Pouillé de l’archid., f° 62. Darsy, Bénéf. du dioc. d’Amiens).

La ferme de DRUCAT existait au XIVè siècle; il en est fait mention dans le pouillé de l’archidiaconé de 1301. La terre et seigneurie du lieu appartenait,au XVIIIè siècle,à la famille de Saint-Martin, dont plusieurs membres habitèrent le château de Drucat, aujourd’hui restauré.

L’écart, nommé les Catelers, est situé à proximité du hameau de Beauvoir et à quelques mètres du lit de l’Authie.

Le Fossé de Nœux reçoit les eaux d’un coteau nommé le Mont de Villers, et se prolonge vers la rivière qu’il rejoint à Wavans même.

Nous citerons encore comme dépendances de cette commune le Bois des Dix, la vallée de Drucat et la fontaine deMailly ou de Rosel, dont la profondeur est légendaire.

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